Cinq-Mars, ou une conjuration sous Louis XIII.
Cinq-Mars de Vigny, « lepremier roman historique français ».
Précieux exemplaire enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur à « Madame Emile Deschamps », amie intime de l’écrivain.
2 volumes in-12 de : I/ (2) ff., XXXII et 183 pp., (2) ff., 247 ; II/ (2) ff., 261 pp., (2) ff., 261 pp.
Demi-veau à coins, dos lisses orné de filets et motifs. Reliure de l’époque.
166 X 100 mm.
Vigny, Alfred de. Cinq-Mars, ou une conjuration sous Louis XIII.
Paris, Charles Gosselin, 1829.
Cinq Marsd’Alfred de Vigny, « le premier roman historique français ».
Clouzot, 274 ; Carteret, II, 452 ; Vicaire, VII, 1053 ; Rahir, Bibliothèque de l’amateur, 672.
Quatrième édition de Cinq-Mars, augmentée.
L’exemplaire offert par l’auteur à Madame Emile Deschamps portant un envoi autographe signé d’Alfred de Vigny.
« Cinq-Mars » est vraiment le premier roman historique français, traité à la manière de Walter Scott.
L’action du roman se situe au début du XVIIe siècle et a pour cadre la cour du roi Louis XIII. Il relate l’histoire du marquis de Cinq-Mars qui sut gagner l’estime du roi en organisant un mouvement d’opposition au cardinal de Richelieu. Cependant, des manipulations, des complots, des trahisons diverses amenèrent finalement le roi à abandonner son champion et permirent à Richelieu de triompher.
En choisissant cet épisode historique et en magnifiant le personnage de Cinq-Mars Vigny prenait délibérément partie en faveur d’une aristocratie restée fidèle à l’idéal chevaleresque.
Il aurait voulu exprimer dans cet ouvrage une de ses idées les plus chères : la défense de l’ancienne noblesse sacrifiée par Richelieu à la monarchie absolue et unitaire.
Dans « Journal d'un poète », Alfred de Vigny décrit ainsi la genèse de « Cinq-Mars » : « Apres avoir lu les Mémoires du Cardinal de Retz, il me vint dans l'esprit d'écrire l'histoire de la Fronde. J'avais quatorze ans, c'était fort mauvais, certainement et je déchirai cela depuis, mais j'en conservai la mémoire minutieuse des faits de cette époque ... Il me sembla depuis acquitter une véritable dette d'amitié lorsque j'écrivis Cinq-Mars et peignis l'abbé de Gondi ... et en 1824 à Oloron dans les Pyrénées, je composai entièrement et écrivis sur une feuille de papier le plan entier de Cinq-Mars. Il n'y a pas de livre que j'ai plus longtemps et plus sérieusement médité ... Ce ne fut qu'en 1826 que je me mis à écrire le livre d'un bout à l'autre, et, comme on dit, d'une seule encre » (Œuvres d'Alfred de Vigny, Pléiade, II, 1948, pp. 1063 et 1087).
Victor Hugo écrivit dans la Quotidienne du 30 juillet 1826 : « Admirable ! La foule le lira comme un roman, le poète comme un drame, l’homme d’Etat comme une histoire ! ».
Un livret fut tiré de ce roman par Paul Poirson et Louis Gallet, pour un opéra en quatre actes et cinq tableaux : Cinq-Mars, du compositeur français Charles Gounod (1818-1893), représenté à Paris en 1877.
Le précieux exemplaire offert par l’auteur à « Madame Emile Deschamps » enrichi d’un envoi autographe signé de Vigny, conservé dans ses reliures de l’époque.
On se rappelle la vieille amitié qui unissait Alfred de Vigny à Emile Deschamps. C’est par Emile Deschamps que Vigny et Hugo s’étaient connus. Vigny fit partie du petit cénacle connu sous le nom de la Muse française que Deschamps avait formé en 1818. Aux diverses journées mémorables de la bataille romantique, nous les avons vu combattre côte à côte. Leurs Méditations sur Paris les rapprochent. Nous ne nous étonnerons pas que l’aimable homme ait été l’un des rares confidents de la passion de Vigny pour Mme Dorval.
Tout ce que Paris comptait de supériorités et de talents passa dans le salon de Madame Emile Deschamps.



