Le Défenseur de la Constitution
Édition originale rare et fort recherchée du Défenseur de la Constitution de Robespierre.
In-8 de 4 pp. et 614 pp. demi-chagrin noir, dos à nerfs, à grandes marges ; modeste restauration dans la marge latérale du feuillet A sans atteinte à la lisibilité du texte. Reliure vers 1845.
204 x 122 mm.
Robespierre, Maximilien. Le Défenseur de la Constitution.
Sans lieu ni date [Paris, L. Nicolas, 17 mai - 20 août 1792].
Édition originale rarissime du Défenseur de la Constitution de Maximilien Robespierre.
« Le Défenseur de la Constitution est, en réalité, une œuvre toute personnelle, un recueil de plaidoyers «pro domo suâ », entremêlés de thèses politiques inspirées par les circonstances, et de philippiques contre les hommes qui faisaient obstacle à l'auteur » (Hatin).
Quant à la portée littéraire indéniable de l'œuvre, Hatin la décrit ainsi :
« C'est là un tableau artistement composé, contenant des traits qui peuvent servir à tracer en d'autres temps des tableaux du même genre. Les traits de Marat auraient été autrement précis : il eût nommé les hommes, le ministre, les journalistes ; il eût dit combien Roland dépensait, combien Louvet recevait ; ce qu'au fond Robespierre voulait faire, et qu'il ne faisait pas par préoccupation littéraire ».
Le style de Robespierre est particulièrement bien illustré par ces quelques lignes tirées du rare prospectus de 4 pages accompagnant l'œuvre, ici présent en tête du volume :
« La raison et l'intérêt public avaient commencé la Révolution : l'intrigue et l'ambition l'ont arrêtée ; les vices des tyrans et les vices des esclaves l'ont changée en un état douloureux de trouble et de crise.
La majorité de la nation veut se reposer, sous les auspices de la Constitution nouvelle, dans le sein de la liberté et de la paix : quelles causes l'ont privée jusqu'ici de ce double avantage ? L'ignorance et la division. La majorité veut le bien ; mais elle ne connaît ni les moyens de parvenir à ce but, ni les obstacles qui l'en éloignent ; les hommes bien intentionnés, même, se partagent sur les questions qui tiennent le plus étroitement aux bases de la félicité générale. Tous les ennemis de la Constitution empruntent le nom et le langage du patriotisme pour semer l'erreur, la discorde et les faux principes ; des écrivains, prostituent leur plume vénale à cette odieuse entreprise. Ainsi l'opinion publique s'énerve et se désorganise ; la volonté générale devient impuissante et nulle, et le patriotisme, sans système, sans concert et sans objet déterminé, s'agite péniblement et sans fruit, ou seconde quelquefois, par une impétuosité aveugle, les funestes projets des ennemis de notre liberté ».
Il contient le prospectus de 4 pages de Robespierre si important qu’Hatin le reproduit intégralement.
L’un des seuls encore en main privée.



