Le Médecin de campagne

Balzac, Honoré de

Édition originale du Médecin de Campagne conservée dans ses pleines reliures armoriées de l’époque, condition rarissime.

Paris, 1833.

2 volumes in-8 de : I/ faux titre, titre sans tomaison, avec épigraphe orné d’une vignette reproduite sur la couverture ; en tout 360 pages ; II/ faux-titre, titre (tome second) en tout 326 pages, plus 8 pages d’annonces de Balzac. Ce tome II (juillet 1833) est imprimé par Lachevardière.

Percaline vert pâle, cadre de filets à froid sur les plats, dos lisse, armories dorées frappées en queue des dos, tranches jaspées. Pleine reliure armoriée de l’époque.

185 x 125 mm.

Balzac, Honoré de. Le Médecin de campagne.

Paris, L. Mame-Delaunay, Février 1833. Juillet 1833.

Edition originale de toute rareté en reliure armoriée de l’époque de l’un des plus recherchés parmi les grands romans de Balzac.

Faibles rousseurs éparses inhérentes aux exemplaires non lavés.

Carteret, I. 66. 68, Clouzot, 21

Ainsi que Le Curé de village, Les Paysans, ce roman fait partie des « Scènes de la vie de campagne ».

Balzac l’écrivit à une période de sa vie où, déçu par son amour de la comtesse de Castries, et par l’échec de ses ambitions politiques (il a songé à se présenter à la députation, sous le drapeau du parti légitimiste), il traverse une « crise » qui le métamorphose. Le « lion » parisien reçu dans les salons du faubourg Saint-Germain, renonce aux vanités du dandysme, aux gilets brodés et aux cannes fameuses pour faire retraite dans son œuvre.

Le roman porte en exergue la phrase suivante, où l’on devine l’écho d’une expérience personnelle : « Aux cœurs blessés, l’ombre et le silence ». L’auteur a donné à son héros, le docteur Benassis, une physionomie qui rappelle la sienne propre ; il lui prête des idées, des sentiments qui sont les siens. Dans La Duchesse de Langeais, œuvre écrite à la même époque, Balzac, sous le couvert d’une affabulation follement romanesque, dressait un réquisitoire contre l’aristocratie moribonde, incapable de se renouveler. Le roman s’intitulait primitivement « Ne touchez pas à la hache » ; c’était la hache que le héros, le général de Montriveau – autre incarnation de l’auteur – voulait porter dans le tronc pourri de la noblesse française. Cette opération de salubrité constitue, si l’on peut dire, l’aspect négatif du programme politique de Balzac. Le Médecin de campagne expose l’aspect positif de ce programme. L’auteur développe ses idées sur les grands aspects de la politique nationale : le rôle de l’aristocratie ; celui de l’Eglise ; les dangers de l’élection ; la nécessité du « laisser faire, laisser passer… » Plus que d’aucun autre roman, on peut dire que Le Médecin de Campagne a été écrit à la lumière de ce double flambeau : la religion, la monarchie.

L’œuvre, qui se déroule majestueusement à travers d’admirables paysages savoyards contient un épisode célèbre, enchâssé dans de longs commentaires entre Benassis et Genestas : c’est le récit de l’épopée impériale, fait par un vieux sapeur, dans une grange, à la veillée. Balzac a su capter à sa source la prodigieuse légende de Napoléon, relié directement à la divinité par un mystérieux intermédiaire : l’« homme rouge » ; la légende est contée dans un langage populaire d’une admirable verdeur : c’est le pas des régiments en marche sur toutes les routes de l’Europe que l’on entend ici.

L’une des éditions originales les plus recherchées de Balzac.

A la vente Duché en 1972, Le Père Goriot était vendu 2 800 fr. ; Splendeurs et misères des Courtisanes, 2 000 Frs et Le Médecin de Campagne, 4 500 Frs.

Remarquable exemplaire, l’un des seuls répertoriés conservé dans ses émouvantes reliure pleines armoriées de l’époque.

Vendu