Opus ruralium commodorum
The first printed book on agriculture.
Exemplaire complet, à grandes marges, conservé dans sa reliure ancienne armoriée.
Folio, 147 leaves, 2 columns, with printed head-lines, blank upper corner restored.
Plein vélin ivoire, dos lisse, armoiries en queue du dos, tranches rouges. Reliure du XVIIIe siècle.
294 x 212 mm.
Crescentiis, Petrus de. Opus ruralium commodorum.
(Strasbourg) 9 March, 1486.
« Fifth edition of the first printed book on agriculture ».HC *5831 ; BMC 1, 134 ; BSB C- 697- GW 7824 ; Klebs 310.5 ; Goff C-968.
Exemplaire complet, à très grandes marges.L’exemplaire du B.M.C mesure 277 mm de hauteur et est incomplet du feuillet de titre.
Né à Bologne en 1233, mort dans la même ville vers 1320, Pietro de' Crescenzi est l'auteur des Ruralium commodorum libri XII composés entre 1304 et 1309. Ce texte de la « prérenaissance » est considéré comme le plus important traité médiéval sur l'agronomie, mais son caractère novateur n'est pas unanimement admis. Écrit par un contemporain de Dante, qui fait preuve d'une indéniable « capacité d'observer d'organiser et d'abstraire », il est aussi un témoignage sur la fascination des hommes de l'époque pour les phénomènes et les architectures merveilleux. A Bologne, Crescenzi exerce le métier de juriste. Son appartenance au parti gibelin l'oblige, semble-t-il, à s'éloigner entre 1268 et 1298. Les commentaires de son traité dans lesquels il compare plusieurs régions du nord de l'Italie seraient une conséquence de cet exil. En 1298, après s'être définitivement retiré de la vie publique, il partage son temps entre Bologne et sa résidence rurale d'Olmo. C'est en gérant cette exploitation agricole qu'il aurait développé la plupart des savoirs agronomiques transmis dans son ouvrage.
Dès 1350, l'Opus ruralium commodorum est traduit en italien, puis en français dès 1373 sur l'ordre de Charles V. On dénombre environ 130 manuscrits. Le manuscrit français a pour titre Le livre des prouffitz champestres… Rustican du labour (Paris, Bibliothèque de l'Arsenal, ms. 5064). Il fait partie d'un corpus cohérent d'œuvres traduites sur ordre du roi, en vue de diffuser les savoirs en langue vernaculaire. Les éditions imprimées sont précoces, puisque l'édition latine princeps paraît à Augsbourg en 1471. On recense quinze éditions incunables en latin, italien, français et allemand. La première édition française date de 1486.
Le livre I présente d’une part un long commentaire sur « la bonté du lieu habitable en général », soit la situation et la disposition de la demeure en fonction du climat, de la géomorphologie et des ressources hydriques, et d’autre part un chapitre sur les rôles du « père et seigneur de famille ». Le livre II traite de « la vertu de la qualité contenue dans chacune plante ». Il s’agit d’un modèle physiologique issu de la physique aristotélicienne, pour la génération, la croissance, voire la « transmutation » des plantes. Cet exposé est un préalable à la présentation des savoirs agronomiques fondamentaux : science des sols et techniques culturales (fertilisation, irrigation, labours, semis, greffage, etc.). Le livre III décrit les cultures céréalières. La culture de la vigne et la transformation du raisin (livre IV) constituent une partie importante de l’ouvrage. Le livre V sur l’arboriculture contient les fruits utiles pour l’alimentation et la médecine. Le livre VI présente la culture des « herbes » du jardin, avec la description de plus de cent trente plantes utiles pour la médecine et l’alimentation. Le livre VII traite des prés et des bois. Au livre VIII, le jardin de plaisir est l’un des sujets les plus originaux du traité. La partie la plus longue qui concerne les questions d’élevage (IX) est suivie d’une section sur la chasse et la pêche (livre X). Un sommaire articulé en différents indices (livre XI) et un résumé des travaux des jours (livre XII) récapitulent et concluent le traité.
Avec l’amélioration du rang social des propriétaires, les « vergiers » s’agrandissent pour atteindre un à trois hectares. L’espace est plus étendu et les aménagements sont plus nombreux, mais les recommandations pour les aménager sont quasiment les mêmes qu’au chapitre précédent. Puis l’agronome italien décrit longuement, souvent avec beaucoup d’imagination, les jardins royaux de son temps. Le « jardin » des rois, ceinturé d’un haut mur, est a priori plutôt un bois où vivent des bêtes sauvages destinées à la chasse qu’une parcelle horticole. Il est aussi question d’une vaste architecture utopique : une maison ou un palais édifié avec des végétaux vivants palissés.
Précieux exemplaire, complet (contrairement à celui du B.M.C), à grandes marges, conservé dans sa reliure ancienne en vélin ivoire armorié.



