Discours sur l'Histoire universelle 1681
« Le Discours a suscité des admirations enthousiastes notamment de la part de Chateaubriand ».
Édition originale ; le précieux exemplaire relié à l’époque aux armes du Comte d’Hoym.
Paris, 1681.
In-4 de (1) f. bl., (1) f., 561 pp., (3) ff.
Veau fauve, filet à froid encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs orné de fleurons dorés, pièce de titre en maroquin rouge, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches rouges. Reliure armoriée de l’époque de Boyet.
254 x 190 mm.
Bossuet, Jacques-Bénigne. Discours sur l’Histoire universelle A Monseigneur le Dauphin : Pour expliquer la suite de la Religion & les changemens des Empires.
Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1681.
Edition originale.
Tchemerzine, I, 842-843 ; Le Petit, 419-420 ; Destailleur, 1541 ; Catalogue Rahir, V, 1260 ; En Français dans le texte, 118 ; PMM, 157.
« Edition princeps de cet ouvrage superbe qui faisait l’admiration de Voltaire, pourtant peu suspect de tendresse pour Bossuet » (Le Petit).
Exemplaire aux armes de Charles-Henri, Comte d’Hoym.
“This « Treatise on World-History » is the last noteworthy exercise in that type of universal history which, beginning with St Augustine, interpreted the course of human history as a continuous manifestation of divine providence leading mankind towards salvation.
Bossuet was the most famous court-preacher of Louis XIV, whose Gallican church-policy he defended against the Roman Curia. He wrote the Discours for the instruction of the Dauphin, whose tutor he was from 1670 to 1679; for history, Bossuet declared is “the counsellor of princes”. The book extends from the Creation to Charlemagne, thus supplying a direct link between the history of the chosen people and the origins of the French monarchy. Bossuet’s influence is still traceable in popular Roman Catholic history books and his Discours can still be enjoyed as a noble specimen of classical French prose” (PMM).
Le Discours sur l’Histoire universelle qui paraît en 1681 est un éblouissant chef-d’œuvre qu’on a pu comparer à la Cité de Dieu de Saint Augustin et qui se présente comme une philosophie de l’Histoire, depuis les origines jusqu’à l’époque chrétienne.
De bons esprits continuent de tenir le Discours pour l’œuvre capitale de Bossuet et aussi pour une des œuvres capitales de la littérature française.
Le Discours a suscité des admirations enthousiastes notamment de la part de Chateaubriand et de Villemain. Il les mérite à bien des titres. Si l’histoire proprement dite y souffre de déficiences inhérentes à l’époque, nulle part Bossuet ne s’est montré plus grand écrivain, plus maître de la langue et de la pensée, plus coloré, plus varié. On se tromperait singulièrement si l’on s’imaginait que ce Discours est écrit partout dans le style majestueux des oraisons funèbres ; on y trouve à chaque page la phrase vive, rapide et brève qui sera celle du XVIIIe siècle.
Dès l’avant-propos apparaît la grande idée qui dominera tout le livre : le monde est gouverné par une Providence toujours et partout présente. D’emblées, Bossuet se relie à son maître par excellence, Saint Augustin, et résolument, comme celui-ci l’avait fait dans La cité de Dieu, il aborde ce genre redoutable entre tous qu’on appelle la philosophie de l’histoire. Raconter les évènements ne lui suffit pas ; il remonte à la cause, à la cause première, encore qu’il fasse aussi bien qu’un historien moderne et contrairement à ce qu’on croit d’ordinaire une très grande place aux causes secondes.
Précieux exemplaire relié en veau blond de l’époque aux armes duComte d’Hoym, Ministre plénipotentiaire en France du roi de Pologne ; mort vers 1736.
« Il fut un bibliophile émérite. A partir de l’année 1717 jusqu’en 1735, il suit les ventes et y recueille tout ce qu’il trouve de plus rare, de plus beau et de plus précieux. Il avait réuni les plus beaux livres comme forme et comme fond. Outre les volumes ayant appartenu aux plus fameux collectionneurs, il en avait cinq à la reliure de Grolier. Presque tous ceux qu’il avait fait relier étaient habillés en veau fauve, avec ses armes sur les plats. Boyet fut son relieur. A la vente Brunet, en mai 1868, les livres à cette marque s’élevèrent à des prix considérables » (J. Guigard).
