La République Universelle ou adresse aux tyrannicides

Cloots, Jean-Baptiste

Rare édition originale de l’ouvrage majeur de Jean-Baptiste Cloots.

Bel exemplaire, entièrement non rogné, conservé dans sa brochure en papier dominoté de l’époque.

In-8 de (1 f.), 196 pp.

Brochure de papier dominoté de l’époque, exemplaire entièrement non rogné.

216 x 139 mm.

Cloots, Jean-Baptiste. La République universelle ou adresse aux tyrannicides.

L’An (1792).

Rare édition originale de l’ouvrage majeur du baron Jean-Baptiste Cloots (1755-1794).

L’auteur soutient le système d’une nation unique du genre humain dans laquelle « le bonheur sera sans borne » et, bien qu’athée, défend une totale liberté dans l’ordre religieux.

Le dernier chapitre contient une curieuse note sur le rôle utile que peuvent jouer les juifs « qui regardent la France comme une seconde Palestine » : « On accusa les juifs, dans les siècles de ténèbres, d’empoisonner les sources ou les puits ; et voici que dans notre siècle lumineux, les juifs, en fournissant des viandes pures, aideront l’humanité à exterminer la tyrannie » (pp. 186-187).

« Millionnaire et sans-culotte, baron et jacobin, allemand et « gallophile », homme de lettres et homme d’action, celui qui s’était voulu, le 19 juin 1790, L’Orateur du genre humain auprès de l’Assemblée nationale, l’étrange, le fascinant Anacharsis Cloots semble résumer dans son destin toutes les contradictions de son époque et d’une révolution qu’il a soutenue de son énergie, de son intelligence, de sa fortune, avant d’en devenir, en mars 1794, la plus paradoxale des victimes.

Cst en qualité d’homme de lettres qu’il a vécu la Révolution et c’est en cette qualité qu’il est allé à l’échafaud.

L’un des adeptes le plus inconditionnels de l’idéal révolutionnaire, l’un de ceux qui ont voulu lui donner une dimension universelle, Cloots représente avec Paine, Bentham et d’autres, la dimension mondiale d’une révolution libératrice et généreuse qui allait bientôt prendre une coloration chauvine et nationaliste dont il fut la première victime. Avec la mort de Cloots s’achève aussi l’une des phases les plus éclatantes de l’aventure révolutionnaire.

Il a été l’un des premiers à sentir la signification universelle des conquêtes de 1789 et de la Déclaration des droits de l’homme. Républicain avant tout, il intervient dans tous les débats et sa réflexion l’amène bientôt à concevoir l’idée d’une paix définitive par l’instauration de la République universelle, « l’utopie de mes veilles » dit-il. Rêveur impénitent et rationaliste intransigeant, il offre à la Révolution et à la France qui en est porteuse un projet grandiose qui suscite d’âpres oppositions. Mais son athéisme, aussi militant que son universalisme politique, ne pouvait pas ne pas déclencher l’agacement et bientôt l’ire de Robespierre. Etranger, aristocrate, millionnaire et mondialiste, Cloots fut condamné à mort. Son comportement en prison puis face à la guillotine devait prouver la force de ses convictions. Au siècle suivant, des esprits aussi ardents que Michelet, Louis Blanc, Jaurès salueront le courage et le panache de ce révolutionnaire atypique qui fut sans nul doute la figure la plus attachante d’une époque pourtant riche en personnalités d’exception » (Roland Mortier).

« Le grand visionnaire que fut ce banquier cosmopolite demeure un incompris de l’histoire. Seul Jaurès, porté par sa chaleur humaine et sa large vision de l’évolution historique, a compris ce que les anticipations d’Anacharsis Cloots pouvaient avoir de réaliste : ce grand visionnaire n’était pas un rêveur » (A. Soboul).

Bel exemplaire, à toutes marges, conservé dans sa brochure en papier dominoté de l’époque.

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