De la démocratie en Amérique
« Témoignage d’une ancienne et sincère amitié, Alexis de Tocqueville ».
Précieux et rarissime exemplaire De la Démocratie en Amérique avec un important envoi autographe à son ami de longue date et confrère Ernest Forestier Boinvilliers, sans rousseur, en belle reliure de l’époque.
2 volumes in-12 de : I/ 1 carte dépliante, (2) ff., 369 pp. ; II/Faux-titre, titre, 430 pages.
Demi-veau bleu, dos à faux-nerfs orné, tranches jaspées. Reliure de l’époque.
159 x 101 mm.
Tocqueville, Alexis de. De la Démocratie en Amérique. Cinquième édition revue et corrigée.
Paris, Librairie de Charles Gosselin, 1836.
Première édition in-12De la Démocratie en Amérique revue et corrigée par Alexis de Tocqueville, d’une insigne rareté.
Exceptionnel exemplaire dénué de rousseur offert par Tocqueville a son ami de longue date Eloi-Ernest Forestier Boinvilliers, né à Beauvais s en 1799.
Avocat dès 1822, il s’occupa fort activement de politique, conspira contre les Bourbons, fut aide de camp de La Fayette lors de la révolution de Juillet, et devint avocat de la ville de Paris et représentant à l’Assemblée législative (1849) où il vota constamment avec la majorité monarchique. Après le 8 décembre, il a été appelé au conseil d’Etat dont il fut un des membres les plus distingués jusqu’en 1864. Depuis cette époque, M. Boinvilliers fit partie du Sénat.
L’exemplaire fut offert dans sa brochure de l’époque avec cet envoi autographe de Tocqueville sur le faux-titre du premier volume : « Témoignage d’une ancienne et sincère amitié, Alexis de Tocqueville » puis Boinvilliers le fit relier en demi-veau bleu de l’époque et apposa ses deux ex-libris : « Bibliothèque de M. Boinvilliers ».
« Alexis de Tocqueville se rattachait du côté paternel à l'ancienne noblesse normande, du côté maternel à la noblesse de robe parisienne. Son père fut préfet sous la Restauration. Dès sa jeunesse, il se posa le problème autour duquel allait graviter sa pensée : les sociétés occidentales étant entraînées par un mouvement « providentiel » vers une démocratie égalitaire, l’homme saura-t-il y conserver sa liberté ? Alors qu’ils étaient magistrats à Versailles, son ami Gustave de Beaumont et lui-même se firent confier la mission officielle d'aller étudier le système pénitentiaire des États-Unis (1831-1832). Tocqueville put ainsi observer concrètement la démocratie dans le seul grand pays alors en république.
En janvier 1835 il publia « De la Démocratie en Amérique » (Gosselin, 2 volumes) où il décrivait la société politique américaine et concluait que la liberté humaine pouvait surmonter les périls présentés par la société nouvelle. En avril 1840, Tocqueville publia la suite de l’ouvrage (2 volumes) consacrée à la « société civile ». Si la portée des volumes de 1835 dépassait déjà la seule Amérique, cette fois celle-ci ne faisait guère que fournir des exemples. L’auteur en réalité, avec une audace novatrice, construisait un « idéal-type » de société démocratique au sein de laquelle il s’efforçait d’imaginer l’horizon intellectuel et sensible, et les mœurs du futur homo democraticus. Il n’est pas étonnant que, si la Démocratie de 1835 avait connu un vif succès, celle de 1840 déconcerta le public cultivé. Tocqueville voyait dans son ouvrage un prélude et un guide à l’action politique. Député ou représentant du peuple de 1839 à 1851, ministre des Affaires étrangères 1849, il considéra cependant sa carrière comme un échec, sa déception de n'avoir pas été un homme d’État transparaît dans ses Souvenirs. Sous le Second Empire il reprit la méditation qui était le fondement la Démocratie en Amérique sous forme suivante : pourquoi, tandis que l’Amérique était passée sans heurt de la société aristocratique à société démocratique, la France s’attardait-elle dans la phase transitoire des révolutions ? Il pensait trouver solution de ce problème dans une étude centrée sur la période révolutionnaire et impériale, mais ne put faire paraître que le premier volume, L’Ancien Régime et la Révolution (1856) car il mourut à Cannes le 16 avril 1859 » (André Jardin).
Précieux, beaux et rarissimes volumes en reliure de l’époque, purs et sans rousseur, avec un envoi autographe de grand intérêt.
Avocat illustre qui défendit les Quatre Sergent de La Rochelle, Ernest Forestier Boinvilliers (1799-1886) se battit sur les barricades en juillet et fut capitaine aide de camp de Lafayette. Il fut l'un des fondateurs de la Charbonnerie et il contribuera au processus de l'unification de l'Italie. (En France le mouvement est opposé à la Restauration et La Fayette faisait partie de ce mouvement).
Tocqueville en 1830 le décrit comme "une âme ardente". Il déclare à Tocqueville en 1830 qu'il a pris part à la conspiration du général Berton, tentative carbonariste du 24 février 1822. Dès 1831, il abandonne ses convictions républicaines et est nommé sénateur par décret impérial en 1864.



