Lettres américaines sur les Parlements
Rare édition originale de cette importante œuvre de Voltaire contre les Parlements.
Séduisant exemplaire conservé broché, tel que paru.
In-12 de 44 pp. Exemplaire broché, tel que paru.
150 x 90 mm.
Voltaire. Lettres américaines sur les Parlements.
1770-1771.
Rare édition originale de cette importante œuvre de Voltaire.
« Depuis vingt ans les parlements nous inondent d’arrêts, d’arrêtés et de remontrances, pour nous persuader que Londres est à Paris ; que nous ne sommes plus français ; que nous devons détester la monarchie ; qu’ils sont faits pour être nos législateurs et nos maîtres. Il est temps que cet absurde système rentre dans les ténèbres d’où quelques esprits ennemis de la nation l’ont tiré, et qu’ils ont caché sous le manteau du bien public ».
Cet ouvrage rejoint les définitions de « maître » et de « tyrannie » que l’on retrouve dans le Dictionnaire philosophique : « Sous quelle tyrannie aimeriez-vous mieux vivre ? Sous aucune ; mais s’il fallait choisir, je détesterais moins la tyrannie d’un seul que celle de plusieurs ». C’est donc sans conteste le débat d’autorité qui est en cause ; un débat d’autorité qui agite le spectre d’une nation au-dessus du roi, via les parlements, dont le peuple est la victime. La justice, la vénalité, l’enrichissement et la corruption de la magistrature sont régulièrement en cause.
Ce pamphlet met en scène une correspondance fictive entre R** et T*** deux Américains originaires eu Port-au-Prince dans l'Isle de S. Domingue. Le premier réside à Paris depuis quelques années. Les lettres s’échelonnent du mois de décembre 1770 au mois d’avril 1771.
L’ouvrage prend position en faveur des réformes de René Nicolas Charles Augustin de Maupeou (1714-1792) alors ministre du roi Louis XV.
Pour mettre un terme à la guerre ouverte menée par les Parlements au pouvoir royal, Maupéou impose une série d’édits qui remodèlent le système judiciaire. Les parlementaires parisiens sont arrêtés et exilés, leurs charges confisquées puis rachetées par l'État. L'immense ressort du Parlement de Paris fut divisé en six circonscriptions avec au sein de chacune un Conseil supérieur. La réforme fut vivement combattue par l'ancienne magistrature ainsi que par la noblesse. Certains philosophes dénoncent ce « coup d'État » qui porte atteinte à la constitution de la monarchie. Mais elle est soutenue par Voltaire dans un premier temps, Arthur Young et d'autres personnalités qui détestaient les parlements, impliqués dans des affaires de corruption et responsables d'erreurs judiciaires retentissantes comme l'affaire Calas.
À son avènement, Louis XVI, sur les conseils de Maurepas, renvoie Maupeou, rappelle les anciens magistrats et rétablit les Parlements dans leur état antérieur, anéantissant la réforme du chancelier.
Selon les historiens contemporains, quand le jeune Louis XVI abandonna les réformes de Maupeou, il précipita la monarchie française dans un immobilisme dont elle ne se releva jamais.
Séduisant exemplaire de cette rare originale de Voltaire conservé broché, tel que paru.
Aucun exemplaire n’est répertorié sur le marché public international depuis le début des relevés, il y a plus de 35 ans (ABPC).
