Les Mémoires de Martin du Bellay

Du Bellay, Guillaume - Du Bellay, Martin

Les Mémoires de Guillaume et Martin du Bellay reliés en maroquin rouge aux armes de la Grande Mademoiselle (1627-1693), fille de Gaston d’Orléans.

Provenances : La Grande Mademoiselle, Philippe II, duc d’Orléans, Régent de France (1674-1723) avec cachet armorié et Empereur Napoléon Ier avec cachet rouge et l’aigle impérial couronné.

Paris, 1588.

10 livres en 1 volume in-folio de (12) ff., 616 pp. (6) ff., restauration à l’angle du titre sans atteinte au texte. Maroquin rouge, double encadrement de filets à la Du Seuil avec grande fleur de lys dans les angles sur les plats, armoiries frappées or au centre, dos orné de fleurs de lys, dentelle intérieure, tranches dorées. Reliure de l’époque de la famille royale.

329 x 219 mm.

Du Bellay, Guillaume et Martin. Les Mémoires de Martin du Bellay, seigneur de Langey, contenant le discours de plusieurs choses advenues au Royaume de France depuis l'an 1513 iusques au trépas du Roy François premier... ausquels l'autheur a inséré trois livres et quelques fragments des ogdoades de Guillaume Du Bellay, son frère, reveu et corrigé pour la troisième édition.
Paris, Pierre le Voirrier pour Mathieu Guillemot, 1588.

Édition rare des Mémoires de Guillaume et Martin Du Bellay couvrant l’ensemble du règne de François Ier et dédiée au roi Henri III par René Du Bellay.

Les Ogdoades ou Huitaines, Mémoires historiques composés en latin par Guillaume Du Bellay et traduits en français à la demande de Charles IX, forment ici les Livres V, VI et VII du recueil.

« Les Mémoires de Martin du Bellay, frère de Guillaume et du cardinal Jean du Bellay, constituent en fait l’histoire officielle du règne de François Ier » (Bibliothèque Esmerian).

« De toutes les sources narratives du règne de François Ier, c'est la seule qui embrasse le règne tout entier. D'autre part, la qualité et le rang des auteurs, le rôle qu'ils ont joué, les documents que l'un et l'autre ont pu se procurer et qu'ils ont réellement utilisés, font de leurs mémoires une œuvre historique de première valeur » (Bourrilly cité par Hauser).

« Les Mémoires de Guillaume et Martin Du Bellay ne disent pas tout, mais tout ce qu’ils disent porte un grand caractère d’intérêt ; la partie des évènements militaires et la partie que nous appellerons le côté extérieur de la politique, laissent peu à désirer. Le reproche qu’on a pu adresser aux deux auteurs, c’est une sorte de parti pris de sacrifier en toute rencontre Charles Quint à François Ier. Montaigne a lui-même apprécié Les Mémoires de Guillaume et Martin Du Bellay avec une vérité qui nous oblige de le copier ici : « C’est toujours plaisir, dit-il, de voir les choses escrites par ceux qui ont essayé comme il les faut conduire. » » (J. Fr. Michaud, Nouvelle collection des mémoires).

Montaigne (Essais, II, X) analysera à plusieurs reprises l’œuvre et le caractère de Guillaume Du Bellay ainsi que les relations entretenues par celui-ci avec le roi François Ier.

Oncle du poète Joachim Du Bellay, Guillaume Du Bellay sire de Langey (1491-1543) était l’un des meilleurs diplomates de son époque et l’un des plus braves généraux de François Ier. Ecrivain et homme d’action de la Renaissance il fut admiré par François Rabelais. Seigneur de Langeai, Guillaume du Bellay rendit de grands services à François Ier ; il ne fut pas moins un bon capitaine qu’un habile négociateur, et il eut la plume aussi bonne que la langue et que l’épée. Jusqu’en 1536 il sera la cheville ouvrière de la politique extérieure de son souverain. Il joua un rôle déterminant dans la réussite des négociations qui aboutirent au traité de Cambrai (1529).

Précieux et magnifique exemplaire de Anne-Marie-Louise d'Orléans, Duchesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, le frère de Louis XIII et petite fille d'Henri IV, de ces mémoires importants pour l'histoire militaire du règne de François Ier.

« On ne connaît généralement la duchesse de Montpensier, la Grande Mademoiselle (1627-1693), que par le rôle un peu bruyant qu'elle joua dans les événements de la Fronde ; mais à côté de l'héroïne qui rivalisa d'exploits chevaleresques avec Madame de Longueville et la Princesse de Condé, pour s'imposer, les armes à la main, à son cousin Louis XIV, le royal époux de ses rêves, il y a une autre femme, à l'esprit délicat et tendre, éprise de littérature, passionnée pour les belles choses, et dont les livres, heureusement choisis représentent une des collections les plus remarquables du temps.

Anne-Marie-Louise d'Orléans naquit au Louvre en mai 1627. Fille de Gaston d'Orléans et de sa première femme, Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier, qui mourut cinq jours après l'avoir mise au monde, elle fut élevée par une gouvernante estimable et pieuse, mais avec tout le respect qu'inspirait une petite-fille de Henri IV. J'aime à lire les livres bons et solides ; les bagatelles m'ennuient, hors les vers, je les aime de quelque nature qu'ils soient, et, assurément, je juge aussi bien de ces choses-là que si j'étois savante.

La duchesse de Montpensier était douée d'un esprit brillant. Segrais nous apprend que sa bibliothèque était le rendez-vous des artistes et des poètes et qu'on s'y réunissait, à jours fixes, comme chez la marquise de Rambouillet.

Les livres de la duchesse de Montpensier passent rarement dans les ventes publiques et nous n'en connaissons que quelques-uns chez les amateurs ; mais la Bibliothèque Nationale en a recueilli dans sa Réserve un nombre assez important.

Les livres de la Grande Mademoiselle sont reliés avec solidité et une simplicité qui n'exclut pas l'élégance. Tous sont uniformément revêtus de maroquin rouge » (E. Quentin-Bauchart. Les femmes bibliophiles de France, Paris, 1886).

Le volume est passé ensuite dans la bibliothèque de Philippe II, duc d’Orléans, fils de Philippe de France, régent de France (1674-1723) puis de Napoléon Ier avec le cachet rouge « Bibliothèque de la Couronne. Versailles » et l’aigle impérial couronné.

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