Les Décades de Tite-Live

Tite-Live
Lyon et Paris, Christofle Fourmy, 1664-1669.
Prix : 15 000 €

« Tacite m’amuse, et Tite-Live m’instruit » (Voltaire).

« Tite-Live se présente à nous comme le plus moderne des historiens anciens » (Gérard Walter).

Précieux exemplaire de Jean de la Vieuville, « appartenant au petit cercle des curieux qui s’est développé à Paris à la fin du règne de Louis XIV et dont l’activité anticipe le grand mouvement bibliophilique du plein XVIIIe siècle » (Jean-Marc Chatelain).

14 volumes in-12, maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs richement ornés, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure armoriée de l’époque attribuable à Luc-Antoine Boyet, actif de 1690 à 1733.

140 x 78 mm.

Tite-Live. (59 av. J.C – 17 AP J.C) Les Décades de Tite-Live mises en François par P. Du Ryer de l’Académie Française.
Lyon et Paris, 1664-1669.

Édition lyonnaise fort rare des Décades de Tite-Live demeurée inconnue de Brunet.

Complète en 14 volumes in-12, elle est ornée d’un titre-frontispice gravé d’après Cordier, d’un portrait en médaillon de Tite-Live et d’un bandeau aux armes du dédicataire, l’archevêque de Lyon Camille de Neufville. La traduction est celle de Pierre Du Ryer (1605-1658).
Imprimée à Lyon par Christofle Fourmy, cette édition fut remise en vente chez les libraires parisiens en 1669 avec une nouvelle page de titre. On trouve l’une et l’autre adresse dans notre exemplaire.

Tite-Live est considéré comme le plus « littéraire » des historiens romains.

Précieux exemplaire relié au XVIIe siècle pour Jean de la Vieuville, bailli de l’ordre de Malte et ambassadeur de Malte en France, mort le 26 octobre 1714. Il laissa vraisemblablement ses livres à son frère, René-François, marquis de la Vieuville (1652-1719), l’un des trois curieux étudié et présenté dans « Reliures Françaises du XVIIè siècle – Chefs d’œuvre du Musée Condé ».

René-François fut l’un des plus fameux bibliophiles du XVIIe siècle, connu pour la dentelle "à la Vieuville" de ses exemplaires. Tous deux appartenaient "au petit cercle des curieux qui s’est développé à Paris à la fin du règne de Louis XIV et dont l’activité anticipe le grand mouvement bibliophilique du plein XVIIIe siècle" (Jean-Marc Chatelain).

Chevalier d’honneur de la reine Marie-Thérèse et gouverneur du Poitou, René François, marquis de La Vieuville (1652-1719), est le petit-fils de Charles de La Vieuville, surintendant des Finances de Louis XIII. En 1624, celui-ci avait été brusquement disgracié. C’est Anne d’Autriche devenue régente qui devait le sauver de la ruine et rétablir sa fortune. En 1651, au comble de la faveur, il était même fait duc et pair. A la mort du surintendant, son fils Charles II était autorisé à porter le titre sa vie durant mais, les lettres patentes n’ayant jamais été enregistrées, René François perdit définitivement la couronne ducale à la mort de son père. Cette couronne perdue est l’élément essentiel de la « dentelle La Vieuville », dont une tradition de la librairie a transmis le nom jusqu’à nous.

Ces reliures ont toutes été exécutées entre 1690 et 1710 environ par un seul atelier. Cet atelier est celui de Boyet ou plus exactement celui de son doreur, les corps d’ouvrages ayant pu être faits par deux relieurs différents. En effet, Luc-Antoine Boyet, reçu maître vers 1684, n’avait probablement pas d’atelier de dorure chez lui.

Bel exemplaire en maroquin rouge aux armes de l’un des célèbres curieux, remarquable bibliophile de la fin du règne de Louis XIV.

O. H. R., pl. 718. Gérard Walter, Dictionnaire des auteurs, Laffont-Bompiani, IV, pp. 511-513. Chatelain, La Bibliothèque de l’honnête homme : livres, lectures et collections en France à l’âge classique, pp133-134. (Chefs-d’œuvre du Musée Condé – 2002).