Le Recueil contenant l'histoire des choses plus memorables advenues sous la ligue

Goulard, Simon

Rarissime édition originale de cette célèbre histoire de la Ligue sous les rois Henri III et Henri IV imprimée en 1589.
Le précieux exemplaire du prince de Conti (1558-1614), cousin germain du roi Henri IV, conservé dans son vélin de l’époque.
1589

Petit in-8 de (16) ff., 1015 pp.

Vélin souple à recouvrement, dos à nerfs, titre calligraphié au dos. Reliure de l’époque.

140 x 90 mm.

Goulard, Simon (1543-1628). [Petits mémoires de la ligue sous Henri III et Henri IV].

Le recueil contenant l’histoire des choses plus memorables advenues sous la Ligue. Avec une exhortation notable aux Rois et Estats Chrestiens adjoustee a la fin.

Imprimé nouvellement, 1589.

Edition originale rarissime de ce texte célèbre.

Simon Goulard (1543-1628), controversiste protestant établi à Genève depuis 1566, commença à publier un recueil des choses mémorables advenues sous la Ligue qui s’est faite et élevée contre la religion réformée. Ces « Petits mémoires sur la Ligue » s’augmentèrent régulièrement de nouvelles pièces à mesure que la révolte se développait.

Ministre du culte expatrié à Genève, personnage précieux pour l'Église genevoise qui refusa toujours de s'en séparer, Simon Goulart fut, entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle, une pièce maîtresse de l’histoire de la cité de Calvin. Modérateur de la Compagnie des pasteurs, il préside aux destinées de la Réforme et, surtout, ouvre celle-ci à de nouveaux horizons : car Goulart, au-delà de ses obligations pastorales, se fait poète, traducteur, éditeur, passeur de savoirs et de textes – on dit « polygraphe ». Cette soif intellectuelle l’amènera à cultiver des champs que le calvinisme a pu trouver étranges : la démonologie, l’astrologie mais aussi les nœud des disciplines (physique, médecine, etc.) sur lesquelles se bâtira la Genève scientifique du XVIIIe siècle.

On le retrouve en 1589, date de la présente édition originale, comme aumônier des troupes genevoises lors de la guerre contre la Savoie. En 1607, il remplacera Bèze à la charge de modérateur de la Compagnie des pasteurs – ce qui en fait le deuxième successeur de Calvin comme « patron » de la Réforme genevoise et lui vaut quelques ennuis avec les autres autorités de l’époque.

En 1595, lorsque Goulart fait publier à Genève les Essais de Montaigne pour tenter de relancer le secteur de l’imprimerie, c’est une provocation. Simon Goulart est un passeur de textes sans pareil. Il accomplit une vaste œuvre d'humaniste, traduisant Plutarque, Juste Lipse, Xénophon.

D'après O. Pot, S. Goulart aurait hérité de Bèze du « projet d'une poétique protestante », et sa contribution à la préface du Spiegel..., encyclopédie en vers de G. Fabri, laisserait entrevoir le dessein de fonder une Académie littéraire protestante qui s'étendrait sur l'Europe du Nord calviniste.

Après le grand oubli, ce sont les historiens qui le redécouvrent.

Jusque dans les années 1950-1960, Goulart n’était connu que d’un petit cercle de spécialistes. Puis les chercheurs, c’est le cas de Denis Crouzet, qui se sont intéressés aux guerres de Religion se sont rendu compte que ses ouvrages historiques constituaient une mine d’informations sur cette période.

« Quelles que soient les passions qui animent Goulart, son œuvre, qui emprunte des documents à tous les partis est d'un prix inestimable. A elle seule, c'est une véritable bibliothèque » (H. Hauser. Les sources de l'histoire de France, n° 1566).

Précieux volume relié à l’époque pour François de Bourbon, prince de Condé (1558-1614), cousin germain du roi Henri IV, avec sa signature autographe sur le feuillet de titre « F(rançois) P (rince) de Conti ».

Il est le troisième fils de Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, qui a fondé la maison de condé et sa première épouse Eléonore de Roye (1536-1564). Marquis de Conti, François est élevé dans une famille très attachée au protestantisme. Quelques semaines après le massacre de la Saint-Barthélemy, il se convertit au catholicisme. Il vit à la cour d’Henri III qui se l’attache en le faisant chevalier de l’ordre du Saint-Esprit dès 1579 et en l’élevant à la dignité de prince de Conti en 1581. Durant le soulèvement de la Ligue, il manifeste son soutien à son cousin Henri de Navarre et quitte la cour en 1587 pour suivre son parti. En 1589, après l’assassinat d’Henri III, il devient le deuxième personnage du royaume. Il est le premier à reconnaître son cousin Henri IV pour roi et participe à ses côtés aux batailles contre la Ligue. Sur la volonté d’Henri IV, il épouse en secondes noces en 1605 Louise Marguerite de Lorraine, fille du duc Henri de Guise et de Catherine de Clèves. Il meurt en 1614.

Le volume entre ensuite dans la bibliothèque d’Armand de Rohan-Guémené (1695-1762), avec ex-libris.

Nommé archevêque-duc de Reims le 28 mai 1722, Armand de Rohan-Guémené sacra Louis XV le 25 octobre de la même année.

Provenances : François de Bourbon, prince de Conti (1558-1614) cousin et soutien du roi Henri IV, Armand-Jules de Rohan-Guémené et Régis de la Colombière.

Vendu