Essai sur les privilèges. Qu'est-ce que le Tiers-Etat? Vue sur les moyens... Préliminaire de la constitution

Sieyès, l'Abbé
Prix : 9 500 €

L’Abbé Sieyès.

Ses œuvres de l’année 1789 reliées à l’époque aux armes du duc de La Rochefoucauld-Liancourt dont les idées novatrices reçurent la faveur de Louis XVI à son avènement.

Paris et Versailles, 1789.

In-8 de (1) f., 54 pp., (2) ff., 180 pp., VIII, 168 pp., (2) ff., 21 pp., 14 pp.

Veau havane marbré, dos lisse orné de fleurons dorés, armoiries en tête, pièce de titre en maroquin rouge, coupes décorées, tranches mouchetées. Reliure de l’époque.

195 x 122 mm.

Sieyès, l’abbé (Emmanuel-Joseph, Comte). Essai sur les privilèges. Nouvelle édition 1789. Suivi de Qu’est-ce que le Tiers-État ? - Vue sur les moyens d’exécution dont les représentants de la France pourront disposer en 1789. - Préliminaire de la Constitution Reconnaissance et exposition raisonnée des Droits de l’Homme et du Citoyen. Par M. L’Abbé Sieyès. - Déclaration des droits de l’homme en société par M. L’Abbé Sieyès. Troisième édition corrigée.

Paris et Versailles, 1789.

Réunion de cinq œuvres essentielles de l’Abbé Sieyès reliées à l’époque pour François, Duc de la Rochefoucauld-Liancourt, dont les idées novatrices philosophiques et économiques reçurent la pleine faveur de Louis XVI à son avènement.

Qu’est-ce que le Tiers-État ? est ici en édition originale de troisième état, le plus recherché, car très augmenté par rapport au premier tirage paru en janvier de la même année.

C’est l’édition de référence citée par Michaud dans la biographie universelle.

Les Préliminaires de la Constitutionsont ici en édition originale (Monglond, Tome I, colonne 130-131).

Les Vues sur les moyens d’exécution dont les représentants de la France pourront disposer en 1789sont en seconde édition augmentée ; paraît ici pour la première fois l’Avis préliminaire de Sieyès consacré à Necker (Monglond, Tome I, 122).

Emmanuel Joseph Sieyès (1748-1836) devint chapelain de Madame Sophie, une des tantes de Louis XVI (1778) et, quand Lubersac fut transféré à Chartres en 1780, il le prit comme grand vicaire. Dans ces diverses charges, il s’était lié à Chartres avec Pétion, à la chambre du clergé avec Talleyrand, à Orléans avec l’évêque Jarente, un des chefs de file du haut clergé libéral et libertin. Le jeune prêtre s’était affilié à la Franc-Maçonnerie et figurait parmi les membres les plus actifs de la célèbre loge des Neuf Sœurs.

A l’été de 1788, le Duc d’Orléans lui demande de corriger un libelle que son secrétaire, Choderlos de Laclos, avait rédigé. Si on en croit Talleyrand, « l’abbé qui par la disposition de son esprit est habituellement peu content du travail des autres, ne trouva rien qui pût convenir et rédigea un nouveau projet ».

Ce furent les Vues sur les moyens d’exécution dont les représentants de la France pourront disposer en 1789.

Sieyès se rendit ensuite célèbre en publiant sous son nom un Essai sur les privilèges en novembre 1789 et, surtout, Qu’est-ce que le Tiers-État ? en janvier suivant.

Le succès de ce traité fut énorme. On en retint d’abord les interrogations et les réponses qui l’ouvraient et le définissaient : « I) Qu’est-ce que le Tiers-État ? Tout. 2) Qu’est-il jusqu’à maintenant dans l’ordre politique ? Rien. 3) Que désire-t-il ? Être quelque chose. »

Sieyès écrivait « Le Tiers ne doit pas craindre de remonter dans les temps passés. Il se reportera à l’nnée qui a précédé la conquête {franque}. Pourquoi ne renverrait-il pas dans les forêts de la Franconie toutes ces familles qui conservent la folle prétention d’être issues d’une race de conquérants ?... la noblesse a passé du côté des conquérants ! Eh bien ! il faut la faire repasser de l’autre côté. Le Tiers deviendra noble en devenant conquérant à son tour. »

L’effet produit par cet écrit donna à son auteur une immense popularité… dans le Tiers.

L’un des exemplaires des œuvres de l’Abbé Sieyès parvenus jusqu’à nous en élégante reliure armoriée de l’époque.

Avant « Qu’est-ce que le Tiers-État ? » Sieyès était inconnu, ensuite il ne devint célèbre que dans le Tiers, peu fourni en livres armoriés. L’on sait en outre que ces écrits de circonstance circulaient brochés.

Exemplaire relié à l’époque aux armes de François, Duc de la Rochefoucauld-Liancourt.

« François Alexandre Frédéric de la Rochefoucauld (1747-1827) ayant déplu à Madame Du Barry quitta la cour pour se consacrer à l’agriculture. La noblesse l’envoya siéger aux Etats-généraux en 1789 ; il s’y montra à la fois le défenseur de la royauté et des libertés publiques ; président de l’Assemblée nationale le 18 juillet 1789, il dut s’enfuir après le 10 août 1792 en Angleterre. Il visita l’Amérique du Nord et revint en France en 1799. Il fut nommé par Napoléon Ier chevalier de la Légion d’honneur pour ses utiles créations. Louis XVIII le fit entrer à la chambre des pairs. » (O. Hermal, pl. 647).