Le Nouveau Testament
Merveilleux volumes conservés dans leur éclatante reliure en maroquin de l’époque aux armes de Louise-Elisabeth de Bourbon-Condé (1693-1774).
2 volumes in-12, maroquin rouge, triple filet doré, armoiries au centre, dos orné, fleur de lis répétée dans les caissons, roulette intérieure, doublure et gardes de papier doré orné d'un décor végétal peint au pochoir, tranches dorées sur marbrure. Reliure de l'époque.
166 x 97 mm.
[Bourbon-Condé], Louise-Elisabeth de (1693-1774). Nouveau Testament (Le) de Notre-Seigneur Jésus-Christ, traduit en François selon la Vulgate par Le Maistre de Sacy.
Paris, Guillaume Desprez et Jean Desessartz, 1730.
Très bel exemplaire en maroquin aux armes de Louise-Elisabeth de Bourbon (1693-1774), épouse du prince de Conti, gouverneur de Poitou, mort en 1727.
La princesse de Conti aimait passionnément les livres et sa bibliothèque est l'une des plus remarquables du siècle. On y trouve de très belles reliures à mosaïque et un grand nombre de volumes doublés de maroquin. Son catalogue a été publié par Prault fils en 1775, il contient 1711 numéros (Quentin Bauchart, Les femmes bibliophiles, II, pages 26-36).
Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé, fille de Louis III, prince de Condé, duc de Bourbon, et de Louise-Françoise de Bourbon, dite Mademoiselle de Nantes, est née le 22 novembre 1693. Mariée le 4 juillet 1713, à Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti, elle devint veuve en 1727, et mourut en 1774, ou au commencement de l'année 1775.
Princesse de beaucoup d'esprit, « jolie, gaie et originale, dit la Palatine, elle avait la riposte vive, et son triste époux, personnage contrefait et d'humeur bizarre, dont on disait qu'il était le mari de bien des femmes et la femme de bien des maris, lui ayant recommandé, un jour qu'il partait pour sa propriété de l'Ile-Adam, de ne pas le tromper en son absence, elle lui répondit qu'il pouvait s'en aller tranquille, et qu'elle n'y pensait jamais qu'en le voyant.
« N'oubliez pas, lui disait-elle encore dans une autre circonstance, que sans vous je puis faire des princes du sang et que vous n’en pouvez faire sans moi. »
Son beau La Fontaine, avec les figures d'Oudry, qui fait aujourd'hui partie du cabinet du duc de Chartres, sortait incontestablement de l'atelier de Padeloup, et la dorure à dentelles, qui recouvre ces quatre grands volumes in-folio, est une des plus belles qu'il ait exécutées.
Merveilleux volumes conservés dans leur éclatante reliure de l’époque.
