Mémoire sur les Noirs de l'Amérique septentrionale
Rare édition originale de ce célèbre mémoire de Brissot contre l’esclavage.
Exemplaire à toutes marges conservé broché, non rogné et non coupé.
In-8 de 56 pp. exemplaire broché, non rogné et non coupé, petite restauration marginale, mouillures.
215 X 147 mm.
rare édition originale de ce célèbre mémoire de Brissot contre l’esclavage
Sabin, 8023.
Brissot fut, avec Clavières et Mirabeau, l’un des fondateurs de la Société des Amis des Noirs, association fondée en 1788. Cette société militait pour la fin de la traite des noirs et l’abolition de l’esclavage.
Le 20 juin 1789, jour du Serment du Jeu de Paume, la représentation des colons fut admise. Mirabeau fit remarquer que si l’on voulait une représentation des colonies, il fallait affranchir les esclaves et restituer leurs droits aux libres de couleur.
« La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen fut votée le 26 août 1789. Ce fut alors que les gens de couleur qui se trouvaient à Paris s’organisèrent en Société des Citoyens de couleur pour obtenir une représentation à l’Assemblée Constituante. La situation révolutionnaire semblait favoriser leur réclamation, légitimée par la Déclaration des droits. Trois grands problèmes furent soulevés : celui de la légitimité ou non de posséder des colonies, celui du maintien ou non de l’esclavage, celui d’inscrire ou non le préjugé de couleur dans le droit constitutionnel français. Contrairement à Brissot, Robespierre n’était pas favorable à l’affranchissement immédiat des esclaves. Il voulait arriver progressivement à l’abolition de l’esclavage, la première étape étant la reconnaissance des droits du Citoyen aux hommes de couleur déjà libres. Les 14 et 15 mai, l’Assemblée discuta des droits des gens libres de couleur et adopta une mesure selon laquelle seuls ceux qui étaient nés de père et de mère libres obtiendraient l’égalité des droits.
Barnave profita de la panique que faisaient naître les nouvelles en provenance de Saint-Domingue pour demander la suppression du décret du 15 mai. Ce qu’il obtint le 24 septembre 1791 » (F. Gauthier).
« Par la révolte des noirs, la question de l’esclavage sortait de l’arrière-plan obscur, où, par une sorte de consentement universel, on l’avait reléguée. Brissot intervint le 1er décembre et il fit des divers intérêts, des diverses forces sociales et politiques en lutte à Saint-Domingue une analyse magistrale, « La cause des hommes de couleur est donc la cause des patriotes, de l’ancien Tiers-Etat, du peuple enfin si longtemps opprimé » (Jean Jaurès, Histoire socialiste).
Un des premiers, en 1791, Brissot mit en avant l’idée de la République, et, lors de la fuite de Varennes, il salua avec enthousiasme l’avènement espéré d’une constitution républicaine. Robespierre, qui aimait à régenter et ne pouvait supporter qu’on le dépassât, lui reprocha durement, dans son Ami de la constitution, d’avoir, par ce mot de république, « jeté la division parmi les patriotes, travesti les vrais amis de la liberté en factieux, et fait peut-être reculer la Révolution d’un demi-siècle. »
Brissot cependant n’était pas le seul alors qui pensât à cette forme de gouvernement. Desmoulins, Condorcet, les cordeliers, etc., la proposèrent également. Aux yeux de Robespierre, qui ne fut républicain que fort tard, ce fut dès lors un crime d’avoir été républicain trop tôt. En 1793, Amar ne manquera pas de mentionner ce crime nouveau dans son acte d’accusation contre Brissot et ses complices.
« Ses écrits politiques ont exercé une influence décisive sur la marche de la Révolution ».
Exemplaire à toutes marges, conservé broché, non rogné et non coupé.
