Histoire de France
Précieux et admirable exemplaire relié à l’époque en maroquin rouge aux grandes armes de la Comtesse de Provence.
15 volumes in-4. Enrichi de 6 volumes in-4 de portraits, 1781-1786, soit 21 volumes in-4. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, armoiries au centre, dos à nerfs orné, tranches dorées. Reliure de l'époque.252 x 192 mm.
« On trouve quelquefois joint à cette édition : Collection des portraits des hommes illustres, et quelques plans de batailles relatifs à l’histoire de France, jusqu’à Louis XIV. Paris, 1778-80, 8 volumes in-4. » (Brunet V, 1116).
Exceptionnel exemplaire imprimé sur papier de Hollande auquel on a joint, en reliure identique, six des huit volumes de portraits décrits ci-dessus.
Velly fit ses études au collège de Reims, que tenaient les jésuites, et entra dans leur société en octobre 1726. On sait qu'en décembre 1740 il quitta leur compagnie, non sans conserver cependant des relations avec plusieurs d'entre eux. Il fut même, quand il revint à Paris, en 1741, employé dans leur collège de Louis-le-Grand en qualité de précepteur. Pour se délasser de ce service et se mettre en état de s'en affranchir un jour, il se livrait à des études sérieuses et se préparait à prendre place parmi les écrivains. Il ne débuta pourtant dans cette carrière qu'en 1753, par la traduction d'un opuscule satirique de Swift sur la guerre terminée en 1713 par le traité d'Utrecht. Les jésuites s'empressèrent d'annoncer cette version dans leurs Mémoires de Trévoux (décembre 1753), en louèrent excessivement le style et déclarèrent que le traducteur était capable de quelque chose de mieux. En effet, l'abbé Velly avait entrepris un bien plus grand ouvrage. On ne lisait presque plus les histoires générales de la France rédigées avant le milieu du 17è siècle. On s'apercevait même que Mézeray s'était souvent dispensé de remonter aux sources de nos anciennes annales, et on pouvait le regretter d'autant plus qu'il eût été fort capable d'y puiser avec clairvoyance et discernement. Daniel, tant prôné en 1713, n'avait déjà plus qu’un petit nombre de lecteurs : Longuerue et Voltaire avaient signalé ses erreurs, accusé sa partialité ; on se plaignait encore plus de la négligence de sa diction, de la monotonie de son style, et ces défauts choquaient ou rebutaient à tel point qu'on ne lui tenait point assez compte des recherches laborieuses par lesquelles il avait, l'un des premiers, porté quelque lumière dans l'histoire si ténébreuse de la dynastie mérovingienne.
Les matériaux d'un corps d'annales, plus complet et plus exact, venaient d'être fournis par dom Bouquet dans huit volumes du Recueil de relations et de piècesoriginales, imprimés de 1738 à 1752 : on dut croire que Velly avait exploité une mine si féconde lorsqu'on le vit mettre au jour les deux premiers tomes d'une nouvelle Histoire de France, en 1755, l'année même où une seconde édition de celle de Daniel, augmentée par Griffet, commençait à paraître. Cependant tous les règnes mérovingiens tenaient, avec ceux de Pépin et de Charlemagne, dans le premier tome (in-12) de Velly, et le second finissait à l'an 1108, époque de la mort de Philippe ler, quatrième roi capétien. C'était beaucoup de rapidité : ces deux volumes essuyèrent des critiques, auxquelles l'au...
