Les Mémoires ou l'histoire des favoris françois
Édition originale de ces mémoires historiques décrivant les règnes de Charles IX, Henri III, Henri IV et Louis XIII par le marquis de Beauvais-Nangis acteur important à la cour d’Henri IV et de Louis XIII.
« Il s’agit du premier texte historique exclusivement consacré à Sully. » (L. Avezou).
Bel exemplaire conservé dans sa reliure en maroquin rouge attribuable à Derome, provenant de la bibliothèque E. Moura.
In-12 de (6) ff., 312 pp. ; plein maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse orné de fleurons dorés, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure attribuable à Derome.
140 x 80 mm.
Beauvais-Nangis. Les Mémoires ou l’histoire des favoris François. Auxquels l’on a joint des remarques sur l’Histoire de Davila & celle de Bentivoglio, sur l’Histoire des Flandres.
Paris, Cardin Besongne, 1665.
Édition originale de ces mémoires historiques contenant le « premier texte historique exclusivement consacré à Sully ».
Brunet, 23690 ; Bulletin Morgand et Fatout, 2035 ; Encyclopédie méthodique historique, IV, 11 ; Sully à travers l’histoire, L. Avezou, pp. 148-150.
On trouve en tête la Tableoù sont contenus les noms des favoris françois, & d'autres personnes mentionnées en ces discours :Anne de Montmorency, La maison de Guise, Louis de Bourbon Prince de Condé, le Maréchal de Retz, le Duc de Sully, Marie de Médicis Reine de France, le Cardinal de Richelieu, le Duc de Saint-Simon…
« On a des Mémoires de Beauvais Nangis, homme vertueux, qui vivait sous Henri III et sous Henri IV. Ce Nangis se fit l’honneur de conseiller à Henri d’oser faire juger le duc de Guise selon les lois, comme dans les commencements de la ligue il avait conseillé à Henri III de prévenir les desseins du duc de Guise. Il en était temps alors, le duc de Guise avait des projets vastes; la ligue naissante n’avait pas encore acquis ces forces redoutables sous lesquelles la fortune de Henri III pensa succomber. Nangis rapporte lui-même dans ses mémoires qu’ayant demandé un jour au duc de Guise ce qu’il prétendait faire si Henri III eût pris le parti sage de l’attaquer : « Me retirer en Allemagne, lui répondit le duc, en attendant une occasion plus favorable » » (Encyclopédie méthodique historique.)
Une notice de quatre pages est consacrée à Sully par le marquis de Beauvais-Nangis dans son ouvrage.
Pour le règne de Henri IV, l’auteur dénombre cinq favoris : Roger de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde, grand écuyer de France, Bouillon, Biron, Lesdiguières et Sully.
L’ensemble est révélateur de la difficulté à distinguer une figure prépondérante parmi les compagnons du Béarnais. Pour Henri III ou Louis XIII le problème ne se pose pas : Joyeuse et d’Epernon pour le premier, Luynes et Cinq-mars pour le second correspondent assez bien au concept de favori.
Mais aucun compagnon de Henri IV ne rend convenablement l’idée de dépendance réciproque et affective contenue dans le terme. Ce sont donc des compagnons d’arme qui remplissent ce rôle. Et Sully est le seul ministre distingué dans l’énumération. Les missions diplomatiques de Sully pendant les guerres de Religion étaient encore inconnues, de même que tout le cours de son existence avant son entrée au Conseil des finances en 1596.
« Beauvais-Nangis est le premier à faire allusion à « plusieurs négociations et mesme au traité de paix après que le roy se fut fait catholique, où il fut trouvé de grand sens et de bon jugement. » La notice de Beauvais- Nangis mérite de retenir l’attention. A proprement parler, il s’agit du premier texte historiqueexclusivement consacré à Sully. Classé parmi les favoris des rois, il est mis en valeur, d’emblée, dans sa relation particulière à Henri IV » (L. Avezou).
Beauvais-Nangis débuta à la cour par la charge modeste de « capitaine des toiles de chasses du Roi ».
Il avait de la discrétion ainsi qu’il le montra dans une occasion délicate. Un soir qu’il tenait une bougie à la main pour éclairer Henri IV qui jouait aux tarots, on apporta au Roi une lettre d’une de ses maitresses. Il commanda à Nangis d’approcher la bougie ; celui-ci, en éclairant le Roi, aurait pu facilement lire la lettre ; il affecta de détourner la tête ; Henri s’en aperçut et fut satisfait de cette marque de discrétion.
Précieux exemplaire conservé dans sa fine reliure en maroquin rouge attribuable à Derome.
Provenance : Bibliothèque Edouard Moura, avec ex-libris.



