Les anciennes et modernes généalogies des Roys de France
La critique moderne honore Jean Bouchet (1476-1557) du titre de « créateur des premiers sonnets de la littérature française, avant Clément Marot et Mellin de Saint Gelais. » (Jean-Paul Barbier).
Cette édition des Anciennes et modernes généalogies des rois de France achevée d’imprimer le 27 novembre 1531 est ornée de 57 portraits royaux gravés sur bois.
Vraisemblablement le plus bel exemplaire répertorié en main privée provenant des bibliothèques J. Coppinger ; Félix Solar ; L. Pottier ; E. Odiot (ex-libris) ; Baron Double (ex-libris) ; Génard (ex-libris) ; F. Soleil ; Maxime Le Bègue de Germigny ; Georges Andrieux ; M. Burrus.
In-4, gothique, de (14) ff. et 130 ff., maroquin rouge, compartiment de filets à froid, fleurons d’angles, motif central de fleurons dorés, dos orné, dentelle intérieure, tranches dorées. (Capé).
191 x 137 mm.
Bouchet, Jean. Les anciennes et modernes généalogies des Roys de France et mesmement du roy Pharamond avec leurs Epitaphes et Effigies. Et sont à vendre à Paris en la rue Sainct Jacques et à Poictiers au Pellican. Et a Limprimerie à la Celle et devant les Cordeliers par Jacques Bouchet Imprimeur audict Poictiers. [A la fin :] Cy finissent les Epitaphes Genealogies et effigies des Roys Françoys.
Imprimez nouvellement à Poictiers par Jacques Bouchet Imprimeur le vingt septiesme iour de Novembre Lan mil cinq cens trente ung [1531].
Rarissime troisième édition ornée de 57 portraits des rois de France jusqu’à Louis XII, elle est si rare que Tchémerzine mentionne : « Le titre manque aux exemplaires que nous connaissons » et Guy Bechtel ne décrit aucun exemplaire en main privée, citant seulement ceux de la B.N.F. et du B.M.
Le livre de Jean Bouchet, dédié au chancelier Duprat et au dauphin François, fils aîné de François Ier, s’orne, outre le premier bois de Francus et Enée fuyant Troie en flammes, de 57 portraits des rois de France dans de jolis encadrements à la devise « Deum time ».
Ces effigies passaient pour reproduire les traits des statues de la grande salle de Palais de Paris.
« L’ouvrage comprend une longue introduction sur l’origine des rois de France, puis des notices en prose et des sonnets consacrés à chaque roi de France depuis Pharamond jusqu’à Louis xii. Jehan Bouchet a recueilli les légendes qui avaient cours au moyen-âge sur les migrations des Troyens et les empires fondés par les descendants de Priam et d’Hector. L’édition originale des Généalogies avait paru à Poitiers au mois de janvier 1528 ; elle était ornée de 57 portraits des rois de France ». (Cat. James de Rothschild).
Jean Bouchet, poète et historien (Poitiers, 31 janvier 1476 - entre 1557 et 1559), appartient à l’école des grands rhétoriqueurs. Il entre au service de la maison de La Tremoille, est en rapport avec nombre de lettrés parmi lesquels le père de Ronsard, Rabelais, Jean d’Auton. Son œuvre historique, telle celle présenté ici, a plus de poids que son œuvre poétique, bien que Rabelais ait loué sa science et son beau langage, C’est à sçavoir doulceur et discipline. Bouchet a fait l’éloge de la langue française et de ceux qui l’ont cultivée. Mais Du Bellay le prend à partie et souhaite que « ces Traverseurs soient renvoyés à la Table Ronde » ; et le Quintil Horatien lui réplique : « Le Traverseur Bouchet, pour son temps, a été loué et est encore comme chaste et chrestien scripteur, non lascif et paganisant comme ceux du jourd’hui et si a fait et poursuivy grands et continuels œuvres, non pas petites sonneries. »
La critique moderne considère Jean Bouchet comme le créateur des premiers sonnets de la littérature française. Ainsi Jean-Paul Barbier écrit-il : « Longtemps, on attribua à Mellin de Saint-Gelais l’honneur d’avoir composé le premier sonnet français. Puis la critique moderne rectifia ce jugement et en reporta le mérite sur Clément Marot, qui écrivit en 1536 son Sonnet à Madame de Ferrare.
Tout récemment, M. C. A. Mayer consacra une savante étude à cette question (Le premier sonnet français : Marot, Saint-Gelais et Jean Bouchet, Revue d’Histoire Littéraire, juillet‑septembre 1967, n° 3, p. 481-493). Ailleurs, dans son récent ouvrage sur Clément Marot (Paris Nizet 1972), M. Mayer dit ceci : « Il est un groupe de poèmes intitulés « Épigrammes », publiés en 1538 par Jean Bouchet sous le titre : « Le Jugement poétic de l’Honneur féminin »… qui furent composés avant 1536 et sont donc les premiers sonnets dans la littérature française… ».
Sans doute le plus bel exemplaire répertorié en main privée, bien complet de son titre, provenant des bibliothèquesCoppinger ; Félix Solar ; L. Pottier ; E. Odiot (ex-libris) ; Baron Double (ex‑libris) ; Génard (ex-libris) ; F. Soleil ; Maxime Le Bègue de Germigny, 1845-1945 (son ex-libris ; vente du 5 mai 1939, lot 29) ; Georges Andrieux ; M. Burrus avec ex-libris.





