De la littérature des nègres.
« En 1808, l’abbé Grégoire publie l’un de ses textes les plus importants, sinon le plus important : De la littérature des nègres » (B. Gainot).
Edition originale de cet important ouvrage dans lequel l'auteur prend la défense des noirs et réfute les préjugés sur leur infériorité mentale et morale.
Exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque.
In-8 de XVI pp., 287 pp., (1) p. d’errata.
Demi-basane fauve, dos lisse orné de fleurons et filets dorés, pièce de titre en maroquin rouge, tranches jaunes. Reliure de l’époque.
208 X 122 mm.
Grégoire. De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités morales et leur littérature ; suivies de Notices…
Paris, Maradan, 1808.
Edition originale de cet important ouvrage dans lequel l'auteur, membre du Conseil des Cinq Cents puis sénateur, prend la défense des noirs et réfute les préjugés sur leur infériorité mentale et morale.
Hermon-Belot p.479; Sabin, 28 727.
En publiant De la littérature des Nègres en 1808, l’abbé Grégoire, adversaire irréductible de la traite des nègres, œuvrait dans le cadre des activités abolitionnistes dont il était un partisan zélé. L’auteur avait décidé de centrer sa plaidoirie sur la faculté intellectuelle des Noirs, sur « leurs qualités morales et leur littérature ». Il entreprit donc de dresser l’inventaire des Noirs qui avaient pu se distinguer dans les Sciences, les Lettres et les Arts.
« En 1808, l’abbé Grégoire publie l’un de ses textes les plus importants, sinon le plus important, De la littérature des nègres. Cet ouvrage, souvent cité comme référence par des auteurs africains ou haïtiens, est assez peu connu en France. Fruit de longues années de recherches, il porte également trace de nombreuses ambiguïtés, qui tiennent au statut de Grégoire sous l’Empire; portant le titre honorifique de sénateur, il n’en est pas moins en désaccord avec pratiquement toutes les orientations du régime. L’ouvrage est un manifeste contre le rétablissement de l’esclavage et de la traite négrière, mais il est aussi un gage de la fidélité aux combats abolitionnistes menés au sein des deux Sociétés des Amis des Noirs. Le fondement philosophique de la position de Grégoire est l’unité du genre humain, qui lui permet de concilier la proclamation révolutionnaire des droits de l’homme et le message évangélique. En ces temps de censure impériale, l’ouvrage reçut un accueil discret, mais provoqua surtout des ripostes indignées du parti colonial, alors bien en cour, qui le présenta comme un manifeste du nigrophilisme, un néologisme alors extrêmement péjoratif. » (L’abbé Grégoire et la place des Noirs dans l’histoire universelle, B. Gainot).
« Au beau milieu de la tourmente révolutionnaire, un homme ose élever la voix et se dresser contre la barbarie. Ce n’est ni le premier, ni le dernier des combats de cet homme audacieux et courageux. Henri Grégoire, président de la Société des Amis des Noirs, fait reconnaître les droits politiques et civils pour les « gens de couleur ou sang-mêlé » et entame le combat contre l’esclavage. » (En Français dans le texte).
Dans sa lutte pour la libération des esclaves, au contraire de certains philosophes des Lumières qui se basent sur le droit ou la raison pour fustiger l’esclavage, la religion sera le cheval de bataille de Grégoire.
L’exploit que réussit Grégoire est d’une part d’inscrire la religion et ses principes dans la Révolution, d’autre part, de donner à la révolution française une amplitude internationale. En d’autres termes, le but est de faire en sorte que la Déclaration des Droits de l’Homme dépasse le cadre hexagonal pour embrasser ceux qu’elle n’était pas censée comprendre : les esclaves des colonies.
Bel exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque.



