Mémoire pour l'établissement de la taille proportionnelle
Le Mémoire sur l'établissement de la taille proportionnelle en 1717 et les critiques qu'il contenait sur Louis XIV, mort deux ans plus tôt, allait susciter une vive réaction de l'Académie.
Rarissime réunion de deux originales de Castel de Saint-Pierre et de le Trosne critiquant la situation économique et financière de la France et proposant des réformes.
Précieux et très bel exemplaire conservé dans sa reliure en maroquin de l’époque attribuable à Derome.
6 ouvrages reliés en un volume in-12 ; maroquin janséniste bleu nuit, double filet à froid encadrant les plats, dos lisse orné de même, titre doré au dos, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures, qq. rousseurs, exemplaire un peu court de tête. Reliure de l’époque.
169 X 108 mm.
Castel, abbé de Saint-Pierre, Charles Irénée. Mémoire pour l’établissement de la Taille proportionnelle. 1717. 36 pp.
Suivi de : [Le Trosne]. Mémoire sur les vagabonds et sur les mendiants.
Soissons, Paris, P. G. Simon, 1764. (1) f., 76 pp.
Suivi de : Nogaret. Lettre d’un mendiant au public. S. l., n. d.. [1764-1765]. 34 pp.
Suivi de : Coup d’œil en forme de lettre sur les convulsions, où on examine cette œuvre dès son principe & dans les differens caractères qu’elle porte, & on éclaircit ce qui peut s’y apercevoir de désavantageux.
Paris, 1733. (1) f., 34 pp.
Suivi de : [Polluche]. Problème historique sur la pucelle d’Orléans. S. l., n. d. [1749]. 24 pp.
Suivi de : [Galland]. Nouvelle explication d’une médaille d’or du cabinet du roy, sur laquelle on voit la Tête de l’Empereur Gallien… Paris, Jean Anisson, 1698. 32 pp.
I/ Castel de Saint-Pierre. Mémoire pour l’établissement de la Taille proportionnelle.
Très rare édition originale.
Coquelin, dans son dictionnaire de l’économie politique (II, 566) ne cite que l’édition de 1718.
« Ce projet, qui substituait une taxe fixe à ta taxe arbitraire, qui était habituellement perçue, fut adoptée par plusieurs intendants de provinces ».
Le Mémoire sur l'établissement de la taille proportionnelle en 1717 et les critiques qu'il contenait sur Louis XIV, mort deux ans plus tôt allait susciter une vive réaction de l'Académie.
Le 5 mai 1718, l’enceinte ordinairement si paisible de l’Académie française présentait le spectacle d’une agitation presque tumultueuse. Il y avait dans les couloirs force allées et venues. Dans l’intérieur, des discussions animées étaient engagées, et les physionomies les plus placides portaient l’empreinte d’une vive émotion. De quoi donc s’agissait-il ? Pour la première fois, depuis la fondation de la docte assemblée, un académicien, manquant à tous ses devoirs, avait osé juger librement un souverain protecteur de l’Académie. Pour la première fois, un académicien avait osé faire acte d’indépendance.
Cet audacieux, ce libertin, on dirait aujourd’hui ce libre penseur, était l’abbé Irénée Castel de Saint-Pierre, et le souverain qu’il avait jugé sans flatterie était Louis XIV.
Frappé, comme la Bruyère, Vauban et Fénelon, de la misérable situation de la France, que la guerre et les fastueuses dépenses de Versailles avaient réduite aux plus désolantes extrémités, peu ébloui du faux éclat d’une gloire achetée au prix des souffrances du peuple, il n’avait pas craint de refuser à Louis XIV le surnom de Grand. Même après la mort du roi-soleil, toute critique des actes de ce monarque devait sembler blasphématoire à l’Académie. Elle résolut de faire un exemple en chassant de son sein le blasphémateur. Dans son Mémoire sur la taille proportionnelle, l’abbé de Saint-Pierre avait hasardé des expressions peu flatteuses pour la mémoire du grand roi.
« Ami de Fontenelle, élu membre de l'Académie française en 1695, l’abbé de Saint-Pierre (1658-1743) en fut exclu en 1718 suite à ses violentes critiques contre Louis XIV » (En Français dans le texte).
II/ Le Trosne. Mémoire sur les vagabonds et sur les mendiants.
Très rare edition originale.
Kress, 6201 ; Einaudi, 3362 ; Higgs, 3306 ; Mattioli, 1971 ; INED, 2877 (pour l’édition de 1765).
Guillaume François Le Trosne (1728-1780) rejoignit les physiocrates en 1764.
“He became one of the most lucid exponents of the physiocratic doctrine; his views express most clearly the evolution of the school. In this work, Le Trosne condemns the vagabond as a parasite on, and an enemy of, society.
In this very important work, Le Trosne discusses the current situation in France, measures, legal and otherwise, taken to combat or remedy the situation, discusses the distinction to be made between vagabonds and beggars, and discusses possible solutions, one of which is condemning vagabonds to the galleys, and ends with a project for beggars and ways to combat mendicity.
'Ils provoquent le renchérissement de la main-d'oeuvre, car leur oisiveté diminue le nombre des travailleurs ; ils favorisent encore l'augmentation des tailles' (INED).
Le Trosne décrit les vagabonds comme des ennemis de la société, refusant de vivre en harmonie avec elle, et se nourrissant des subsides reçus des citoyens. Le tableau se noircit à l’évocation des délits dont ces vagabonds ont été à l’origine dans les campagnes.
En 1722, 1724, puis finalement 1750, des lois sont introduites. Il ne s’agit plus de punir la mendicité, mais de supprimer les causes qui la font naître. Ainsi voit-on le Roi, dans ses déclarations, affirmer avec force aux mendiants et vagabonds que « Le Roi promet de pourvoir à leur subsistance ».
Pour guérir le vagabondage, on s’attache à guérir le paupérisme, mais, signale Le Trosne, le paupérisme n’est pas la cause du vagabondage et de la mendicité. Le problème, affirme Le Trosne, n’est pas le manque de travail : c’est la bonne volonté.
Les 4 textes suivants sont en édition originale.
Très bel et précieux exemplaire réunissant 2 rares et importantes originales, conserve dans sa reliure en maroquin bleu nuit de l’époque.



