Philosophiae rationalis

Campanella, Tommaso
Paris, Jean Du Bray, 1638.
Prix : 15 000 €

« First edition of a philosophical treatise on grammar, logic, rhetoric, poetics, and historiography, published the year before Campanella’s death. His notion of philosophical or general grammar influenced the attempt to construct a universal language in John Wilkins’s 1668 Essay towards a Real Character » (DSB XV, 68-70).

Précieux exemplaire conservé dans son vélin de l’époque.

In-4 de (5) ff., 152 pp., (1) f., 491 [pour 397], (1) f., 258, (1) f.
Vélin souple, titre calligraphié au dos lisse. Reliure de l’époque.

220 x 155 mm.

Campanella, Thomas. Philosophiae rationalis partes quinque videlicet : grammatica, dialectica, rhetorica, poetica, historiographia.
Paris, Jean Du Bray, 1638.

Édition originale rare de l'ouvrage majeur de Campanella, le « phœnix de tous les philosophes & politiques » (Gabriel Naudé), écrit en prison. 
Brunet, I, 1520 ; Graesse, II, 28 ; R. Arbour, L’ère baroque en France, II, n°16394 ; J. Delumeau, Le mystère Campanella.

Cette œuvre, l’une des plus importantes de l’auteur, contient son Art poétique.

Campanella (1568-1639), libéré en 1596, s’attaqua de nouveau à la hiérarchie ecclésiastique corrompue, et ce fut alors que germa en lui l’idée de la Cité du soleil ou l’idée d’une république philosophique, anticipation curieuse. Deux fois trahi, Campanella fut arrêté, simula la folie, sauva sa tête au prix d’abominables tortures et, condamné à la réclusion perpétuelle, fut emprisonné au château de l’Œuf à Naples. Dans son cachot, il se remit à écrire des traités politiques pour rester en contact avec le monde extérieur. C’est l’époque où, bien que cela fût dangereux pour lui, il écrivit son Apologie de Galilée.
Par la suite il consacra ses efforts à faire triompher sa doctrine politique et religieuse. Campanella s’adresse d’abord à l’Espagne, traditionnellement docile à la papauté, dans son traité De la monarchie d’Espagne [De Monarchia hispanica], et écrits divers jusqu’en 1608 ; il se tourna vers la France dont l’influence en Europe était alors prépondérante, et composa une longue épître à Louis XIII, publiée à Paris en 1636, où Campanella se rendit dès qu’il fut libéré.
C’est d’ailleurs à Paris que mourut cet homme exceptionnel.

« Campanella, qui subit sept fois la torture, se fit l’ardent rénovateur de la philosophie libérale contre Aristote. C’est l’un des martyrs du Fanatisme aveugle et cruel » (Les mondes imaginaires…, C. Flammarion, p.329).

Tommaso Campanella (1538-1639), « cet homme exceptionnel, l’un des personnages les plus marquants de la renaissance italienne » (Dictionnaire des auteurs), se mit à combattre la doctrine d’Aristote alors en grande faveur. S’enthousiasmant pour l’enseignement de Bernardino Telesio, il le rejoint à Naples. C’est là qu’il sera arrêté pour la première fois inculpé de « rationalisme télésien ». Il rencontre Galilée à Bologne, puis est à nouveau accusé d’hérésie et envoyé au château de Saint-Ange où il se trouve incarcéré en même temps que Giordano Bruno.
L’inquisition le condamna et il passa 27 ans en prison où il écrivit ses principaux traités politiques et philosophiques.

Campanella appartient à l’histoire de nos lettres par l’influence qu’il a exercée sur la pensée française.
Héritier des humanistes du XVIe siècle, le philosophe est un des initiateurs de la méthode expérimentale ; Mersenne, Descartes, Gassendi ne l’ont pas lu en vain.

Précieux exemplaire conservé dans son vélin souple de l'époque.

Ex-libris manuscrit et cachet de bibliothèque sur la page de titre.