Eclaircissement de quelques difficultez touchant l'administration du Cardinal Mazarin

Silhon, Jean de

« Exemplaire de Louis XIV, en grand papier » note autographe de Mouravit.

Superbe exemplaire royal, sur grand papier, consacré à Mazarin et à la Régence.

Paris, Imprimerie Royale, 1650.

In-folio de (10) ff., 295 pp.

Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, armes frappées or au centre, dos à nerfs ornés de fleurs de lys, coupes décorées, tranches dorées. Reliure royale de l’époque.

327 x 214 mm.

Silhon, Jean de. Eclaircissement de quelques difficultez touchant l’administration du Cardinal Mazarin. Première partie (seule publiée).

Paris, Imprimerie Royale, 1650.

Superbe édition originale du traité de Silhon consacré à Mazarin et à la Régence imprimée sur les presses de l’Imprimerie Royale. 

Duprat, Catalogue chronologique de l'Imprimerie royale du Louvre, p. 130 ; L'Art du livre à l'Imprimerie nationale (1951), 124 ; Moreau, Bibliographie des mazarinades, 1181 ; Brunet V, 381.

A la fin de son ouvrage, Silhon a inséré un Avis aux Flamens, sur le traité que les Espagnols ont fait avec la duchesse de Longueville, & le mareschal de Turenne.

Silhon, très au fait des affaires de l’État puisque très proche de Richelieu, entend apporter un point de vue personnel, objectif et documenté sur le rôle personnel joué par Mazarin, durant la Régence, tant sur le plan de la gestion interne du Royaume que dans les négociations diplomatiques.

Fondateur et Directeur de l'Académie française son sens de l’objectivité est loué par Bayle qui voyait en lui « l’un des auteurs les plus solides et les plus judicieux de son temps ».

Ainsi, au milieu de la plus grande crise de l’État absolutiste naissant, Mazarin misait sur la bataille de l’opinion publique : aux mazarinades vitriolées répondirent des apologies édifiantes de commande.

« Une des apologies les plus victorieuses qu’on ait jamais faites de la conduite de (...) Mazarin, qui ne fut peut-être pas complètement étranger à sa composition. (...) C’est une sorte d’histoire de France abrégée depuis la mort de Louis XIII : ouvrage à la fois historique et politique. (...) [Il] jetait un jour tellement favorable sur la politique de Mazarin qu’il émut grandement les Frondeurs et que, dans la séance du 27 février 1651, le président Le Coigneux le dénonça en plein Parlement » (Kerviler, Jean de Silhon, 1876, pp. 66-67).

Né à Sos, dans l’Agenais, en 1596, Jean de Silhon fut un des secrétaires de Richelieu et de Mazarin. Il mit à leur service sa plume de polémiste et de théoricien politique, ce qui lui valut un siège à l'Académie française. Il fut ensuite pensionné par le roi Louis XIV, jusqu’à sa mort survenue en 1667.

Silhon paya cependant un tribut personnel à la lutte des idées engagée par Mazarin : sa maison fut pillée par les Frondeurs en guise de représailles.

Il fut, d’après Pierre Bayle, l’« un des plus solides et des plus sérieux auteurs de son siècle ».

Imprimé sur les presses de l’Imprimerie royale créée en 1640 par Richelieu, l’ouvrage a été édité par Sébastien Cramoisy pendant les années noires de la Fronde. Le directeur du premier établissement typographique d’État espérait ainsi faire oublier son attitude : non seulement il s’était rangé dans le camp des ennemis du cardinal-ministre, mais encore avait-il accepté d’entreposer chez lui le trésor de guerre des Frondeurs parisiens.

L’ouvrage eut un grand retentissement et fut réimprimé à Rouen l’année suivante, puis en Hollande par les Elzevier, traduit en latin et, enfin, inséré en 1662 à la suite de l’Histoire du ministère du cardinal de Richelieu.

Chef-d’œuvre d’impression typographique, cette belle édition témoigne de la qualité des ouvrages sortant des presses de l’imprimerie royale.

Elle est ornée sur le titre des armes royales et tant dans la Préface que dans chacun des 2 livres, de 3 beaux bandeaux allégoriques gravés aux armes, de 3 superbes culs-de-lampe et de 3 grandes initiales historiées.

Somptueux exemplaire, sur grand papier, de ces mémoires de la régence, revêtu d’une étincelante reliure de l’époque en maroquin rouge, aux armes et fleurs de lys du roi Louis XIV.

De la bibliothèque Gustave Mouravit, avec tampon ex-libris et note autographe signée : « Exemplaire de Louis XIV, en grand papier ».

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