Les Saisons

Brueghel, Pieter - Bol, Hans
S .l., 1570.

Premier tirage de la suite complète des quatre Saisons, chef-d’œuvre de Brueghel l’Ancien.

Cuivres gravés par Pierre Van der Heyden. Légendes en latin. Belles marges.
- Printemps : 22,7 x 28,7 cm (infime déchirure marginale).
- Été : 22,3 x 28,4 cm.
- Automne : 22,5 x 28,5 cm (pte. tache dans la gravure).
- Hiver : 22,5 x 28,6 cm (infime déchirure marginale).

Brueghel, Pieter, dit le Vieux. Bol, Hans. Les Saisons. 
S .l., 1570.

Premier tirage de cette superbe suite complète des Quatre Saisons, publiée en 1570.
Hollstein III, p. 297, 200, 202 ; Lebeer 77 et 78.

Cette suite est composée de 4 gravures :
- « Ver »  (Printemps)  et  «  Aestas  »  (Été)  d’après  Brueghel  :  la  terre  y  est  cultivée  avec  ardeur  par hommes et femmes de la campagne jusqu’à la moisson.
- « Autumnus » (Automne) et « Hyems » (Hiver) d’après Hans Bol, car la suite ne fut pas achevée avant  le  décès  de  Brueghel  :  hommes  et  femmes  s’affairent  à  l’abatage  des  animaux  et  aux  vendanges pour ensuite s’adonner aux divertissements hivernaux.

Les Quatre Saisons sont le fruit de l’étroite collaboration entre Pieter Bruegel et Jérôme Cock, éditeur d’estampes à Anvers. Les  quatre  planches,  gravées  par  Pieter  van  der  Heyden,  n’ont  néanmoins  pas  toutes  été  conçues  par  Bruegel. En effet, le projet prit du retard et avant sa mort en 1569, Bruegel ne fournit que deux dessins : Le  Printemps  en  1565  (Graphische  Sammlung  Albertina  de  Vienne)  et  L’Été  (Kunsthalle  Hambourg,  Kupferstichkabinett) daté de 1568. Peu après sa mort, Jérôme Cock chargea le paysagiste Hans Bol de dessiner les deux scènes manquantes, L’Automne et L’Hiver.

Cette  série  s’inscrit  dans  la  longue  tradition  qui  remonte  au  Moyen  Age,  des  miniatures  des  mois  et  des saisons qui illustraient les calendriers des livres d’heures. Bruegel insuffle néanmoins une inventivité nouvelle à cette thématique. Ainsi, dans L’Été, les corps sont étonnamment puissants et débordent même du cadre de l’estampe, renforçant l’effet de profondeur.

Les  activités  traditionnelles  propres  à  chaque  saison  sont  représentées  :  dans  Le  Printemps,  mars  est  symbolisé  par  le  jardinage  (représenté  au  premier  plan),  avril  par  la  tonte  des  moutons  (plus  à  gauche  vers  l’arrière-plan)  et  mai  par  les  fêtes  du  printemps  (à  droite  à  l’arrière-plan).
Dans  L’Été,  juin  est  représenté  par  la  cueillette  des  fruits  dans  les  grands  arbres  au  centre  à  l’arrière-plan,  juillet  par  la  rentrée du foin au loin à gauche et à droite et août par le moissonnage du blé au premier plan. L’Automne et L’Hiver, dessinés par Hans Bol, suivent le même principe : les personnages vaquent à des occupations typiques de chaque saison (on tue le cochon en automne, on patine sur un lac gelé en hiver) ; mais le traitement stylistique est différent et s’apparente plus à la tradition médiévale.

Lebeer dit d’ « Aestas » : « Cette composition peut être rangée parmi les créations les plus puissantes de Brueghel. La grandeur monumentale de certaines figures qui l’animent a quelque chose de vraiment michelangelesque ».

“The  many  depictions  of  the  Seasons  include  the  set  of  engravings  that  Hieronymus  Cock  issued  after  Pieter  Bruegel  the  Elder  and  Hans  Bol.  Very  much  reflecting  in  their  compositional  structure  the  subjects  of  the  traditional  Months,  Cock’s four prints show both urban pleasures and peasant labors, the latter generally predominating except in the ‘Winter’ print.
The Seasons enjoyed great popularity in later Flemish art, both painting and prints” (W. S. Gibson, Pleasant places: the rustic Landscape from Bruegel to Ruisdael, p. 125)

Avant d’être peintre, Brueghel est dessinateur.
« C’est  comme  élève  de  Pierre  Coecke  qu’en  1551  Peter  Brueghel  est  reçu  dans  la  gilde  anversoise.  Puis,  selon  l’usage  établi  chez  les  peintres  flamands,  au  moins  depuis  Jean  Gossart,  une  quarantaine  d’années  auparavant,  le  jeune  ‘Franc-maître’  part  pour  l’Italie,  où  au  lieu,  comme  ses    contemporains    Lambert    Lombart,    Frans    Floris,    d’interroger  les  œuvres  de  Léonard  de  Vinci,  de  Michel  Ange,  de  Raphael,  ou  plus  récentes  des  derniers  grands  Vénitiens  Tintoret  et  Titien,  il  fuit  les  vieilles  pierres,  les  colonnes  et  les  imposantes  fresques  pour  dessiner  dans  la  campagne   romaine,   précurseur   en   cela   des   modernes   paysagistes. Si nous ne connaissons pas l’itinéraire certain du  voyage  de  Brueghel  en  Italie,  qui  lui fit  peut-être traverser  la  France,  du  moins  nous  en  est-il  resté  bien  mieux encore : ses premiers dessins connus. Que l’on ne se méprenne  pas  sur  ce  mot  de  dessins,  ce  ne  sont  nullement  des  croquis.  Non  seulement  les  dessins  très  complets  qui  jalonnent  toute  sa  carrière  furent  presque  tous  destinés  à  être fidèlement  reproduits  par  la  gravure,  mais  encore  à  partir  de  ses  premiers  dessins,  datés  de  1552  et  1553,  faudra-t-il  attendre  jusqu’à  1559  pour  voir  apparaître  sa  première œuvre peinte. Sans que l’on puisse conclure qu’il n’avait rien peint avant cette  date,  il  n’en  est  pas  moins  évident  que  le  dessin,  tel  qu’il  l’entendait,  lui  était  un  moyen  d’expression  suffisant et  complet.  Revenu  d’Italie  en  1554,  c’est  de  nouveau  à  Anvers  qu’il  se  fixe  et  travaille  pour  Jérôme  Cock,  ancien  peintre, établi, avec son frère Mathys, éditeur et marchand d’estampes, à l’enseigne des ‘Quatre Vents’»

« Mort  en  1569,  Peter  Brueghel  fut,  après  Jérôme  Bosch,  mort  en  1516,  la  grande  figure  du  XVIe  siècle  flamand, solidement et clairement situé entre le siècle des Van Eyck, Van  der  Weyden,  Memling,  se  prolongeant  en  Quentin  Metsys  et  le  siècle  de  Rubens  et  des  Baroques »  (Jacques  Busse).

Superbe suite de toute rareté avec de si belles marges.

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