Le Provincial à Paris à l'époque de la Révolution de 1789
Édition originale de cet « intéressant tableau des mœurs et habitudes parisiennes à la fin de 1789 ».
Le bel exemplaire de l’auteur, le vicomte de Dampmartin (1755-1825), futur censeur impérial.
In-12 de (1) f., viii et 272 pp.
Demi-basane rouge, dos lisses élégamment orné, pièce de titre de maroquin vert, filet à froid sur les coupes. Reliure de l’époque.
187 x 115 mm.
Dampmartin, Anne-Henri Cabot, vicomte de. Le provincial à Paris à l’époque de la Révolution de 1789. Avec des notes critiques.
Paris, La Villette, 1790.
Edition originale.
Lacombe, 319.
« Rédigé sous forme de lettres qui sont au nombre de 37, cet ouvrage constitue un intéressant tableau des mœurs et habitudes parisiennes à la fin de 1789 » (Paul Lacombe).
Véritable fresque de Paris à la veille de la Révolution, l’ouvrage se présente sous la forme d’une série de lettres adressées à un ami.
« Elles sont curieuses en ce qu’elles peignent l’état de la capitale à la veille du grand cataclysme qui allait se produire. Le Provincial nous offre la peinture de la société qui s’en va et qui à l’approche des flots qui vont l’engloutir prend le parti de dire avec la chanson que s’il reste un temps à vivre, il faut le passer gaiement […] A en croire l’auteur, l’esprit de la Révolution soufflait déjà si fort que la pudeur bourgeoise en était affectée » (A. de Fontaine de Resbecq).
A propos de la réception de son ouvrage, qu’il considère comme sa « profession de foi », Dampmartin écrit lui-même dans ses Mémoires imprimés en 1825 :
« Dans le courant de l’hiver, je fis paraître Le Provincial à Paris. Cette brochure qui renfermait quelques traits relatifs aux usages reçus encore parmi les habitants de la capitale, obtint du succès. […] L’oubli dans lequel les lettres et les arts tombaient chaque jour, me fit regarder comme indispensable de réveiller le goût des lecteurs par quelques passages relatifs à la Révolution. Ces passages ne forment qu’un simple accessoire ; ils sont rares, courts et modérés. Les journaux en opposition traitèrent Le Provincial avec faveur […]. Un déchaînement universel s’éleva ensuite, contre cette même brochure. […] Deux seuls morceaux traitaient de la politique avec assez d’étendue pour être remarqués. L’un offrait les douces, brillantes, mais trompeuses espérances dont l’imagination enivrait les cœurs de tant d’hommes sensibles ; l’autre contenant ma profession de foi : peut-être l’ignorance et l’erreur, mais certainement la franchise et la loyauté la dictèrent ».
En avril 1811, le duc de Massa, ministre de la Justice, dresse à l’Empereur le portrait suivant de Dampmartin, « C’est un homme de beaucoup d’esprit, d’une une grande instruction et d’une probité parfaite. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages justement estimés et qui ont donné une haute idée de sa capacité ».
Bel exemplaire en reliure de l’époque provenant de la bibliothèque personnelle du vicomte de Dampmartin (1755-1825).
Ayant émigré lors de la Révolution, Dampmartin fut accueilli par le roi de Prusse qui le chargea d'une partie de l'éducation de son fils. Rentré en France après le 18 brumaire, il devint censeur impérial ; sous la Restauration, il exerça d'abord les mêmes fonctions, puis fut nommé bibliothécaire au bureau de la guerre. Député au Corps législatif sous l'Empire, il fut réélu à la Chambre sous les Bourbons.



