Lettre sur les aveugles

Diderot, Denis
Londres, 1749.

« Les ouvrages de Diderot de cette période reliés en maroquin sont rarissimes, sinon uniques » (Jacques Guérin. Livres exceptionnels. Paris, 7 juin 1990).

Édition originale de la Lettre sur les aveugles qui conduisit Diderot au château de Vincennes.

In-12 de 220 pp., (1) p. (la pagination saute de la p. 209 recto à la page 211 verso), 6 figures.
Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse richement orné, pièce de titre en maroquin vert, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure parisienne de l’époque.

150 x 85 mm.

Diderot, Denis. Lettre sur les aveugles, à l'usage de ceux qui voyent.
Londres, 1749.

Édition originale de cet écrit philosophique et scientifique de Diderot, publié en 1749, qui fit sensation et valut à son auteur d’être conduit au donjon de Vincennes.
Tchemerzine, II, 925.

D. Adams inverse l'ordre des tirages de l'édition originale répertoriés par Tchemerzine en répertoriant celle-ci comme second tirage. II, xG2.

Ce fascinant petit texte fut rédigé par Diderot après la première opération de la cataracte d’une aveugle de naissance par le Docteur Réaumur qui avait convié quelques philosophes à assister aux premières réactions du « sujet » au contact de la lumière.
De là vint à Diderot l'idée de tirer parti de la cécité comme d'une autre manière d'appréhender le monde ; illustrée par trois figures : celle de l'aveugle-né Puiseaux, celle du célèbre géomètre anglais Saunderson, et celle de Mlle de Salignac.
L’ouvrage aborde le problème des sens, de la morale, du jugement esthétique, de la religion.

Le volume parut de manière anonyme mais la paternité en fut attribuée à Diderot qui fut emprisonné à Vincennes un mois plus tard.
Diderot, philosophe athée, instaurait les premiers fondements du sensualisme : nos sens fondent nos idées et nos croyances. « Si l'aveugle n'a pas les mêmes croyances que nous autres, c'est parce que ses yeux lui font défaut. Notre croyance en Dieu n'a en elle-même rien de divin, elle est issue de nos sens mêmes. »

L’ouvrage est orné de 6 planches gravées hors-texte non signées dont une figure tirée de « La Dioptrique » de Descartes.

Cette édition originale de Diderot relié en beau maroquin de l’époque est absolument introuvable.
Jacques Guérin, l’illustre bibliophile mentionnait dans son catalogue du 7 juin 1990 que les ouvrages de Diderot reliés en maroquin sont rarissimes, sinon uniques. Son exemplaire de Diderot, Essais sur la peinture, relié en maroquin rouge moins frais que le présent exemplaire, fut adjugé près de 20 000 € il y a 23 ans, et La Religieuse, 40 000 €. Depuis cette vente, l’ascension des prix a été significative. Le « Théophile de Viau » de 1661 de Jacques Guérin (n° 59 de cette même vente), adjugé 5 000 € le 7 juin 1990 vient d’être revendu 45 000 € à Paris en Avril 2013.

Magnifique volume, relié en élégant maroquin rouge parisien de l’époque.

Vendu