De Civitate Dei

Saint Augustin

Rare troisième édition vénitienne de La Cité de Dieu de Saint-Augustin, l’un des textes fondateurs de la culture européenne.
Bel exemplaire, imprimé sur papier fort, conservé dans sa reliure ancienne.

In-folio de 305 ff., sans le feuillet final blanc. Texte à double colonne de 46 lignes, en caractères gothiques.

Vélin ancien, dos à nerfs avec titre calligraphié, tranches mouchetées, trous de ver sur 2 ff. avec perte de qq. lettres. Reliure ancienne.

273 X 200 mm.

Saint-Augustin. De Civitate dei.

Venice, Gabriele di Pietro, 1475.

Rare troisième édition vénitienne de La Cité de Dieu de Saint-Augustin, l’un des textes fondateurs de la culture européenne.

Goff A-1236; HC 2052; BMC v 201; BSB-Ink A-857; Bod-inc A-523; GW 2880; Grosjean & O'Connell 11

Rare an early edition, the seventh, of The City of God.

Unusually, the printer's name also appears in the headline on the first page of the text.

In “The City of God” theology is shown in relation to the history of mankind and God’s action in the world is explained. The book remained authoritative until the seventeenth and eighteenth centuries, when Bossuet was the last “Augustinian” historian. The idea of international law was partly derived from the book; Grotius cites St Augustine. Both Luther and Calvin took Augustine as the foundation of Protestantism next to the Bible itself” (PMM, 3 (for the 1467 edition)).

« La Cité de Dieu est l’apologie du Christianisme, écrite par Saint-Augustin (354-430) vers la fin de sa vie. C’est à la fois une philosophie de la société humaine dans son devenir historique, une métaphysique de la société et une interprétation de la vie individuelle et sociale, à la lumière des principes fondamentaux du Christianisme. Le livre fut écrit en réponse à l’accusation formulée par les Païens en 410, qui prétendaient que le sac de Rome, infligé par les Goths d’Alaric, était la conséquence de l’abandon du culte des dieux traditionnels, abandon qui avait été imposé par le Christianisme.

La Cité de Dieu est, selon l’opinion universelle, l’œuvre qui exprime le mieux la personnalité multiple d’Augustin, à la fois exégète, métaphysicien, psychologue et théologien. Ce qu’il avait fait dans Les Confessions pour l’individu, Augustin le fait dans La Cité de Dieu pour la société humaine.

Dans son développement, Augustin a mis en valeur la tradition apologétique de Tertullien à Origène, en la revivant avec sa vaste expérience de penseur et d’évêque, en en élargissant les perspectives, en en faisant une interprétation de l’histoire de l’humanité. C’est pourquoi cette histoire a exercé une influence profonde sur toutes les époques et sur tous les individus curieux et inquiets de leur propre destin. C’est pourquoi aussi, dans les polémiques du Moyen Age entre la Papauté et l’Empire, on a voulu puiser dans cette œuvre ; c’est pourquoi, de Bossuet à Balbo, tous ceux qui se sont à nouveau penchés sur le problème de l’histoire, se sont tournés vers Saint-Augustin ; c’est pourquoi, malgré le développement des sciences théoriques, « la Cité de Dieu » reste encore un livre vivant, qui ne cesse de trouver des lecteurs.

Ce fut le premier livre imprimé en Italie (1467, à Subiaco) et nous savons combien ensuite l’Humanisme en sentit le charme profond, comme le sentirent aussi les Réformateurs, Pascal et Kierkegaard ».

Ce chef-d’œuvre chrétien d’une grande précocité exerça une influence considérable tant sur la pensée médiévale que sur la pensée de la Renaissance.

Luther, Calvin, Voltaire, et nombre de théologies et de philosophies furent inspirées par cet écrit majeur.

Comme la Bible, La Cité de Dieu fut utilisée comme support et comme source de développement de points de vue opposés tant théologiques, qu’historiques, politiques et philosophiques.

Ce fut l’un des tout premiers textes imprimés en Italie, en 1467 à Subiaco, et plusieurs douzaines d’éditions se succédèrent tout au long du XVe siècle.

Bel exemplaire, grand de marges, imprimé sur papier fort, en reliure ancienne, de ce grand texte fondateur.

Provenance : Milltown Park Library et Gulielmi O’Brien, avec ex-libris.

Vendu