Vœux d'un solitaire
Édition originale des Vœux d’un solitaire de Bernardin de Saint-Pierre.
Superbe exemplaire, sur grand papier, conservé dans sa reliure en maroquin rouge de l’époque.
De la bibliothèque de Charles Richard Tronchin, puis Henri Tronchin, avec ex-libris.
Soit 2 ouvrages en 1 volume in-12 de (2) ff., XXXIV pp., (1) f. de table, 411 pp., LVI pp., 72 pp., (1) p.
Maroquin rouge, roulette dorée encadrant les plats, dos lisse richement orné de filets et motifs dorés, filet or sr les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque.
172 X 98 mm.
Bernardin de Saint-Pierre, Jacques-Henri. Vœux d’un solitaire, pour servir de suite aux études de la nature.
Paris, imprimerie de Monsieur, P. F. Didot et Méquignon, 1789.
Suivi de : Suite des vœux d’un solitaire, Pour servir de complément… avec la Chaumière indienne.
Paris, Imprimerie de Didot, P. Fr. Didot, Née de la Rochelle, De Senne, 1792.
Edition originale desVœux d’un solitaireet seconde édition de lasuite des VœuxcontenantLa Chaumière indienne.
Tchemerzine, V, 648 ; Escoffier, 34 ; INED, 443.
A l'issue de la convocation des États-Généraux en 1789 et des événements récents, l'auteur exprime ses réflexions sur l'avenir du peuple, du clergé, du roi, de la noblesse.
En préambule, Bernardin de Saint Pierre émet un doute quant aux décisions de l'Assemblée Nationale qui ne saurait à elle seule prendre des décisions justes pour le peuple. Sa réflexion politique tourne autour d'un équilibre des pouvoirs. La prose de l'auteur se caractérise dans cet essai politique par un accent de sincérité très personnel, le discours étant émaillé de maintes touches autobiographiques.
« Vœux pour le roi, le clergé, la noblesse, le peuple, la nation. L'exercice de toutes les professions devrait être permis aux gentilshommes. Nécessité d'abolir l'esclavage, d'octroyer aux indigènes les droits de citoyen actif, et d'augmenter par tous les moyens la population coloniale » (INED).
« Les Vœux d’un solitaire sont adressés en 1789 à l’Assemblée nationale constituante. Le texte s’inscrit dans l’histoire collective ; l’écrivain se met au rang des législateurs. Son texte est un curieux hybride qui glisse du discours politique vers l’utopie anthropologique. Il défend une conception du peuple qui doit beaucoup à l’abbé Sieyès… » (Dominique Rabaté).
« Certains éléments du programme colonial de Bernardin sont comparables aux objectifs de la Société des amis des Noirs. Les objectifs de la Société des amis des Noirs sont l’interdiction de la traite et l’abolition progressive de l’esclavage. Une lettre de Bernardin à Brissot, en avril 1788, révèle qu’on lui a proposé d’entrer dans cette « Société pour l’abolition de la traite des noirs », mais qu’il a refusé, arguant son éloignement de la capitale et sa santé fragile. Il prononcera néanmoins des « vœux particuliers » pour le succès de la Société. Ces vœux particuliers, Bernardin les écrira dans les Vœux d’un solitaire, en rappelant « qu’il s’est formé à Paris comme à Londres une société amie et patronne des pauvres Noirs esclaves, au moins aussi digne de l’estime publique que celle de la Merci » (La question coloniale au XVIIIème siècle, Jean-Charles Pajou).
Provenance : bibliothèque Tronchin. (Charles Richard Tronchin (1763-1835), avec ex-libris manuscrit sur la page de titre et Henri Tronchin (1794-1865), avec ex-libris en page de garde).
Au XVIIIe siècle, la famille Tronchin fut étroitement liée à Voltaire (qui la qualifiait affectueusement de « tribu ») lui assurant protection, subsides et assistance lors de son séjour à Genève.
Membre du Conseil représentatif et conseiller d'Etat, Charles Richard Tronchin (1763-1835) employa sa grande fortune à soutenir la Restauration et à soulager les plus démunis. Cofondateur de la Caisse d'épargne du canton de Genève, il créa une fondation en faveur des malades nécessiteux des Communes réunies. Il chargea son neveu Henri Tronchin d'en établir une autre pour les vieillards indigents.
Capitaine d'artillerie au service des Pays-Bas et membre de la Chambre des tutelles, Henri Tronchin (1794-1835), créa un hospice pour convalescentes dans son domaine de Bessinge.



