Mémoires de Madame Roland
« C’est pendant sa captivité que Madame Roland écrivit à la hâte les diverses parties qui composent ses admirables mémoires, dont elle faisait parvenir secrètement les feuillets au noble et fidèle Bosc, qui les sauva en les cachant au creux d’un rocher dans la forêt de Montmorency » (P. Larousse).
Exceptionnel et superbe exemplaire ayant fait l’objet d’une démarche bibliophilique et politique de la plus grande rareté: l’exemplaire fut revêtu à l’époque révolutionnaire d’une remarquable reliure de témoignage en maroquin rouge de l’époque.
4 parties reliées en 1 volume in-8 de VIII et 128 pp. ; IV et 106 pp., (2) ff. bl. ; (1) f., 116 pp. ; (2) ff., 139 pp.
Plein maroquin rouge, plats ornés d'une plaque dorée de Dubuisson, dos à nerfs fleurdelysé, pièces de titre et de tomaison en maroquin vert, tranches jaspées, doublures et gardes d'époque révolutionnaire. Précieuse et belle reliure de témoignage royal à l'époque révolutionnaire.
190 x 125 mm.
Roland, Madame (17 mars 1754 – 9 novembre 1793). Mémoires de Madame Roland. Appel à l’Impartiale postérité, par la citoyenne Roland, Femme du Ministre de l’Intérieur, ou Recueil des Ecrits qu’elle a rédigés, pendant sa détention, aux prisons de l’Abbaye et Sainte-Pélagie ;
Imprimé au profit de sa Fille unique, privée de la fortune de ses père et mere, dont les biens sont toujours séquestrés.
Première – Deuxième – Troisième – Quatrième et dernière partie.
Paris, Louvet, Libraire, maison Egalité, S.d. (20 Germinal - 20 Prairial, An III (9 avril – 8 juin 1795)).
Exemplaire apparemment unique de cette illustre édition originale autobiographique, littéraire et révolutionnaire, complète de ses quatre parties.
Martin & Walter, 29788 ; Monglond, III, 558.
Les Roland réunissaient chez eux les principaux hommes politiques qui bientôt allaient composer le parti girondin, les Brissot, les Pétion, les Buzot, les Condorcet, les Barbaroux, etc. Tous ces hommes distingués furent subjugués par la raison de Mme Roland, par la netteté de son jugement, par la fermeté de ses convictions, l'étendue de ses connaissances, peut-être bien aussi par le charme infini de sa conversation, par son esprit, ses grâces et sa beauté. Toujours est-il qu'on vit cette chose piquante : un grand parti politique dont le chef réel était une femme.
Mme Roland fut arrêtée et écrouée à Sainte-Pélagie. C'est pendant sa captivité qu'elle écrivit à la hâte les divers morceaux qui composent ses admirables mémoires.
Mme Roland se défendit avec une énergie qui touchait à la véhémence. Elle fut condamnée à mort.
Suivant Louvet, Mme Roland accueillit la sentence par ces paroles : « Vous me jugez digne de partager le sort des grands hommes que vous avez assassinés. Je tâcherai de porter à l'échafaud le courage qu'ils y ont montré ».
Entre toutes les morts magnanimes dont les annales de la Révolution nous ont conservé le souvenir, celle de la noble femme est, en effet, l’une des plus sublimes. Vêtue d'une robe blanche, debout sur la charrette, calme au milieu des clameurs de la foule, elle consolait avec un enjouement héroïque un autre condamné qui allait être son compagnon de mort et qui était fort abattu. Elle semblait une vraie héroïne de Corneille. Arrivée devant l'échafaud, elle salua la gigantesQUE statue de la liberté qui était sur le piédestal veuf de la statue de Louis XV et prononça les paroles désormais historiques : « O liberté ! que de crimes on commet en ton nom ! ».
Mme Roland est restée l'une des grandes figures de la France moderne, et sa destinée tragique éveillera toujours l'enthousiasme et 1a pitié, comme son caractère et ses talents exciteront à jamais l'admiration.
Exceptionnel et superbe exemplaire, revêtu à l’époque, en 1795, d’une reliure vierge destinée aux almanach royaux, sur laquelle on appliqua de remarquables doublures et gardes d’époque révolutionnaire et des pièces de titre et de tomaison en maroquin vert de l’époque spécialement destinées à l’exemplaire.



