La Sainte Bible traduite en françois par M. de Sacy
Brillant exemplaire relié à l’époque – selon R. Esmérian – par l’atelier parisien des Caumartins
aux armes de Mademoiselle de Blois (1695-1719), morte à l’âge de 24 ans,
de la bible en français révisée par Pascal, Sacy et Nicole.
De la bibliothèque de Charles-Maurice de Pourtalès.
7 tomes reliés en 9 volumes in-12, maroquin rouge, roulette dorée encadrant les plats avec fleurons d’angle, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs finement orné, coupes décorées, tranches dorées, gardes de papier d’Augsbourg. Reliure de l’époque identifiée par R. Esmérian comme issue de « l’Atelier des Caumartins II ».
160 x 93 mm.
Première édition – fort rare – elle a échappé à Brunet et à Deschamps - de la bible en français révisée par Pascal, Sacy et Nicole, éditée à Anvers en 1700, en 7 tomes.
Sacy est emprisonné à la Bastille le 13 mai 1666 et il y restera jusqu’au 14 novembre 1668. Il profite de ces loisirs cloîtrés pour achever la traduction de l’Ancien Testament commencée par son frère Antoine à partir de la Vulgate, et devient ainsi le maître d’œuvre d’une traduction en langue française de la bible, dite « Bible du Port-Royal » ou « Bible de Sacy ». Après sa libération, Louis-Isaac consacre une grande partie de son temps à la révision de sa traduction et à la rédaction des Commentaires dont il veut accompagner chacun des livres de la Bible.
De 1672 à 1684, date de sa mort, Louis-Isaac Lemaistre de Sacy publie dix livres supplémentaires de la Bible. Utilisant les manuscrits laissés par de Sacy, son disciple, Pierre Thomas du Fossé (1634-1698) poursuivra cette tâche, et en entreprendra la publication, étalée entre 1685 et 1693.
En 1696, paraît La Sainte Bible contenant l’Ancien et le Nouveau Testament.
La traduction de Le Maistre de Sacy fut vraiment la première traduction de la Bible accessible au grand public qui ne connaissait pas le latin.
A la mort de son frère (1658), Louis-Isaac entreprend donc avec ses amis de Port-Royal, tels que Blaise Pascal, Robert Arnauld d’Andilly, Pierre Nicole, Pierre Thomas du Fossé et autres, sa révision et la complète avec les autres livres contenant des textes en grec dans le Nouveau Testament. Cette nouvelle traduction sera publiée, sans nom d’auteur, à Mons en 1667. Elle prendra le nom de « Nouveau Testament de Mons ».
Ces exemplaires sont offerts à des personnalités en vue de l’aristocratie.
Remarquable exemplaire relié à l’époque aux armes de Mademoiselle de Blois, revêtu d’une belle reliure parisienne identifiée par R. Esmérian comme issue du brillant atelier des Caumartins.
Marie-Louise-Elisabeth d’Orléans, fille aînée de Philippe, régent de France, et de Françoise-Marie de Bourbon dite Mademoiselle de Blois, naquit à Versailles le 20 août 1695 et fut mariée le 6 juillet 1710 à Charles, duc de Berry, troisième fils du Grand Dauphin, qui mourut le 4 mai 1714 et à qui elle donna trois enfants morts très jeunes. Douée d’un esprit vif, mais dépourvue de beauté, hautaine et ambitieuse, elle mena une vie fort déréglée et mourut au château de la Muette le 21 juillet 1719.
Provenance : bibliothèque de Charles-Maurice de Pourtalès (ex-libris).



