Instruction sur les fourrages d’une armée

S.l.n.d, vers 1763.
Prix : 4 500 €

Manuscrit original de 80 pages calligraphiées sur grand papier de Hollande en 1763 traitant du « fourrage d’une armée » et de « l’administration militaire des fourrages et des voitures ».

Somptueux exemplaire conservé dans son élégante reliure de l’époque en maroquin rouge ornée par huit fois de la croix de Malte ceinte du collier de l’Ordre du Saint Esprit portant sur le plat supérieur « Instruction sur les fourrages d’une armée ».

Manuscrit in-4 calligraphié vers 1763. Plein maroquin rouge, filet gras et maigres entourant les plats, croix de Malte ceinte du collier du Saint Esprit aux angles « Instruction sur les fourrages d’une armée » frappé en lettres d’or sur le plat supérieur, dos lisse richement orné, filets or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure de l’époque.

220 x 186 mm.

Instruction sur le fourrage d’une armée : la nature des fourrages et la quantité relative qu’on en donne aux chevaux.
S.l.n.d, vers 1763.
25 pp. in-4.

Suivi de : Mémoires sur l’administration militaire des fourrages et des voitures et sur les avantages qui en résultent depuis son institution jusqu’à la fin de la dernière guerre.
S.l.n.d, vers 1763
55 pp. in-4.

Manuscrit original de 80 pp. calligraphié sur grand papier de Hollande datant vraisemblablement de 1763 ayant trait au fourrage d’une armée.

Le montant des fourrages passe, en Alsace, de 40-50 000 livres au début du XVIIIe siècle à 800‑900 000 livres à la fin du siècle, l'année 1787 battant tous les records (1,5 million de livres) : les fourrages constituent ainsi l'un des principaux postes du budget de l'armée. La pratique, longtemps en usage, qui consiste à augmenter artificiellement le nombre de places de fourrage s'avérant insuffisante. Les entrepreneurs spéculent sur le prix de la ration pour accroître leur profit. À la fin du XVIIe siècle, la ration est fixée à 12 livres de foin, autant de paille et 3 picotins d'avoine ; mais, au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, elle peut être arbitrairement estimée jusqu'à 36 livres de foin, 60 de paille, 14 d'orge, 8 de seigle et un boisseau d’avoine ou à 18 sous en numéraire. La rareté des fourrages, consécutive à la sécheresse de 1785, ne l'explique qu'en partie. Or les officiers, qui ont droit à une ration pour la nourriture de leurs propres chevaux, peuvent en trouver à 7 ou 8 sous, d'où l'intéressante marge bénéficiaire (ou « revenant bon ») qu'ils s'octroient.

La distribution des rations de fourrage dans les « étapes » s'avérant insuffisante, il était permis aux « partis », lors des opérations militaires, de « fourrager » en territoire ennemi, soit « en vert » (sur pied), soit « en sec » (à partir des réserves déjà engrangées). Mais il est difficile, en dépit des ordonnances royales, comme celle du 1er avril 1707 et des « Traités sur la cavalerie » (Drummont de Melfort, 1776), de contrôler les fourrageurs, qui ont du mal à faire la distinction entre pays amis et pays ennemis, et de protéger les habitants contre les exactions ou les fraudes de la population mise à contribution. Ce sont à priori les zones herbagères qui sont touchées, car il importe d'éviter le transport de produits encombrants et pondéreux que sont le foin et la paille, cette dernière servant non seulement à la nourriture du cheptel, mais aussi au couchage des hommes et à la litière des bêtes. Si la pratique du fourrage par les cavaliers est tant redoutée, c'est que les chevaux s'en prennent souvent, faute de prés, aux blés en herbe ou aux jeunes vignes, voire aux plates-bandes de légumes. En temps de guerre, le fourragement se distingue mal des pratiques de réquisition ou de pillage (d'où l'acception péjorative que revêtent les mots « fourrager » et « fourragement ») et donne souvent prétexte à la maraude, avant sa transformation en argent entre 1700 et 1710.

Superbe manuscrit original richement relié en maroquin rouge de l’époque orné par huit fois de la Croix de Malte ceinte du collier de l’Ordre du Saint Esprit.