Concile de Trente. Le Sainct, sacré, universel et général concile de Trente

Hervet, Gentian

Rare édition en partie originale du Concile de Trente dans la traduction de Gentian Hervet,
humaniste catholique, Chanoine de Reims, et l’un des seuls représentants de l’Eglise français ayant assisté au Concile.

In-8 de (4) ff., 279 pp., (13) ff.

Maroquin rouge, dentelle dorée à l’oiseau encadrant les plats, dos lisse orné à la grotesque, pièce de titre fauve, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures.

Reliure de XVIIIe siècle.

162 x 102 mm.

Concile de Trente [Hervet, Gentian]. Le Sainct, sacré, universel et général concile de Trente… Traduict de latin en François, par M. Gentian Hervet d’Orléans, Chanoine de Reims.

Reims, Jean de Foigny, 1566.

Rare édition en partie originale du Concile de Trente dans la traduction de Gentian Hervet, humaniste catholique, Chanoine de Reims, et l’un des seuls représentants de l’Eglise français ayant assisté au Concile.

Ce concile fut convoqué par le Pape Paul III suite aux demandes insistantes de Charles Quint pour répondre au développement de la Réforme protestante. Il s’est tenu en trois fois (1545-1549, 1551-1552, 1562-1563).

Il devait permettre à l’Eglise d’opérer sa propre réforme et de réunir à nouveau les chrétiens. S’il eut effectivement le mérite d’abolir un certain nombre des abus de l’Eglise catholique et de réviser ses institutions, il aboutit plutôt à la séparation définitive des deux religions.

Cette traduction est l’œuvre de Gentian Hervet (1499-1584), humaniste catholique nommé chanoine de Reims en 1561 et l’un des seuls théologiens français qui assista aux séances du Concile.

« On relèvera parmi les auteurs censurés dans l'Indice des livres prohibez (pp. 241-269) les noms de Théodore de Bèze, Boccace, Calvin, Clément Marot, Luther, Érasme, Rabelais, Robert Estienne, Étienne Dolet, etc. »

Une réaction tardive à l’apparition du protestantisme.

Déjà au XVe siècle s’était fait sentir la nécessité d’une réforme profonde de l’Église et de ses institutions, mais Pie II avait écarté l’idée d’un concile général en 1460, ce que confirma Jules II en 151 au concile du Latran. La volonté de l’Eglise était en fait de ne pas précipiter les débats, d’éviter un concile de crise et de mener au contraire des réformes réfléchies et profondes. En 1530, Charles Quint qui voyait son empire commencer à imploser sous l’effet des querelles religieuses annonça à la diète d’Augsbourg la tenue prochaine d’un concile. Le pape s’assura que le fonctionnement du concile lui permettrait de contrôler et d’orienter les délibérations comme il l’entendait.

Les premières sessions furent un échec en raison du décalage entre ce à quoi aspiraient les peuples et leurs souverains, et les sujets abordés par le concile. Les uns voulaient l’arrêt des abus de l’église et des réformes complètes de ses institutions alors qu’on fit porter les discussions sur le choix des textes canoniques, sur la justification par la foi et sur les sept sacrements. En fait, l’Eglise précisait sa position face à la doctrine protestante d’une façon très tranchée, mais n’effectuait pas son autocritique. Son successeur, Jules III fut prié par Charles Quint de rouvrir rapidement le concile, ce qu’il fut le 1er mai 1551. La fin du concile fut proclamée le 4 décembre 1562, et les décisions furent confirmées par le pape en janvier 1564. Les résultats du concile ne furent pas ceux souhaités par l’Empereur et les peuples de l’Europe. Le retour des protestants au sein de l’Eglise était manqué, et au contraire l’opposition entre les deux religions s’était précisée. Cependant, le concile eut le mérite de fixe la doctrine du catholicisme et d’abolir un bon nombre d’abus. Ses décrets furent acceptés presque sans réserve dans tous les pays d’Europe.

Bel et précieux exemplaire conservé dans sa reliure ancienne en maroquin orné.

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