Dictionnaire philosophique portatif
Édition originale d’une insigne rareté de l’un des plus grands textes du Siècle des Lumières, le maître-livre de Voltaire pour « écraser l’infâme ».
« Le retentissement du Dictionnaire philosophique fut immense, c’est autour d’œuvres comme celle-là que devaient se former la philosophie voltairienne, l’esprit voltairien » (Guy Schoeller).
L’un des seuls exemplaires répertoriés conservé dans sa reliure armoriée de l’époque avec celui de Jean Bonna.
In-8 de VIII et 344 pp.
Veau havane marbré, triple filet doré encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin, tranches marbrées. Reliure armoriée de l’époque.
189 x 115 mm.
Voltaire. Dictionnaire philosophique portatif.
Londres (Genève), 1764.
Édition originale condamnée, à peine parue, à la destruction par le feu à Genève et à Paris. Voltaire entendait avec cet ouvrage « écraser l’infâme », c’est-à-dire les superstitions et les dogmes de l’Église.
D’une insigne rareté, ce texte, l’un des plus grands du siècle des lumières, fut le maitre-livre de Voltaire.
« Le « Dictionnaire philosophique » de Voltaire, brûlé à Genève par la main du bourreau, le 26 septembre 1764 fut condamné par arrêt du Parlement de Paris, du 19 mars, et par décret de la cour de Rome, du 8 juillet 1765 (voy. Index librorum prohibitorum, Modoetiae, 1850, P. 118). On sait qu’en 1766, lors du supplice du chevalier de La Barre, le Dictionnaire philosophique, qu’on avait trouvé dans sa bibliothèque, fut livré aux flammes en même temps que les restes mutilés du malheureux chevalier » (Bengesco).
L’idée du dictionnaire serait née au cours d’un souper avec Frédéric II à Postdam, le 28 septembre 1752 et, à l’origine, l’œuvre devait être collective.
« Le plus grand nombre des articles porte sur la religion, et leurs titres sont assez éloquents en eux-mêmes : Athéisme, Fanatisme, Miracles, Persécution, Superstition, Tolérance. Chacun d’eux est une discussion parfois sérieuse, parfois indignée, le plus souvent malicieuse. Voltaire ne s’attaque plus seulement au clergé, mais il attaque de face la religion, le dogme ; il veut démontrer que même si les Livres saints ne sont pas falsifiés, ils sont absurdes et immoraux. Il ne va pas cependant jusqu’à l’athéisme. En désaccord avec d’Holbach et même Diderot, il reconnaît l’existence d’un Dieu, architecte de l’univers. Une autre série plus courte est consacrée à la politique : De la Liberté ; Des Lois ; Guerre ; Etats ; Gouvernement, quel est le meilleur ; Tyrannie. Voltaire s’y montre comme à l’accoutumée le défenseur de la liberté de penser et du régime constitutionnel.
Les thèses exposées dans Le Portatif furent développées par Voltaire dans l’Evangile de la Raison (1764). Le Recueil nécessaire (1768) enfin, de 1770 à 1772, dans les neuf volumes de Questions sur l’Encyclopédie. Dans ces œuvres comme dans Le Portatif, Voltaire s’affirme philosophe dans un sens spécial. Ce n’est pas un spéculatif, c’est un moraliste et un moraliste pratique. Nulle rigueur scientifique dans ses exposés, pas de longs raisonnements, mais des saillies, des moqueries, des attaques : ses moqueries sont toujours efficaces et ses attaques portent. En fait, Voltaire s’y affirme comme un pamphlétaire, comme un journaliste de génie. Le retentissement du Dictionnaire philosophique fut immense, c’est autour d’œuvres comme celle-là que devaient se former la philosophie voltairienne, l’esprit voltairien » (Guy Schoeller).
Les œuvres majeures brûlées et condamnées tant par le Parlement que par Rome se trouvent fort rarement en reliure d’époque armoriées.
En 2016, l’exemplaire reliés en simple maroquin non armorié était adjugé 26 317 €. Seul Jean Bonna semble conservé un exemplaire en reliure d’époque armoriée.
Précieux et bel exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque aux armes deLouis-Antoine du Prat, marquis de Barbançon (1714-1777), premier veneur du duc d’Orléans (1752), Lieutenant général en 1758.
