Lettres de mon moulin
Superbe exemplaire des Lettres de mon Moulin.
Edition originale dont il n’a pas été tiré de grand papier.
In-12 de (2) ff., 302 pp.
Maroquin aubergine, large encadrement d’un jeu de dix filets dorés brisés aux angles, dos orné du même décor dans les entre-nerfs, encadrement intérieur orné de filets dorés, doublure et gardes de soie moirée verte, tranches dorées sur témoins, couvertures conservées, étui. (E. & A. Maylander).
180 x 114 mm.
Edition originale « très rare et très recherché » (Clouzot) dont il n’a pas été tiré de grand papier.
Carteret, I, 192 ; Clouzot, 80 ; Talvart, IV, 13 ; Vicaire, III, 37.
« Livre rare et estimé comme contenant les plus beaux contes de l’auteur » (Carteret).
Les Lettres de mon moulin, recueil de contes publié en 1869 et qui fonda, comme chacun sait, la réputation de l’auteur annonce les divers romans que Daudet allait bientôt consacrer à la Provence et qui sont le meilleur de son œuvre. Daudet fut jusqu’à sa mort atteint de nostalgie, au point de se sentir à Paris l’âme d’un proscrit. S’étant toujours passionné pour la vie méridionale, il s’est complu à en écrire les moindres aspects : ballades en proses, histoires naïves, paraboles, contes fantastiques et drolatiques, sans oublier le paysage : Daudet excelle à faire flèche de tout bois. Un préambule nous apprend que le poète a fait l’acquisition d’un vieux moulin provençal, afin de pouvoir donner carrière à ses rêveries. C’est là qu’il griffonnera la trentaine de Lettres dont se compose le volume.
Dans chacun de ces contes, s’inscrit un aspect du caractère provençal. Si le paysage y joue un grand rôle, il n’ôte jamais rien au mérite des figures. Ce que l’on goûte surtout ici, c’est un mélange incomparable de malice, de verve et d’émotion. Mais leur qualité première restera cette sympathie avec laquelle l’auteur s’attache aux humbles, aux bêtes et aux plantes, avec une sollicitude qui ne désarme jamais. Le travail est celui d’un « orfèvre », qui, d’un seul trait de la plus grande finesse, peut créer un climat et cerner un personnage dont le relief lui permettra de demeurer légendaire. C’est cette simplicité et cet art de ne jamais « appuyer » sur tout chose qui en ont fait un de nos plus grands conteurs.
« C'est l'infinie variété des Lettres de mon Moulin qui mérite le plus d’être mise en lumière, et qui justifie le mieux que l'on recommande de les lire en entier » (En français dans le texte).
« La fortune littéraire de M. Alphonse Daudet est des plus éclatantes qu’on ait vues. C’est une séduction universelle. Ceux qui veulent des larmes et ceux qui veulent de l’esprit, les amoureux d’extraordinaire et les quêteurs de modernité, les simples, les raffinés, les femmes, les poètes, les naturalistes et les stylistes, M. Daudet traîne tous les cœurs après lui, car il a le charme… » (Carteret).
Belle reliure des frères Maylander, ornée d’un décor géométrique de jeu de filets.
Des bibliothèques Charles Hayoit (III, 2001, n° 384) et B. Loliée.





