Musei Capitolini Tomus
« Les rares et précieux volumes portant la mention « Menus plaisirs du roy » faisaient partie de la bibliothèque du roi, placée dans le « petit appartement » que la marquise de Pompadour occupait au château de Versailles » (Olivier).
Célèbre ouvrage orné de 276 eaux-fortes.
3 volumes au format petit in-folio de 4 ff.-42 pp., 97 planches ; 3 ff.-56 pp., 88 planches et 4 ff.-196 pp., 91 planches soit 276 eaux-fortes en noir. Tomes 1 et 2 : 1748-1750. Tome 3 : 1755. Titre et titre gravé pour chaque volume.
Maroquin rouge, guirlande dorée à volutes en encadrement sur les plats, soulignée d'une roulette dorée, fleurs en écoinçons, grandes armoiries de Madame de Pompadour surmontées de la devise en lettres d’or « Menus Plaisir du Roy » au centre, pièce de titre de maroquin bistre, titre et tomaison dorés, caissons fleuronnés dorés, dos à 6 nerfs, double filet doré sur les coupes, gardes marbrées, guirlande dorée aux contreplats, tranches dorées et marbrées. Reliure décorées et armoriées de l’époque.
405 x 270 mm.
Bottari, Giovanni Gaetano (1689-1775). Musei Capitolini tomus [...] cum animadversionibus italice primum nunc latine editis.
Rome, Antonio de Rubeis, 1750-1755.
Célèbre ouvrage illustré par Giovanni Domenico Campiglia (1692-1768), graveur et peintre romain dont le quatrième volume parut après la mort de Madame de Pompadour.
Ouvrage particulièrement rare.
Le 4ème tome manque souvent mais, ici, Mme de Pompadour étant déjà morte en 1764 (date de parution du 4ème) elle ne pouvait posséder le dernier volume. Il est presque impossible de trouver sur le marché l'intégralité des trois volumes de cet ouvrage célèbre. À grandes marges, dans son maroquin strictement de l'époque. Bandeaux gravés, très belles lettrines avec vues de Rome et grande vignette au titre, notamment par Vasi. En 1743, le premier musée public ouvre ses portes à Rome : le Museo Capitolino. Pour célébrer son fondateur, le pape Clément XII Corsini, la publication de toutes les sculptures de la collection fut envisagée. In fine, quatre volumes, contenant quelque 350 planches, furent publiés, d'abord en italien, puis en latin. Giovanni Gaetano Bottari, bibliothécaire des Corsini, fut chargé de la rédaction du texte, dont le manuscrit du dernier volume devait être achevé par le chanoine Niccolò Foggini, neveu du successeur de Bottari, Pier Francesco Foggini.
Les sculptures sont classées par genre. Aux bustes d'hommes célèbres (1) succèdent les portraits d'empereurs (2). Le troisième volume contient les statues de grand format. Une seule statue est présentée sous deux vues différentes, celle du Gaulois mourant (t. 3, pl. 67 et 68).
Toutes les reproductions ont été réalisées par Giovanni Domenico Campiglia (1692-1775), qui avait auparavant travaillé pour le Museum Florentinum. Les dessins présentent les pièces sur un fond neutre et on y trouve souvent des vues sous des angles particuliers, ce qui s'expliquerait par l'exposition des salles en hauteur du musée. Campiglia aurait travaillé aussi à la lumière de torches, éclairant souvent les corps et les visages en contre-plongée, soulignant la musculature et les ombres des sculptures. La précision du rendu des proportions suggère qu'il aurait pu utiliser une chambre noire.
De nombreux graveurs travaillèrent pour l'impression des dessins, la plupart florentins ou romains : Pazzi, Carlo Gregori, Billy, Girolamo De Rossi, Mazzoni, Parocel, Marco Antonio Corsi, les Espagnols Gennaro et Gutierrez, Sintes et Silvestro Pomared.
La typographie d'Antonio De Rossi fut active entre 1695 et 1755, et cette œuvre constitue l'un des meilleurs exemples de son haut niveau de production.
Graesse, Trésor de livres rares et précieux, IV, 636 ; Brunet, III, 1963. Peu de défauts, quelques rousseurs ou oxydation homogène de quelques pages.
Le grand-duc de Toscane mit Bottari à la tête de l'imprimerie grand-ducale, et l'on en vit bientôt sortir plusieurs ouvrages, non de lui, mais dont il dirigeait avec le plus grand soin les éditions. Jusqu'alors il était toujours resté à Florence ; il alla, en 1750, s'établir à Rome ; le pape Clément XII lui donna, en 1752, un canonicat et la chaire d'histoire ecclésiastique et de controverse dans le Collège de la Sapience ; il le nomma prélat palatin la même année. Peu de temps après, Bottari alla, avec le géomètre Manfredi, visiter le Tibre, depuis Pérouse jusqu'à l'embouchure de la Nera, pour voir si l'on pouvait le rendre navigable. Ils firent la même opération sur le Teverone depuis au-dessous de Tivoli jusqu'à son embouchure. La relation delà première de ces deux visites a été imprimée, avec d'autres écrits relatifs au Tibre, sous ce titre : delle Ragioni e de' Rimedi delle inondazioni del Tevere, Rome, 1746 ; elle est signée de Manfredi ; mais Mazzuchelli affirme qu'elle est l'ouvrage de Bottari. Le pontife, satisfait de ce travail, le nomma, quelque temps après, garde ou custode de la bibliothèque Vaticane. Bottari y fit placer la collection des médailles qui fit depuis lors, selon la volonté du pontife, une des parties essentielles et l'un des principaux ornements de cette bibliothèque. Clément XII étant mort le 6 février 1740, Bottari entra au conclave avec le cardinal Corsini. Il y termina la publication d'une étude de Virgile à partir des manuscrits du Vatican, par la composition de la préface et des notes pour les variantes, ou varias lectiones, qui suffiraient seules, comme l'observe fort bien Mazzuchelli, pour faire juger de son érudition.
Le cardinal Lambertini, avec qui Bottari avait d'anciennes liaisons, ayant été élu pape sous le nom de Benoît XIV, voulut l'avoir auprès de lui. Quoique fort attaché à ce pontife, il écrivait, en 1751, à un de ses amis à Brescia « Sa Sainteté a voulu absolument m'avoir dans son palais. J'y suis et j'y serai sans avancer d'un seul pas, parce que je n'ai point assez de mérite ; parce que je ne m'en soucie pas, que je ne le désire, ni le demande, et parce que cela ne me serait utile ni pour l'âme ni pour le corps ». Après la mort de Benoît XIV, en 1758, Bottari conserva, sous Clément XIII, ses places, son crédit. Il mourut à Rome, le 5 juin 1775. Il était membre de l'académie florentine, de celles de la Crusca, des Apatisti, de l'institut de Bologne, de l'Arcadie, etc. La plupart des auteurs du XVIIIe siècle ont rendu hommage à son goût, à ses lumières, et parlé avec admiration de son savoir. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, et un plus grand nombre de bonnes éditions d'ouvrages connus, auxquelles il ajoutait des éclaircissements, des notes et des préfaces.
Précieux exemplaire relié en somptueux maroquin à dentelle aux armes de Madame de Pompadour dans la précieuse et rarissime version des « Menus Plaisirs du Roy ».
Jeanne-Antoinette Poisson, duchesse-marquise de Pompadour et de Ménars près de Blois, dame de Saint-Ouen, fille d'Antoine, premier commis dans les bureaux des frères Paris, et d'une mère libertine, née à Paris le 29 décembre 1721, avec toutes les qualités séduisantes de l'esprit et du corps, reçut une éducation soignée grâce à la protection de l'ami de sa mère, le financier Le Normand de Tournehem, qui lui fit épouser le 9 mars 1741 son neveu, Charles-Guillaume le Normand d'Etiolés, chevalier d'honneur au présidial de Blois, puis fermier général, dont elle fut la première femme et à qui elle donna une fille; froide et calculatrice, elle mit son ambition à devenir la maîtresse de Louis XV; elle eut d'abord un salon des plus brillants fréquenté par ses adorateurs, par les artistes et par les écrivains, puis elle réussit à attirer sur elle l'attention du roi et le 23 avril 1745, elle fut installée à la cour dans l'ancien appartement de Madame de Mailly; créée aussitôt marquise de Pompadour, puis nommée dame du palais de la reine le 8 février 1756, elle régna sans partage sur le roi et gouverna la France sous son nom, pendant dix-neuf ans, jusqu'à sa mort, malgré les intrigues sans cesse renouvelées et les libelles de toute sorte qui pleuvaient sur elle ; si l'on doit convenir qu'elle protégea les arts et les lettres et qu'elle fonda la manufacture de Sèvres, il faut reconnaître que sa politique et sa prodigalité furent néfastes pour la France. Madame de Pompadour, épuisée par la vie de plaisirs qu'elle avait menée, mourut à Versailles le 15 avril 1764, âgée seulement de 42 ans, laissant tous ses biens à son frère le marquis de Marigny.





