Lettres sur divers sujets concernant la religion et la métaphysique

Fénelon

Édition originale fort rare des Lettres spirituelles de Fénelon sur le libre arbitre.
Précieux et superbe exemplaire de dédicace au régent Philippe d’Orléans (1674-1723) relié en maroquin rouge de l’époque à ses armes et pièces d’armes.
Paris, 1718

In-12 de (12) ff., 278 pp. Ces Lettres sont au nombre de 5.

Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs orné de 25 fleurs de lys, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure armoriée de l’époque.

166 x 94 mm.

Fénelon, François de Salignac de la Mothe. Lettres sur divers sujets concernant la religion et la métaphysique.

Paris, Jacques Estienne, 1718.

Edition originale de ces cinq textes philosophiques de Fénelon ayant pour thème essentielL’existence de Dieu ; Le Libre arbitre ; l’idée de l’infini et la liberté de créer ou ne pas créer.

Dès le début de sa carrière ecclésiastique, Fénelon connut un très grand succès comme directeur de conscience. Très prisé à la Cour, il y fut le confesseur attitré des plus grands personnages, depuis sa nomination comme précepteur du duc de Bourgogne jusqu’à sa retraite dans son archevêché de Cambrai, à la suite de la querelle du quiétisme.

Ces Lettres spirituelles sont, dans l’ensemble, extrêmement précieuses pour la connaissance de la personnalité de Fénelon. Elles nous mettent en contact direct avec le prêtre. Si Fénelon y apparaît fort différent de son maître Bossuet – en ce qu’il s’efforce avant tout de rassurer, d’apaiser les scrupules : « Ne vous inquiétez point sur votre mal : vous êtes dans les mains de Dieu » ; « Les choses que vous vous reprochez ne sont rien… Dieu ne donne point de ces retours inquiets », ces lettres nous montrent que Fénelon ne fut pas cependant le prélat sentimental et moderniste dont le xviiiè siècle voulut nous imposer l’image. Sa douceur envers les âmes de ses pénitents, son style, qui est celui de l’exhortation, de l’affectueux conseil et non du docteur de l’Église, ne l’empêchent pas de se montrer énergique et de ne point s’écarter de la vraie tradition chrétienne. Comme ces lettres n’étaient pas destinées à la publication, on n’y retrouve point cette préciosité souvent assez fade des œuvres publiées de son vivant ; son style ici est d’une noble simplicité, d’une exacte clarté, mais sans ces images et ces fleurs, sans ce parti pris d’atticisme un peu trop apparent qui font le charme, mais aussi la faiblesse, des œuvres écrites pour le public.

Superbe et précieux exemplaire de dédicace offert au régent Philippe d’Orléans et relié en maroquin rouge de l’époque orné de ses armes et pièces d’armes.

A la mort de Louis XIV, en 1715, la régence qui lui appartenait par sa naissance lui fut déférée par un arrêt solennel du Parlement du 2 septembre 1715. Le Régent adopta une politique presque complètement opposée à celle du règne précédent, supprima les ministères qu’il remplaça par sept conseils et fit quelques réformes utiles ; il fit sacrer roi Louis XV le 22 octobre 1722 et cessa ses fonctions de régent à la majorité du roi le 16 février 1723. Louis XV le prix comme principal ministre le 11 août suivant, mais le duc d’Orléans mourut peu après à Versailles, le 2 décembre 1723, d’une attaque d’apoplexie, après avoir eu huit enfants légitimes, dont sept filles et plusieurs enfants naturels.

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