Misère de la poésie.

Breton, André
Prix : 4 500 €

Misère de la poésie, édition originale.

Bel exemplaire, l’un des quelques Hors commerce justifiés, conservé broché, tel que paru.

L’exemplaire Paul Eluard, avec envoi autographe de Breton.

In-8 de 31 pp., broché tel que paru.

232 x 147 mm.

Breton, André. Misère de la poésie.

P., Editions Surréalistes, 1932.

Edition originale.

Exemplaire justifié H.C. avec envoi de la main de Breton à son ami Paul Eluard.

« Misère de la poésie est un texte qui dépasse de loin les circonstances de sa publication. Si la raison d'être [...] du tract L'Affaire Aragon, c'était la défense d'Aragon pour la publication de son poème "Front rouge", les critiques et les commentaires, favorables ou défavorables, entraînés par ce tract et cette campagne, allaient conduire Breton à définir avec une grande rigueur la position surréaliste quant aux relations de l'expression lyrique avec la société. Ainsi allait-il se trouver tout naturellement porté à passer de - L'Affaire Aragon - en quelque sorte opportuniste - à l'analyse théorique de Misère de la poésie, qui apparaît ainsi comme une préface aux Vases communicants (1932) et aussi à Position politique du Surréalisme (1935). L'importance même de ce texte nous dissuade de tenter de le réduire à ses grandes lignes, ce qui serait le trahir : qu'on s'y reporte, d'autant qu'il s'agit là certainement du texte de Breton le plus méconnu. » (José Pierre, Tracts surréalistes et déclarations collectives, t.1, 1922-1939).

L’exemplaire Paul Eluard avec envoi de la main de Breton.

Ces deux-là furent frères, avant que choisir qui Trotski, qui Staline, et de s’opposer sur le sens même de la révolution à mener.

« Tout avait donc commencé au printemps de 1919, au cours duquel Breton cherche à entrer en contact avec Éluard, que Paulhan avait déjà repéré et recruté pour la toute jeune revue Littérature. Ainsi, il l’invite à la lecture d’Anicet, par Aragon, à l’Hôtel des Grands Hommes, place du Panthéon, où il avait élu domicile. » Ils se retrouvent à nouveau fin mai, en chahuteurs à la matinée Claudel, organisée par Adrienne Monnier au théâtre du Gymnase. Événement qui fera l’objet d’une note des plus irrévérencieuses d’Éluard dans Littérature. De son côté, Breton donne plusieurs textes à la petite revue Proverbe, fondée par Éluard.

Relation dont l'un et l'autre mesureront rétrospectivement le caractère exceptionnel. "J'ai cru, comme en aucun autre, à ton amitié, à ta compréhension profonde de ce que nous voulions", écrit Breton à Eluard en mars 1936. A partir de cette année, les engagements révolutionnaires dictés au départ par la même et intransigeante passion les conduisent peu à peu vers des choix opposés. Rejoignant une aspiration de jeunesse vers la fraternité humaine, Eluard va en chercher l'incarnation du côté du Parti communiste auquel il adhérera pendant la guerre alors que les yeux de Breton se seront définitivement dessillés lors du premier Procès de Moscou.

Bel exemplaire, l’un des quelques Hors commerce justifiés, conservé broché, tel que paru.