Le Premier volume des Croniques de France

Froissart, Jean

Rarissime exemplaire complet des Chroniques de Froissart (1337-1410) relié au XVIIè siècle ayant alors réuni le premier volume incunable de Vérard de 1499 - quasi introuvable – aux trois volumes de l’édition du 2 septembre 1530.

Paris, Anthoine Vérard, 1499 ; Galliot du Pré, 2 septembre 1530.

Tome I : [8]-cclxxi (= cclxx) ff.

In-folio. Seconde édition incunable très peu différente de celle de 1495, mais plus rare. Gd L grotesque à 2 têtes (et non une seule) au titre. Colophon à l’adresse de la rue neuve Notre-Dame (postérieure à l’effondrement du pont). Marque de Vérard au v° du dernier f. du tome I. Pas d’ill. Dernier exemplaire passé en vente publique en 1927, il y a 92 ans.

Suivi de : le Second [- quart] volume […]. Nouvellement reveu oultre les précédentes impressions […]. On les vend […] en la bouticque de Poncet le Preux (par A. Couteau for Galliot du Pré [-for Poncet le Preux]. 2 Sep. 1530.

3 parties en 2 volumes in-folio :

Tome II : ā4, A-X6, AA-OO6, PP4, soit (4) + 213 + (1) f. de marque = 218 ff.

Tome III : aaa4, bbb-zzz6, rrr6, aaaa‑eeee6, ffff4, soit (4) + 172 ff. = 176 ff.

Tome IV : (2) ff., AAA-MMM6, NNN8, soit (2) + 80 ff. = 82 ff. à 2 col. à 53 l.

Belle gravure au feuillet I du troisième volume (Départ en campagne d’un haut personnage avec hallebardiers).

Soit 4 tomes en 3 volumes in-folio, ainsi complet.

Vélin ivoire, dos à nerfs, tranches rouges. Reliure uniforme du XVIIè siècle.

309 x 210 mm.

Froissart, Jean. Le premier volume des Croniques de France, dangleterre, descoce, despaigne, de Bretaigne, de Gasco[n]gne, de Flandres et lieux circunvoisins.

Imprimé por Anthoine Vérard. 1499-1500.

Edition complète illustrée desChroniquesde Froissart réunissant comme parfois l’édition incunable de 1499 - la plus rare de toutes - à l’édition de 1530, en reliure uniforme du XVIIè siècle. Rappelons qu’aucun exemplaire complet de l’édition Vérard de 1499 n’est apparu sur le marché depuis 92 ans, en 1927 (voir Bechtel F-183). Le texte est ici bien complet.

Cette épopée en prose de Jean Froissart (1337-1410) embrasse la guerre de cent ans de 1325 à 1400.

Un inlassable enquêteur. Jean Froissart (vers 1337 - après 1404), clerc originaire de Valenciennes, se fit d’abord connaître comme poète et gagna par ses talents littéraires la protection des comtes de Hainaut. C’est ainsi qu’il put partir en 1361 à la cour d’Angleterre où la reine Philippine de Hainaut le reçut bien et lui permit de mener une véritable enquête auprès des nobles du royaume sur les guerres du siècle.

« Jamais la langue française, observe Marchel Arland, n’avait pris tant de couleur, d’éclat, derichesse et depittoresque ». Et il conclut en ces termes : « Peintre et romancier dans la chronique, Froissart restera sans égal jusqu’à Retz et à Saint-Simon. Encore gardera-t-il un caractère singulier : c’est que sa chronique n’est parfois rien d’autre qu’un admirable reportage ».

Toujours avide d'informations sur l'histoire de son temps, Froissart saisit toutes les occasions de rencontrer des acteurs et témoins des grands événements passés. Il voyagea dans le Sud de la France, jusqu'à Orthez où le comte de Foix Gaston-Phébus tenait sa cour (1388-1389). Guy de Blois vieillissant, Froissart passa au service de Guillaume d’Ostrevant, nourrissant toujours une immense curiosité pour son époque : il assista au congrès d'Abbeville en 1393 et retourna encore en Angleterre en 1394.

L’œuvre de toute une vie. Les Chroniques, divisées en quatre livres, furent écrites entre 1370 et 1400 environ, et soumises à de nombreux remaniements. Le premier livre, le plus diffusé et apprécié au Moyen Age, fit l’objet de plusieurs rédactions successives. Froissart avait écrit peu avant 1361 une histoire en vers des guerres de la première moitié du XIVe siècle, qu'il développa en prose entre 1370 et 1377. Il la remania profondément après 1376 et à la fin de sa vie après 1400. Il rédigea le second livre en 1387, le troisième en 1390, et le dernier entre 1394 et 1400.

Un témoignage capital sur la société aristocratique du XIVe siècle. Les Chroniques, qui s'étendent de l'avènement d'Édouard III (1327) à la mort de Richard II (vers 1400), constituent l'une des sources les plus importantes sur la première partie de la guerre de Cent Ans. La grande originalité de Froissart est de s'être rapidement affranchi de la compilation pour s'appuyer sur les témoignages oraux qu'il a recueillis au cours de ses voyages. Son œuvre demeure par ailleurs la source la plus riche et la plus variée que l'on possède sur les milieux aristocratiques du XIVe siècle.

L’œuvre d’un véritable écrivain. Froissart utilise une langue claire et précise, se montre un conteur incomparable capable de restituer son travail d'enquête journalistique sous la forme de récits vivants, émaillés de dialogues enlevés. Certains passages s'affranchissent du genre de la chronique pour toucher à la pure littérature, comme ceux qui rendent compte de son voyage dans le Sud. Elles ne cesseront jamais d'être lues. Elles sont citées par Montaigne, et, dans L'Éducation sentimentale, Flaubert prête à Frédéric Moreau le projet d'écrire un roman historique d'après Froissart.

Si aucun exemplaire incunable complet de Vérard de 1499 n’est recensé sur le marché depuis 92 ans par Bechtel, la Librairie Bérès cataloguait un exemplaire de l’édition de 1530 reliée au XIXè siècle 5 335 € en juin 1997, il y a 22 ans (cat. 88) et la Librairie P. Sourget cataloguait et vendait 15 092 € un bel exemplaire de la même édition de 1530 relié par Lortic en mai 1994, il y a 25 ans.

Précieux exemplaire complet relié en vélin uniforme du XVIIè siècle avec le premier volume dans la rarissime édition incunable de Vérard.

Vendu