Institutions Leibnitiennes, ou Précis de la Monadologie.
Le « Leibnitz » aux deux reines de France, Marie-Antoinette (1774-1792) avec le cachet C.T (Château de Trianon surmonté de la couronne royale) frappé sur le feuillet de titre et sa nièce Marie-Amélie de Bourbon (1782-1866), épouse du roi Louis-Philippe, avec son chiffre couronné répété cinq fois sur les plats.
Grand in-12 de (2) ff., 231 pp., (1) p., (4) ff.
Veau marbré orné au centre des plats du chiffre M.A. de la reine Marie-Amélie des Français sous couronne royale dans un encadrement finement décoré de rinceaux et fleurs de lys dorées et écoinçons au petit fer, dos lisse orné de feuillages et de fleurs de lys dorées, pièce de titre en maroquin vert, filet or sur les coupes, tranches rouges. Reliure de l’époque.
193 x 122 mm.
Leibnitz, Gottfried Wilhem. Institutions léibnitiennes, ou Précis de la Monadologie.
Lyon, frères Périsse, 1767.
Edition originale fort rare de cette analyse de la philosophie de Leibnitz.
Sigorgne’s Institutions Leibnitiennes (1767) contributed to the more informed discussion of German philosophy in France » (DSB XII, p.430).
« Since the investigations of Russell and Couturat it has become clear that Leibnitz’ theory of monads is characterized by an attempt to discuss metaphysical questions within a framework of logical distinctions. The thoey of monads may be seen as a sustained effort to present in « cosmological » completeness a systematic unified structure of knowledge on the basis of a logical reconstruction of the concept of substance. The term « monade » played an important role with Wolff, Baumgarten, Crusius and, at the beginning, with Kant, then later with Goethe and Solger. Vitalism in its various forms, including the « biological romanticism » of the nineteen century, embraced in general the biological interpretation of the theory of monads » (DSB, VIII).
« Est de vous, Monsieur, que je tiens le peu que j’ai de connoissances en Philosophie : c’est à vous que j’adresse les observations de ce genre que j’ai faites en Allemagne. C’est un tribut de reconnoissance dont je m’acquitte & j’ai lieu de croire que vous lirez avec plaisir le récit que je vais vous faire des conversations que j’ai eus dans ce pays-là avec les célèbres Professeurs des plus fameuses Universités.
Ils sont tous ou la plupart Partisans de Leibnitz, & c’est une chose que j’ai admirée, qu’une Philosophie ou ignorée ou méprisée en France, soit reçue avec respect & enseignée avec enthousiasme dans une des plus grandes parties de l’Europe. Est-ce l’effet du préjugé, de l’intérêt mal entendu d’une vanité nationale, ou comme les Allemands le croient & le supposent, le fruit d’une grande patience dans le travail, dans la décomposition des idées & dans leur déduction ? vous en jugerez.
On connoît quelque chose en France de cette Philosophie, par le Traité des Systèmes de M. l’Abbé de Condillac, & par les Institutions Physiques de Mme du Châtelet ; mais soit que les Allemands aient changé ou poussé les choses plus loin depuis le célèbre Wolf, soit que tous ils ne soient pas parfaitement d’accord, soit que ces Auteurs n’en aient pas parfaitement saisi l’idée ; il est certain qu’on ne connoît que fort peu cette philosophie par ces Ouvrages. Je vais tâcher de vous en convaincre par les différentes conférences que j’ai eues en 1750 avec M. Canz, célebre professeur de Tubinge. C’est de celles-là principalement dont je vous parlerai, parce que c’est avec M. Canz que j’ai conversé le plus & que c’est de lui que j’ai le mieux appris le fond du système ».
Précieux volume portant le cachet royal C.T (Château de Trianon) surmonté de la couronne royale provenant de la Bibliothèque personnelle de la Reine Marie-Antoinette au Château de Trianon.
Marie-Antoinette encouragea les arts, en soutenant Gluck contre la cabale et la routine, les lettres, en protégeant Chamfort et Delille, et elle se montra, dans la longue agonie des mauvais jours, la digne fille de la grande Marie-Thérèse.
Sa bibliothèque était une des plus considérables du temps, et si les pièces de théâtre, les romans, et parmi ceux-là, les petits livres à la mode, dont l’esprit de parti a cherché, de nos jours, à faire une sorte de scandale, bien qu’ils fussent alors entre les mains des femmes les plus honnêtes et les plus vertueuses, y figurent en grand nombre, il serait injuste d'oublier que les chefs-d’œuvre de l'esprit humain y tiennent la première place avec Pascal, Bossuet, Fénelon, Bourdaloue, Massillon, Boileau, Jean-Baptiste Rousseau, Corneille, Molière, Racine, Regnard, Voltaire, et tant d'autres, dont on retrouvera les noms en parcourant le catalogue.
Les volumes qui garnissaient les armoires du petit Trianon sont restés, en grande partie, à Versailles ; quelques-uns sont venus grossir le riche contingent de la Bibliothèque Nationale, d'autres ont été transportés, lors de la création des écoles centrales de département, c'est-à-dire en 1795, à Périgueux et à Bourges, et versés plus tard dans les bibliothèques publiques. Ils sont modestement reliés en veau porphyre.
Ce précieux volume entra ensuite dans la bibliothèque de la reine des Français Marie-Amélie de Bourbon (1782-1866), nièce de la Reine Marie-Antoinette et épouse du roi Louis-Philippe Ier (1809-1850) qui fit apposer son chiffre couronné aux angles et au centre des plats et ajouter une fine dentelle fleurdelysé.
