Les Essais
Superbe exemplaire de « cette jolie édition très recherchée » (Tchémerzine) des Essais de Montaigne provenant de la bibliothèque personnelle de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) portant par deux fois son ex-libris manuscrit Bibliothecae Colbertinae.
3 in-12, maroquin rouge, encadrement de 3 filets dorés sur les plats avec fleuron d’angle, dos à nerfs ornés de roulettes dorées, coupes décorées, tranches dorées. Reliures de l’époque.
155 x 89 mm.
Montaigne, Michel, Seigneur de. Les Essais. Nouvelle édition exactement purgée des défauts des précédentes, selon le vray original : et enrichie et augmentée aux marges du nom des Autheurs qui y sont citez et de 1a Version de leurs Passages.
Bruxelles, François Foppens, 1659.
« Jolie édition très recherchée des « Essais de Montaigne », imprimée à Bruxelles par Fr. Foppens » (Tchemerzine, IV, 905).
« Montaigne n’a cessé d’annoter ce qu’il avait écrit et ces annotations qui parfois d’ailleurs contredisent quelque peu le texte primitif font partie des Essais tels que nous les lisons (…) Les Essais qui ont assimilé et nous ont transmis sous une forme abordable tout l’acquis de l’Antiquité sont en même temps la première en date et la plus décisive des œuvres modernes » (Dictionnaire des Œuvres).
« Les Essais sont un des livres les plus importants de la période prémoderne. A la suite d’Erasme, mais en langue vulgaire, Montaigne y dresse un inventaire de l’humanisme. L’Apologie prend parti sans détour contre les certitudes, le fanatisme et l’intolérance. A l’étranger, l’influence de Montaigne sera considérable. » (Dictionnaire des lettres françaises).
Exceptionnel exemplaire de Jean Baptiste Colbert, portant par deux fois son ex‑libris manuscritBibliothecae Colbertinae.
« Les exemplaires qui conservent de grandes marges (de 150 à 160 mm de hauteur) sont beaucoup plus chers » (Brunet III, 188).
Splendide exemplaire, grand de marges (hauteur 155 mm), revêtu d’un très élégant maroquin du temps.
L’exemplaire A. Martin mesurait (151 mm) ; l’exemplaire Nodier, en maroquin (150 mm) ; Giraud (150 mm), vélin ; Bordes (149 mm), maroquin de Duru ; maroquin de Padeloup, aux insignes de Longepierre (155 mm) ; maroquin ancien de Padeloup, mais un peu court (142 mm), 1 650 Fr au cat. Morgand et Fatout 1877 ; l’exemplaire Desq, en maroquin de Derome (152 mm) ; l’exemplaire Yemeniz en maroquin de Derome (151 mm) ; l’exemplaire Lebœuf de Montgermont en maroquin de Capé (150 mm)...
« La bibliothèque de Colbert, créée à l’aide du savant Carcavi, jouissait dès 1662 d’une réputation telle que les savants de l’Europe demandaient comme une faveur insigne d’être admis à la visiter » (Guigard).
A la mort de Colbert, sa bibliothèque passa entre les mains de son fils aîné Jean Baptiste Colbert, marquis de Seignelay ; elle échut ensuite à Jacques Nicolas Colbert, frère du précédent, archevêque de Rouen, puis à Charles Éléonore Colbert son neveu, qui dispersa les livres imprimés, lors d’une vente publique en 1728.
Précieux et émouvant exemplaire en belle reliure de l’époque de la plus jolie des éditions parues du vivant de Colbert et l’un des textes les plus importants de sa prestigieuse bibliothèque.



