Le chant du cocq françois

Baret, Jacques
Paris, par D. Langlois, 1621.
Prix : 7 500 €

« La singularité et la rareté de l’ouvrage sont les motifs qui lui donnent du prix ».

Édition originale rarissime, singulière et recherchée publiée en 1621 de l’un des premiers textes littéraires opposant l’Europe Chrétienne de Louis XIII à l’Islam.

« Cette précieuse originale se situe à la frontière du récit historique et du roman de chevalerie dans lequel le héros principal, Samuel Korecki, affronte plein de témérité les armes de l’« infidèle Croissant »» (Em. C. Antoche).

Superbe exemplaire Labédoyère relié en maroquin de Derome le jeune.

In-8 de (8), 221 pp.
Maroquin vert, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse orné, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure de Derome le jeune, vers 1760.

160 x 95 mm.

Baret, Jacques. Le chant du cocq françois. Au roy. Où sont rapportées les prophéties d’un hermite allemand de nation, lequel vivoit il y a six vingts ans, dont aucunes ont desja esté accomplies au royaume de Boheme, & Palatinat ; & les autres predisent que le roy doit reünir toutes les fausses religions à la Catholique, & se rendre empereur de l’univers. Ce qui est encores confirmé par plusieurs autres predictions anciennes de saincts personnages bien approuvez ;
Paris, par D. Langlois, 1621.

Édition originale rarissime très recherchée.

Baret (Jacques), sieur de la Galanderie, avocat, ensuite référendaire en la chancellerie de France, naquit à Tours en 1579, de Jacob Baret, procureur du roi en la prévôté de cette ville. Il paraît que, malgré sa profession, l'amour des belles-lettres l'emporta chez lui sur l'étude de la jurisprudence ; et ce penchant décidé lui fit prendre pour devise, « sic vos vita beabit », anagramme de ses deux noms latinisés, « Jacobus Baretus ». Des deux seuls ouvrages qu'il ait publiés, l'un est très recherché et mis au rang des livres curieux ; il est intitulé : « Le Chant du Coq françois, au roy, où sont rapportées les prophéties d'un hermite allemand » ; Paris, 1621, in-12. L'ouvrage se compose de deux parties : dans la première, qui contient le Chant du Coq, l'auteur s'efforce de prouver à Louis XIII qu'il doit aller combattre les Turcs pour les amener à la religion catholique. La seconde est un recueil de différentes révélations qui toutes tendent à annoncer le triomphe de l'église sur l'hérésie. Probablement la singularité et la rareté de l'ouvrage sont les motifs oui lui donnent du prix.

Le privilège du roi date du 7 mai 1621.

Dans Le Chant du Coq françois, ouvrage à caractère prophétique qui nécessite une recherche particulière, Jacques Baret s'efforce de prouver au roi Louis XIII que celui-ci doit rejoindre la croisade contre les Ottomans pour les vaincre et les convertir à la religion catholique. Il en est déjà question dans l’Histoire sommaire, lorsque l'auteur traite des ambassades envoyées en 1618 à la cour de France par le sultan Osman II : « [...] redoutant que sa Majesté n'arme quelque jour contre luy, et qu'il n'accomplisse les anciennes Prophéties, portant, que l'Empire du Turc sera en fin subjugué par un Roy de France, issu de la tige du grand sainct Louys, qui estoit de son temps la terreur des infidelles ».

Selon Baret, une éventuelle alliance entre les rebelles "hérétiques" de Bohême et les Ottomans représente une grave menace pour la chrétienté. D'où la prophétie que le roi de France unira ses forces avec le Saint-Empire pour combattre leurs ennemis communs jusqu'à la délivrance de la ville de Constantinople:

Nous sommes loin de pouvoir mesurer l’impact d’un livre comme le Chant du Coq françois sur l’esprit des gens cultivés de la première moitié du XVIIe siècle.

Certes, au XIXe on croyait de moins en moins aux prophéties et certains auteurs étaient moins indulgents à l'égard de ce genre de littérature. On sait ce que Jean-Louis Chalmel a écrit dans l'Histoire de Touraine au sujet du Chant du Coq françois : « [...] probablement la singularité et la rareté de l'ouvrage sont les motifs qui lui donnent du prix ».

« Quant à Jacques Baret, né aux environs d'Avranches, vers 1545, il fut un des disciples les plus dévoués de Postel, et adopta toutes ses rêveries. On a de lui un livre fort singulier, intitulé « Le chant du Coq françois, où sont rapportées les prophéties d'un hermite allemand, qui annoncent que le Roi de France doit réunir toutes les fausses religions et se rendre empereur de l'univers » (Paris, 1621, in-8.). On remarque un passage où l'auteur prédit que Barenton, pour avoir donné le jour à Guillaume Postel, deviendra une de plus célèbres villes du monde ».

Il est fort probable que Baret avait été influencé par les prophéties de Giovanna Veronese et qu'il avait puisé de nombreuses informations dans les ouvrages de Postel, matière qui lui était d'ailleurs nécessaire à l'écriture du Chant du Coq françois.

Superbe exemplaire d'une édition originale singulière et rarissime relié en maroquin vert de Derome le jeune provenant de l'illustre bibliothèque Labédoyère.