De Fuga Mulierum. De Continentia. De Contemptu Mundi.

Saint Augustin

Précieuse et rarissime édition originale incunable de six sermons de Saint-Augustin imprimée vers 1469-1470 par Ulrich Zell, premier imprimeur de Cologne.

In-4 de (24) ff. ; complet, minimes restaurations de papier sans atteinte au texte à l’angle supérieur de huit feuillets, rubriqué en rouge. Vélin ivoire moderne.

210 x 150 mm.

Augustinus Aurelius Hipponensis (354-430). De fuga mulierum. De Continentia. De Contemptu mundi. Epistola ad Paulinum presbyterum. Sermo de vita et moribus clericorum.

Sermo secundus de vita et moribus clericorum.

Cologne, Ulrich Zell, c. 1469-1470.

Edition originale rarissime de six sermons de Saint-Augustin imprimée par Ulrich Zell vers 1469-1470.

ISTC, Ia01279000 ; GW, 2955 ; Hain HC, 1962 ; Goff, A-1279 ; Pellechet, 1470 ; Proctor, 861 & BSB-Ink C-32 ; CIBN A-733 ; IGI, VI 1000-A ; Oates, 358-9 ; Sheppard, 647-8 ; Rosenthal, 6144 ; Voulliéme, Köln, 212.

nalyse du contenu :

« [a1r] Augustinus [pseudo-; Caesarius Arelatensis] : “De fuga mulierum.”[Also known as De honestate mulierum] [sermon 41]. PL XXXIX 2301-5. ed. G. Morin, CCSL 103 (1953), 179-84. See CPL 1008 and CPPM 1078. CCSL ascribes to Caesarius of Arles.

[a4r] Augustinus [pseudo-; Caesarius Arelatensis]: [Sermo 43.] ed. G. Morin, CCSL 103 (1953), 189-94. See CPPM 1074.

[a6v] Augustinus [pseudo-]: Sermo de contemptu mundi. PL XL 1215-18. See CPPM 1121.

[b3v] Hieronymus : Epistola ad Paulinum presbyterum. Incipit : 'Obsecrote, Pauline karissime, ut multitudines hominum et salutaciones…

[b5r] Augustinus : Sermo de vita et moribus clericorum [sermon 355]. PL XXXIX 1568-74. See CPL 284.

[c1v] Augustinus : Serrno secundus de vita et moribus clericorum [sermon 356]. PL XXXIX 1574-81. See CPL 284 ».

Plusieurs des sermons de Saint-Augustin comptent parmi les plus belles exégèses que possède l’Eglise.

Saint Augustin est des Pères de l’Eglise celui autour duquel le monde chrétien a le plus âprement disputé : catholiques et protestants, jansénistes et jésuites se sont également abrités derrière son autorité pour faire triompher leurs doctrines. La pensée même de saint Augustin se prêtait d'ailleurs à d'inépuisables interprétations : il n'est pas jusqu'à l'Inquisition qui ne se soit réclamée de lui, en raison de sa définition détaillée de l'usage des supplices en matière religieuse. Mais le point de sa doctrine qui a alimenté de tous temps les polémiques les plus véhémentes est celui de la prédestination et de la grâce. L’humanité est aux yeux de saint Augustin si radicalement enfoncée dans le péché que sa nature lui interdit toute aspiration vers le bien. Le salut ne peut donc être que l'œuvre de Dieu seul. Cette doctrine n’a jamais été intégralement admise par le catholicisme. Parmi les réformés, Luther soutint la prédestination, et Mélanchthon sur ce point se sépara de lui, voyant dans le salut l'effet d'une coopération entre l'homme et Dieu ; Calvin, lui, formula le dogme avec une impitoyable logique, et c’est là la source d'innombrables conflits entre les différentes sectes réformées. On sait que Jansenius par son Augustinus fut à l'origine de la querelle qui au XVIIe siècle opposa sur ce problème les gens de Port-Royal et les jésuites.

(Michèle Federico Sciacca).

Ulrich Zell apparaît en 1453 dans le registre matricule sous le nom de « Ulrich de Hanauw ». Il apprend la technique de la typographie à Mayence dans l’atelier de Peter Schoeffer et Johann Fust, et doit sans doute quitter la ville comme beaucoup d’autres imprimeurs, après le sac de la ville, dans la nuit du 28 octobre 1462, par les troupes de l’archevêque Adolphe de Nassau.

Il est le premier imprimeur à faire fonctionner une presse à Cologne.

En 1471, il achète la maison « Lyskirchen » où il installe son imprimerie. En 1478, il est cité dans un acte de la ville de Cologne comme « unse burger », ce qui indique qu’il a été reçu comme bourgeois de la ville.

On attribue environ 140 impressions à Ulrich Zell jusqu’en 1502 : neuf seulement portent son nom au colophon ; on identifie les autres grâce aux caractères employés ; et il en a sans doute imprimé davantage.

Il s’est surtout spécialisé dans l’impression de livres théologiques destinés à un public universitaire ; il publie aussi des textes classiques latins et quelques humanistes.

En 1499, le rédacteur anonyme de la Chronique de Cologne en allemand, dans le passage consacré à l’imprimerie dont il attribue l’invention à Gutenberg, dit que « les débuts et les progrès de cet art m’ont été racontés de vive voix par l’honorable homme et maître Ulrich Zell de Hanau, encore imprimeur de livres à Cologne à notre époque 1499, par lequel cet art est venu à Cologne ».

Précieux exemplaire, très pur, plus grand de marges encore (210 x 146 mm) que le bel exemplaire AA. Renouard et Bodleian (198 x 135 mm).

Copies : Harv. CL ; HEHL ; LC ; NewL ; PML . UIIIL ; YUL.

Vendu