La Folle Journée, ou Le Mariage de Figaro

Beaumarchais, Pierre Augustin Caron de

Édition originale de premier tirage du Mariage de Figaro.
Danton attribuera à la pièce la chute de l’aristocratie : « Figaro a tué la noblesse ».
Bel exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque.

In-8 de (2) ff., LVI et 237 pp.

Veau marbré, filet à froid encadrant les plats, dos à nerfs orné de filets et fleurons dorés, pièce de titre en maroquin citron, coupes décorées. Reliure de l’époque.

196 x 125 mm.

Beaumarchais, Pierre-Augustin Caron de. La folle journée, ou le Mariage de Figaro, Comédie en cinq Actes, en Prose, par M. de Beaumarchais. Représentée pour la première fois par les Comédiens Français ordinaires du Roi, le mardi 27 avril 1784.

[Paris], Palais Royal, Ruault, 1785.

Edition originale de tout premier tirage du Mariage de Figaroavec la faute « trosieme » au titre de la page 109.

Tchemerzine, I, 491 ; Le Petit, 568-569 ; Cordier, 128 ; En francais dans le texte, 178 ; PMM, 230.

« L’Originale parut sans figures » (Tchemerzine).

Danton attribuera à la pièce la chute de l’aristocratie : « Figaroa tué la noblesse ».

« Comédie en cinq actes et en prose,  La Folle journée fut reçue à la Comédie française en 1781, mais il fallut trois ans d’une bataille acharnée avant qu’elle pût être présentée au public ; de nombreux censeurs l’examinèrent, Louis XVI s’était prononcé depuis le début : « Cela est détestable et ne sera jamais joué ».

Mais Beaumarchais fit tout, avec son habituelle rouerie pour forcer le roi à revenir sur son veto. Il lut la pièce dans les salons, devant les plus hauts personnages ; aucun n’osa se prononcer contre, se souvenant du mot de Figaro qu’ « il n’y a que les petits esprits pour craindre les petits écrits ». Enfin, il obtint l’autorisation ; mais au moment de la représentation, la pièce fut interdite par ordre du roi, d’où protestation du public qui dégénéra presque en émeute. La pièce fut ensuite donnée en privé devant le comte d’Artois, frère du roi, et l’interdiction fut levée » (Dictionnaire des Œuvres).

« La représentation du 27 avril 1784 fut une des plus mémorables de toute l’histoire du théâtre français : queues interminables dès le matin, dans lesquelles les duchesses côtoyaient les laquais, pour obtenir des billets ; salle comble, femmes étouffées dans la foule ; rien ne manqua, toute la cour et toute la ville était là. Le succès fut triomphal et la recette une des plus fortes qu’on ait connues au théâtre. Beaumarchais fit tout pour provoquer le scandale et pour l’envenimerLe succès ne se démentit pas. On atteignit les chiffres astronomiques pour l’époque de 67 représentations en 1784, 26 au cours des deux suivantes et 85 de 1787 à 1790.

Les tirades politiques ne suffiraient pas à expliquer un triomphe aussi continu, qui est d’ailleurs dû beaucoup plus à l’accueil du parterre qu’à celui de la critique. La véritable raison de ce succès, c’est que le Mariage de Figaro marque le début du théâtre moderne » (Laffont-Bompiani).

« Représentée après trois ans de rédaction et trois autres consacrés à des combats contre la censure, Le Mariage de figaro fut un des triomphes du siècle. Avec son chef-d’œuvre, Beaumarchais a inventé une dramaturgie nouvelle » (En français dans le texte).

« Cette charmante comédie, Le Mariage de Figaro, obtint un succès considérable. Elle fut jouée pendant près de deux années et on raconte qu’elle rapporta à l’auteur  environ 80 000 francs, superbechiffre pour cette époque ! » (Le Petit).

La pièce est considérée, par sa dénonciation des privilèges de la noblesse, comme l’un des signes avant-coureurs de la Révolution française.

Selon Madame Campan, le roi déclara : « il faudrait détruire la Bastille pour que la représentation de cette pièce ne fût pas une inconséquence dangereuse. »

Bel exemplaire du premier tirage de l’édition originale conservé dans sa reliure de l’époque.

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