Les Six Livres de la République
The « first attempt to create an integrated system of political science and economics » (PMM, 94a).
Exceptionnel exemplaire relié en maroquin ancien aux armes de Claude de Bourdeille, Comte de Montrésor (1608-1663), favori de Gaston d’Orléans, complice de Cinq-Mars et l’un des plus actifs fondeurs.
In-folio de (4) ff., 765 ff. (mal chif. 797), (27) ff., maroquin rouge, double encadrement de triple filet doré à la Duseuil sur les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs richement orné, coupes décorées, tranches dorées, restauration angulaire au f. de titre sans atteinte au texte.
Reliure armoriée vers 1630 attribuée à Le Gascon.
325 x 220 mm.
Bodin, Jean. Les six livres de la république de I. Bodin Angevin. A Monseigneur du Faur Seigneur de Pibrac, Conseiller du Roy en son privé Conseil.
Paris, Jacques du Puys, 1577. Avec privilège du Roy.
Belle et rarissime édition originale, la seconde, de ce monument de la science politique au xviè siècle, inconnue de Nicéron, qui annonce comme deuxième édition celle de 1578, de Tchémerzine et de Brunet. Seul Lucien Scheler la cite mais sans décrire d'exemplaire.
Cette œuvre majeure qui porte le nom de Jean Bodin (1530-1596) lui assigne en France une place en importance semblable à celle que Machiavel occupe en Italie ou Hobbes en Angleterre. On lui doit surtout la première exposition du principe de la souveraineté des États.
C’est en 1576 que paraissait Les Six Livres de la République de Jean BodinAngevin, véritable somme politique rédigée en français, travail dirigé d'une part contre Machiavel, d'autre part contre les pamphlétaires antimonarchiques - les monarchomaques protestants surtout qui, au XVIe siècle, prêchaient l'anarchie et soutenaient le droit d'insurrection.
Machiavel a pu laisser une collection des recettes pour conquérir et pour garder le pouvoir, il n'a rien dit de l'importance qui revenait à la structure et au jeu des institutions, à la légalité.
Voici quelles idées maîtresses forment ce que, par opposition aux simples « recettes » de Machiavel, l'on peut appeler le système impérieux de Bodin : L’État, une extension de l’image de la famille. La souveraineté. Le pouvoir absolu. Les limites de tout pouvoir. La théorie des climats. La tolérance en matière religieuses.
Au moment où parurent les Six Livres de la République, l'unité religieuse était brisée et l'unité politique française, par la suite, se trouvait gravement compromise. Devant la situation créée par la Réforme, deux attitudes étaient concevables : refaire l'unité par l'élimination radicale de l'un des groupes religieux en présence (procédé de la Saint-Barthélémy) ou alors admettre définitivement la dualité religieuse et faire la paix par la conciliation. Le parti appelé les Politiques, dominé un temps par le nom du chancelier Michel de L’Hospital, avait opté pour la seconde des solutions. C’est à lui que Bodin adhéra. Il devint le philosophe du parti des politiques. Il estimait qu'il fallait admettre le fait protestant, ensuite qu'il fallait placer le roi de France au-dessus du débat religieux. Le roi devait apparaître comme le protecteur suprême de tous les cultes, et non pas comme le chef de l'un ou de l'autre des partis religieux. Bodin ne voulait point que l'on employât la violence pour la conversion des âmes.
Extraordinaire exemplaire relié en maroquin ancien pour l’un des plus éminents membrede la noblesse française, Claude de Bourdeille, Comte de Montrésor (1608-1663), favori de Gaston d’Orléans, complice de Cinq-Mars, l’un des plus actifs frondeurs, avec ses armoiries sur les plats et son ex-libris découpé dans l’angle supérieur du titre.
Ce précieux volume entra ensuite dans la bibliothèque de « Patte officier de S.A.R. Madame » avec ex-libris manuscrit au recto du titre.
La reliure est attribuable à Le Gascon, le principal relieur parisien actif de 1620 à 1653, selon les fers approchants identifiés par R. Esmérian (Deuxième partie – Tableaux synoptiques – 8 décembre 1972, Annexe A).
