Détail sur la navigation aux côtes de Saint-Domingue
Édition originale fort rare intéressant Saint-Domingue reliée en superbe maroquin vert de l’époque aux armes et chiffres entrelacés et couronnés du roi Louis XVI (1774-1792).
In-4 de (2) ff., 81 pp. Maroquin vert, triple filet doré en encadrement, médaillon doré au centre sur une pièce de maroquin rapportée, dos à nerfs orné du chiffre royal L entrelacé et couronné et de 29 fleurs de lys dorés, pièce de titre de maroquin rouge, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure en maroquin vert de l’époque aux armes et chiffre couronnés du roi Louis XVI (1774-1792), les armoiries royales ayant été recouvertes après la Révolution française de la pièce de maroquin décoré portant « Marine de la République Française ».
258 x 195 mm.
Chastenet de Puységur, Antoine. Détail sur la navigation aux côtes de Saint-Domingue et dans ses débouquemens.
Paris, de l'Imprimerie royale, 1787.
Édition originale fort rare.
L’ouvrage s'inscrit dans un mouvement général de publications suscité par la création en 1720 du Dépôt des cartes et plans et journaux de la Marine destiné à recueillir tous les documents présentant un intérêt hydrographique.
Bel exemplaire en maroquin du temps.
L'exemplaire était aux armes royales : à la Révolution, les armes ont été grattées et on a collé une pièce ovale de maroquin portant un large médaillon doré de la Marine de la Repu[ublique] française. Le dos a conservé son ornementation originale : deux L entrelacés et couronnés renvoyant au ci-devant roi, Louis Capet. Cachet gratté sur le titre et page 79. (Sabin, n° 12235 ; Chadenat, n° 1069).
Autorisé le 4 avril 1777 à se rendre en Grande-Bretagne, Chastenet de Puységur rentre en France en avril 1778. Embarqué le 6 avril 1778 sur le vaisseau de 80 canons le Languedoc dans l’escadre du vice-amiral d’Estaing, il participe au combat de Sainte-Lucie (15 décembre 1778), puis à la prise de la Grenade et au combat livré devant cette île à l’escadre anglaise du vice-amiral John Byron (6 juillet 1779) et enfin à l'expédition contre Savannah (16 septembre-9 octobre 1779). D'après un rapport du vice-amiral d'Estaing, « ...il a été chargé, pendant le siège de Savannah, du commandement de la flûte la Bricolle et il s'en est acquitté avec distinction, soit en s'embossant plusieurs fois contre les batteries de terre des ennemis, soit en livrant plusieurs combats aux galères et aux frégates angloises. Mr. de Puysegur, quoiqu'aide major général, me fut demandé par Mr. le Chevalier Du Rumain qui commandoit la Chimère pour le seconder dans l'opération difficile et dangereuse d'assurer la communication entre l'armée navale et les troupes de terre qui faisaient le siège. Mr. de Puysegur osa davantage : après avoir allégé la Bricolle et l'avoir rendue en peu de temps susceptible de porter du canon de dix-huit, il remonta, pendant plusieurs jours, la rivière de Savannah ; ses sondes, ses mouillages et ses appareillages multipliés sont un chef-d’œuvre de navigation. Les batteries, les embarcations et des bas-fonds inconnus ne l’arrêtèrent point et il parvint à vernir s’embosser contre la ville ; il soutint du feu de son artillerie et en diverses occasions les différentes attaques et enfin, il assura la retraite ». Il quitte l'escadre le 14 septembre 1779 pour regagner la France à bord de la gabare la Truite. Commandant la corvette de 20 canons le Vautour aux îles Sous-le-Vent du 31 mars 1784 au 31 septembre 1785, il mène une campagne hydrographique au cours de laquelle il dresse un plan exact des différentes baies de Saint-Domingue et des quatre débouquements du nord de cette île. Disciple de Franz Anton Mesmer et convaincu de l'existence du magnétisme animal, il profite également de son séjour dans cette colonie pour y créer une branche locale de la Société de l'harmonie universelle.
Superbe exemplaire relié en maroquin vert de l’époque aux armes et chiffre entrelacés et couronnés du roi Louis XVI.



