Les Possédés
« Les Possédés sont une des quatre ou cinq œuvres que je mets au-dessus de toutes les autres… je m'en suis nourri… je m'y suis formé…L'ébranlement que j'en ai reçu dure encore, après vingt autres années. » (Albert Camus)
Bel exemplaire, l’un des 21 du tirage de tête, conservé broché.
In-12 de 298 pp., broché, non coupé.
186 x 118 mm.
Camus, Albert. Les Possédés, pièce en trois parties adaptée du roman de Dostoïevski par Albert Camus.
Paris, Gallimard, 1959.
Édition originale.
L’un des 21 exemplaires de tête sur vergé de Hollande (N°15).
Cette pièce adaptée des Possédés de Dostoïevski fut créée et mise en scène par l'auteur le 30 janvier 1959 au Théâtre Antoine.
Une petite ville de province se voit confrontée au retour de Nicolas Stavroguine, homme fascinant à la beauté glacée, personnage vide, sans but, ayant rejeté Dieu au profit de la liberté et de l'inévitable chaos qui l'accompagne ; chaos attisé par Piotr Stepanovitch Verkhovenski qui souhaite développer l'action révolutionnaire... Mais à cette lutte entre le bien et le mal se substitue la tragédie de l'homme abandonné de Dieu, la liberté infinie engendrant un despotisme infini.
En 1955, dans une interview, Camus déclarait avoir découvert le roman de Dostoïevski à vingt ans et ajoutait : « L'ébranlement que j'en ai reçu dure encore, après vingt autres années ».
Cette pièce s’interprète comme une critique de toutes les idéologies d’un bout à l’autre de l’échiquier des doctrines possibles, depuis le conservatisme modéré ou ultra jusqu’au socialisme et au nihilisme, toutes visions du monde aboutissant aux « démons » qui s’emparent du cœur et de l’âme des « possédés » et les fait sombrer dans l’horreur ou l’incohérence.
« Les Possédés sont une des quatre ou cinq œuvres que je mets au-dessus de toutes les autres. A plus d'un titre, je peux dire que je m'en suis nourri et que je m'y suis formé. Il y a près de vingt ans en tout cas que je vois ses personnages sur la scène. Ils n'ont pas seulement la stature des personnages dramatiques, ils en ont la conduite, les explosions, l'allure rapide et déconcertante. Dostoïevski, du reste, a, dans ses romans, une technique de théâtre : il procède par dialogues, avec quelques indications de lieux et de mouvements.
Aujourd'hui, voici Les Possédés sur la scène. Pour les y porter, il a fallu plusieurs années de travail et d'obstination… J'ai simplement tenté de suivre le mouvement profond du livre et d'aller comme lui de la comédie satirique au drame, puis à la tragédie » (Camus, Prière d'insérer, avril 1959).
Bel exemplaire du tirage de tête, conservé broché.
