Lettre sur les sourds et muets

Diderot, Denis
(Paris, Bauche), 1751.

Édition originale de Diderot imprimée sur grand papier fort relié en superbe maroquin rouge de l’époque.

Le seul exemplaire relié en maroquin répertorié par les bibliographes.

In-12 de X. et 400 pp., 5 planches hors texte.
Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse richement orné, pièce de titre en maroquin noir, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure parisienne de l’époque.

150 x 86 mm.

Diderot, Denis. Lettre sur les sourds et muets, a l’usage de ceux qui entendent & qui parlent.
(Paris, Bauche), 1751.

Édition originale de ce traité important, publié sans nom d’auteur, dans lequel Diderot pose les principes esthétiques qu’il développera dans l’article « beau » de l’encyclopédie dont le prospectus venait d’être répandu dans le public en octobre 1750.

« P. H. Meyer, dans la première édition détaillée et informée de ce texte important, affirme que c’est là pour la première fois que Diderot parle de peinture, cf. Lettre sur les sourds et les muets, texte établi et commenté par Paul-Hugo Meyer, Diderot Studies. VII, éd. Otis Fellows. Droz, Genève, 1965, p. 139. L’importance de la référence à la peinture ne doit pas occulter que la première mention de la peinture dans l’argumentation d’une réflexion critique de Diderot intervient dès 1749, dans la non moins importante Lettre sur les aveugles, à l’usage de ceux qui voient, lorsqu’il s’agit de répondre à la question cruciale : l’aveugle né voit-il lorsqu’il recouvre la vue ? Voir à ce sujet D.P.V., IV, p. 59-62. »

Cette édition originale de Diderot n’a été qu’incomplètement étudiée par les bibliographes. Tchemerzine (Editions originales, pp. 931-932), mentionne 3 émissions différentes dont il relève des caractéristiques contestées par L. Scheler.
Selon Wallace Kirsop dans sa Bibliographie matérielle et critique textuelle (pp. 45-60), il est impossible de se prononcer catégoriquement sur la filiation des différentes émissions de cette édition originale dont il semble que la brocheuse ait disposé à son gré les titre, faux-titre, errata et table des matières.

Notre exemplaire présente l’état intermédiaire du texte, le plus complet.

Publiées deux ans après La lettre sur les aveugles qui avait valu quelques mois d’incarcération à Vincennes à Diderot, ses premières réflexions sur les grands problèmes esthétiques parurent sous forme d’une « lettre » en réponse à l’abbé Batteux, publiée en février 1751 en 241 pages, suivie d’« Additions » imprimées en mai 1751 poursuivant le texte de la page 241 à la page 400.

Certains des principes développés dans ce traité restent essentiels dans l’œuvre de Diderot, ainsi la défense du génie individuel et la défense, voire la primauté de la langue française.

Les éditions originales de Diderot reliées en maroquin de l’époque sont très rares et très recherchées. La fameuse bibliothèque Jacques Guérin en comptait trois : Essai sur la peinture Paris, 1796, vendu 110 000 F le 7 juin 1990, il y a plus de 18 ans, La Religieuse, vendu 245 000 F (≈ 40 000 €) le 7 juin 1990 et 290 000 F (43 000 €) Jacques le Fataliste.
Le maroquin recouvrant ces trois œuvres était moins beau que celui-ci.

Le présent exemplaire, imprimé sur grand papier fort, est relié dans un superbe maroquin de l’époque.

C’est le seul exemplaire répertorié par les bibliographes dans cette condition.

Vendu