Les Dieux ont soif
Les Dieux ont soif : édition originale de ce grand roman historique d’Anatole France, « peut-être le plus beau roman sur la Révolution française ».
Très bel exemplaire sur Japon, premier papier, aux couvertures et dos conservés, enrichi d’un envoi et d’un manuscrit autographes avec corrections de l’auteur.
In-12 de (2) ff., 360 pp.
Maroquin rouge à long grain, décor romantique doré sur les plats, dos à nerfs orné de même, double filet or sur les coupes, doublures de moire et maroquin orné, tranches dorées, exemplaire non rogné, couvertures et dos conservés. Reliure de Valmorel.
182 X 114 mm.
France, Anatole. Les Dieux ont soif.
Paris, Calmann-Lévy, s.d. (1912).
Edition originale de « l’un des plus beaux romans historiques écrits sur l’époque de la Terreur à Paris » (Marie-Claire Bancquart).
Carteret, I, 294 ; Talvart, VI, 153, 77A ; Fléty, 12 ; Peyré, 191.
L’un des rares exemplaires sur Japon, premier papier.
Il est enrichi d’un envoi et d’un manuscrit autographes de l’auteur.
« Mon cher Hervé, j’ai lu il y a quelques semaines une biographie de Robespierre, ce qui m’a donné envie de me replonger dans la Révolution française. Cette époque m’a toujours fasciné. Ces dix années, de 1789 à Bonaparte, ont profondément transformé la France et il n’est pas si facile de faire bouger ce pays où j’ai parfois l’impression que rien n’a vraiment changé durant les trente dernières années. J’ai donc relu Les Dieux ont soif d’Anatole France (1844-1924), publié en 1912. Anatole France est bien oublié, son succès fut pourtant considérable et il passe pour le modèle du Bergotte de Proust » (Notes de voyage de Laurent Jouannaud).
Narrant des événements qui se passent de mai 1793 à la fin juillet 1794, ce grand roman historique raconte l’histoire d’Evariste Gamelin, un peintre raté, qui devient juré au Tribunal révolutionnaire.
Faisant « taire ses sentiments dans l’intérêt supérieur de l’humanité », persuadé d’être un pur, cet austère met en pratique jusqu’au fanatisme la devise des révolutionnaires inscrite au-dessus de la porte de l’église des Barnabites devenue siège de l’assemblée générale de la section : « Liberté, Egalité, Fraternité ou la Mort. » Et l’on pourrait dire de lui ce qui fut dit de Robespierre l’Incorruptible : « Il est vertueux : il sera terrible. »
« Les prisons regorgeaient ; l’accusateur public travaillait dix-huit heures par jour. Aux défaites des armées, aux révoltes des provinces, aux conspirations, aux complots, aux trahisons, la Convention opposait la terreur. Les dieux avaient soif. » Evariste enverra à la mort des dizaines de suspects. Au plus fort de la Terreur, les choses vont vite. C’est l’acquittement ou la mort. Il n’y a pas d’instruction, une dénonciation suffit pour passer en jugement. Il n’y a pas d’avocat, pas de témoins. L’accusé a quelques minutes pour se défendre.
« Il faut asséner le verdict comme un coup de massue sur les ennemis de la République ».
Les dieux ont soif est un roman amer sur la condition humaine.
Anatole France a l’art de recréer l’atmosphère et la mentalité de cette époque.
On ne saurait que conseiller de lire ou de relire cet ouvrage trop longtemps délaissé. On y apprend que les hommes deviennent cruels et féroces quand ils sont persuadés de détenir la Vérité, au risque d’être « dévorés par l’Histoire », comme l’est Evariste Gamelin. Les dieux ont soif, roman de la Terreur, depuis sa naissance jusqu'à son effacement par la réaction thermidorienne, est peut-être le plus beau roman sur la Révolution française.
Très bel exemplaire imprimé sur Japon, aux couvertures et dos conservés, enrichi d’un envoi et d’un manuscrit autographes, corrigeant le texte, de l’auteur.
Des bibliothèques Raoul Simonson et Georges Donckier de Donceel, avec ex-libris.





