Les Passetems
Exemplaire d’exception relié en maroquin rouge ancien à dentelle aux armes de Marie-Louise d’Aspremont, duchesse de Lorraine (1651-1692).
De la bibliothèque Méon.
Paris, Lucas Breyer, 1573.
In-8 de (4) ff., 128 pp. mal chiff. 126.
Maroquin rouge, bordure avec motif floral aux angles, armoiries au centre, dos lisse orné,
doublure et gardes de tabis bleu, tranches dorées. Reliure du XVIIe siècle.
161 x 97 mm.
Baïf, Jean-Antoine de. Les Passetems.
Paris, Lucas Breyer 1573.
Édition originale de ce tableau remarquable de la sociabilité mondaine à la cour des Valois.
Baïf y a rassemblé en cinq livres et sans ordre apparent 332 courtes pièces composées entre 1550 et 1572, qui n'avaient pas trouvé place dans les Poèmes, les Amours ou les Jeux. C'est donc pour l'essentiel un recueil d'épigrammes sur les sujets les plus divers ; tous les genres brefs goûtés par la Pléiade y sont représentés, dans une variété de formes et de tons qui rappelle les recueils d'épigrammes néo-latines de la Renaissance : étrennes, épitaphes (réelles ou satiriques), vœux, priapées et autres «gaillardises », « présages », mascarade, dialogues, anagrammes, acrostiches, sans oublier une centaine de sonnets épars, quelques chansons et la célèbre odelette « Du Printemps » (Livre I, pièce 6). Parfois, Baïf semble aussi vouloir renouer avec la tradition gauloise de l'épigramme marotique, volontiers obscène ou scatologique. Il trouve enfin son inspiration dans l'actualité : il réunit dans les Passetemps les épitaphes qu'il a d'abord publiées dans des Tombeaux collectifs, les pièces liminaires qu'il a offertes pour les recueils de ses amis, les impromptus et autres compliments rimés qu'il a pu composer l'occasion d'un dîner ou d'une fête de cour, etc. A ce titre, le recueil constitue un document non négligeable sur la sociabilité mondaine à la cour des derniers Valois.
Élégamment imprimée en caractères italiques par Lucas Breyer, l'édition est agrémentée de jolies lettrines ornementées, de bandeaux, d'arabesques et de fleurons typographiques. Une partie du tirage a été inséré la même année dans la première édition collective des Œuvres en rimes de Baïf.
« L'œuvre immense de Baïf (1532-1589) incarne les hautes ambitions morales, intellectuelles et artistiques de la Pléiade. La recherche actuelle tend à lui restituer un rôle de premier plan dans le renouveau esthétique issu de l'humanisme. »
Exemplaire exceptionnel conservé dans sa reliure ancienne en maroquin à dentelle aux armes de Marie-Louise d’Aspremont, duchesse de Lorraine (1651-1692), fille de Charles de Nanteuil, comte d’Aspremont et de Marie-Françoise de Mailly, mariée au duc Charles de Lorraine le 4 novembre 1665, veuve le 18 septembre 1675. Les bibliographes ne répertorient aucun autre exemplaire en maroquin à dentelle armorié.
Il est enrichi d’un portrait de Baïf gravé par C. S. Gaucher, placé en regard du titre.
Provenance : de la bibliothèque Méon avec son petit numéro rouge caractéristique sur le titre.
