La Prosopographie
Le seul exemplaire – magnifique – décrit et cité par Olivier Hermal relié aux armes du Maréchal d’Aumont (1522-1595).
Le Maréchal d’Aumont fut un des premiers à reconnaître Henri IV.
Lyon, 1573.
In-4 de (12) ff., 528 pp. (mal chif. 520), (8) ff.
Maroquin brun, filets dorés encadrant les plats, armoiries dorées au centre, volutes à fond azuré aux angles, semis de chiffres couvrant les plats et le dos, tranches dorées, ff. brunis.
Remarquable reliure de l’époque.
242 x 162 mm.
Du verdier, Antoine. La Prosopographie ou Description des personnages insignes, enrichie de plusieurs effigies, et réduite en 4 livres.
Lyon, Antoine Gryphius, 1573.
Edition originale fort rare de cette« chronique du monde ».
Baudrier, VIII, 362 ; Adams, D-1219 ; Brunet, II, 929.
Manque à Soltesz, Machiels, Mortimer, Harvard French et STC French.
Le texte de Du Verdier abonde en digressions (l’invention des banques à Lyon, la définition de la comédie et de la tragédie dans l’article Sophocle, l’invention de l’imprimerie bien attribuée à Gutenberg, p. 469).
Antoine du Verdier (1544-1600) fut conseiller du roi, homme d’armes de la compagnie du sénéchal de Lyon, contrôleur général de cette ville et gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.
Il avait cultivé la poésie dans sa jeunesse et s’était fait une belle bibliothèque.
Jointe à l’exemplaire, la description de cette édition originale, par le grand libraire Belin :
« Très importante chronique embrassant l’histoire des personnages célèbres de l'antiquité juive, grecque et romaine, et du moyen âge jusqu’au xviè siècle ; on y trouve, en particulier, de très utiles renseignements sur les écrivains contemporains de Du Verdier.
Edition originale ; elle est illustrée du portrait de l’auteur compris dans un bel encadrement historié de style Renaissance et de très nombreux portraits et allégories en médaillons, gravés sur bois ; le titre et le verso du dernier feuillet sont ornés de deux marques différentes de Gryphe.
Précieux exemplaire, réglé, dans une riche reliure décorée de semis de chiffres et aux armes de Jean d’Aumont, maréchal de France, l’un des plus grands capitaines de son temps.
Jean d’Aumont né en 1522 servit, jeune encore, en Italie et se distingua par sa bravoure, sous le maréchal de Brissac, en Piémont. Henri III le fit chevalier du Saint-Esprit en 1578 et maréchal de France en 1579. Il ne se signala pas moins sous Henri IV à la bataille d’Ivry, puis comme gouverneur de la Bretagne. Il fut tué dans une attaque près de Tours en 1595. II avait servi six rois : François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III et Henri IV. De la bibliothèque du Baron J. Pichon » (Librairie Belin, 1935).
Jean d’Aumont fut blessé et fait prisonnier à la bataille de St-Quentin, en 1557. L’année suivante, il se trouva à la prise de Calais. Fidèle serviteur de ses rois, Jean d’Aumont combattit pour eux contre les huguenots, en 1562, à la bataille de Dreux, à celles de St-Denis, de Moncontour, et enfin au siège de la Rochelle, en 1573. Henri III, devenu roi de France, récompensa ses services en le faisant chevalier de ses ordres, en 1579, et ensuite maréchal de France. A la mort de Henri III, en 1589, le maréchal d’Aumont fut un des premiers à reconnaître Henri IV, et le servit avec le même zèle que ses cinq prédécesseurs. Il reçut de ce prince le gouvernement de la Champagne. Il le joignit devant Dieppe, et se trouva à la journée d’Arques, en 1589 ; l’année suivante, il se distingua tellement à la bataille d’Ivry, que Henri IV, en l’invitant à souper le soir même de cette mémorable victoire, lui dit : « Il est juste que vous soyez du festin, après m’avoir si bien servi à nos noces. » Nommé ensuite au gouvernement de Bretagne, il sut y tenir tête au duc de Mercœur, qui y commandait pour les ligueurs. Il s’empara de différentes places, telles que la ville de Mayenne, le château de Rochefort, près d’Angers ; mais en assiégeant Camper, en Bretagne, il reçut un coup de mousquet qui lui fracassa le bras, et il mourut de sa blessure, le 19 août 1595, à 75 ans. Il avait refusé, comme Crillon, d’assassiner le duc de Guise, et conseilla à Henri III de faire trancher la tête, sur une place publique, à cet illustre rebelle mais comme la puissance et l’audace de ce grand coupable le mettaient au-dessus des lois, le maréchal respecta le secret de son maître, et s’abstint de juger le moyen de vengeance choisi par lui. Aussi, au moment de l’assassinat du duc, lorsque le cardinal se leva dans la salle du conseil en s’écriant : « Ah ! on tue mon frère ! » le maréchal d’Aumont mit l’épée à la main, en disant : « Mort dieu ! qu’homme ne bouge, s’il ne veut mourir. » Les Mémoires de Nevers, de l’Etoile et d’Aubigné, dans la Confession de Sancy, présentent le maréchal d’Aumont comme un preux de l’ancienne roche, et un franc Gaulois. D’Aumont fut un des meilleurs capitaines et des plus zélés serviteurs qu’aient eus François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III et Henri IV.
Précieux et superbe exemplaire, le seul cité et décrit parOlivier-Hermal (pl. 361), conservé dans sa riche reliure du xviè siècle.
Provenance : Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, Baron Pichon et Maurice Burrus, avec ex-libris.
