Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
Copie d’époque de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
L’exemplaire du pédagogue et révolutionnaire Joseph Jacotot.
Copie d’époque de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (en 17 articles), suivi des « Articles de constitution decretes dans l'annee 1789 » (19 articles).
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
L’an de la liberté, 1791.
Le 9 juillet 1789 Mounier, député du Dauphiné, propose de faire précéder la constitution d’une déclaration des droits de l’homme : « Pour qu’une constitution soit bonne, il faut qu’elle soit fondée sur les droits des hommes… Le Comité a cru qu’il serait convenable, pour rappeler le but de notre Constitution, de la faire précéder par une Déclaration des droits des hommes, mais de la placer, en forme de préambule, au-dessus des articles constitutionnels et non de la faire paraître séparément… C’est donc de la Déclaration des droits, considérés comme préambule de la Constitution que l’Assemblée doit d’abord s’occuper ».
Le 4 octobre, Louis XVI rédige ses observations quant au projet de Constitution qu’il fait porter à l’Assemblée. Seule la fin du texte est consacrée à la Déclaration des droits. « Je ne m’explique point sur votre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle contient de très bonnes maximes propres à guider vos travaux ; mais des principes susceptibles d’applications, et même d’interprétations différentes, ne peuvent être justement appréciées et n’ont besoin de l’être qu’au moment où leur véritable sens est fixé par les lois auxquelles ils doivent servir de première base ». Cette réponse du roi est lue à l’Assemblée le 5 octobre. Elle ne satisfait pas les députés. « Un grand nombre de membres, inquiets sur tout ce qui peut raimer la défiance des Peuples, ou ménager pour l’avenir des interprétations funestes à la liberté publique, ont observé que si le roi n’acceptait pas dès à présent la Déclaration des droits, la tranquillité du Royaume pourrait être compromise. Sous la pression des émeutes, le roi accepte la Constitution et la déclaration des droits le 5 octobre 1789.
Il existe différents textes de la Déclaration qui présentent des variantes.
A l’article 6, nous trouvons deux rédactions différentes. En effet, on trouve en 1789 la même expression tantôt au singulier « sans autre distinction », tantôt au pluriel « sans autres distinctions ». En 1791, tous les textes emploient l’expression au pluriel.
Notre copie porte l’expression au singulier.
L’article 12, donné séparément dans les premiers textes de 1789 porte : « de ceux auxquels » ; puis, dans les textes complets de la Déclaration, « de ceux à qui ». En 1791, on revient à la lecture : « de ceux auxquels ».
Notre copie porte « de ceux à qui ».
Il semble bien qu’il faille parler de deux textes officiels de la Déclaration : celui de 1789 et celui de 1791. Ces deux textes sont très proches mais pourtant différents, et ce, par la volonté des Constituants. En effet, Thouret expliquait le 8 août 1791 que la déclaration avait acquis un caractère religieux et sacré et qu’il serait dangereux d’établir en parallèle une déclaration différente. Le complément de la déclaration fut inséré dans le préambule et dans les dispositions fondamentales garanties par la Constitution. Guy Putfin.
Annotation manuscrite signée en haut de la page de titre : « Vu conforme aux cahiers. Joseph Jacotot ».
Le pédagogue Joseph Jacotot (1770-1840), développa la méthode d’enseignement dite « méthode Jacotot » fondée sur le principe de « l’égalité des intelligences », « réflexion proprement révolutionnaire sur l’éducation, les modes de transmission et d’émancipation, qui va se répandre comme une traînée de poudre dans toute l’Europe savante » (Jacques Rancière, Le maître ignorant).
Jacotot prendra part aux évènements révolutionnaires.
