Les Œuvres poétiques

Beys, Charles
Paris, Th. Jolly, 1651-1652.
Prix : 5 500 €

Cette édition originale rarissime était présente lors de la célèbre exposition Molière.

Charles Beys (1610-1659) « ami de Molière » (P. Foissac) fut le premier à porter sur la scène du théâtre français le spectacle de l’Asile d’Aliénés.

In-4 de titre, frontispice, (18) ff., 260 pp., maroquin rouge, dos orné, larges dentelles, tranches dorées. Reliure anglaise. 

225 x 175 mm.

Beys, Charles (1610-1659). Les Œuvres poétiques du sieur Beys. Non encore mises en lumière.
Paris, Th. Jolly, 1651-1652.

Édition originale rarissime des Œuvres poétiques de Charles Beys (1610-1659), dramaturge et poète français qui fut le premier à porter sur la scène du théâtre français le spectacle de l’asile d’aliénés.

Nous avons ici l’édition avec le titre frontispice de Toussaint Quinet de 1651 et le titre Thomas Jolly de 1652.

Cette originale est si rare que Brunet ne cite aucun exemplaire.

S'il faut en croire l'« Avertissement au lecteur » de ses Œuvres poétiques (1651), le jeune Beys commence très tôt, à l'âge de quatorze ans, à composer des pièces de vers.

En 1634, il fait représenter avec grand succès L'Hospital des fous, tragicomédie inspirée de Los locos de Valencia et d'El Peregrino en su patriade Lope de Vega. La pièce sera publiée l'année suivante, sans épître dédicatoire mais avec un avis au lecteur, par l'imprimeur-libraire Toussaint Quinet, spécialisé dans la vente des pièces de théâtre.

En même temps que L'Hospital des fous, Quinet met en vente Le Jaloux sans sujet, tragi-comedie de Beys, dont on ignore s'il a été représenté. La pièce est dédiée à « Monsieur de Gondy, abbé de Buzay et de Quimperlay, etc », le futur cardinal de Retz, de trois ans son cadet, dont Beys semble être un familier. Il évoque, en effet, « l'honneur que vous me faites de m'estimer » et « cette généreuse facilité qui donne de la résolution aux timides », ajoutant : « Sans cette facilité, qui m'introduit si librement dans votre maison, je n'aurais pas si bien remarqué, ni la vivacité de votre esprit, ni la force de votre jugement, qui se donnent pour objet les matières agréables aussi bien que les sérieuses. »

Au cours de l'été 1636, un pamphlet intitulé Le Gouvernement présent, ou Éloge de son Éminence. Satyre ou la Miliade, circule dans Paris ; il dénonce en termes violents et crus, la politique de Richelieu, ses turpitudes et celles de ses affidés : le chancelier Pierre Séguier et sa femme, le Père Joseph, Isaac de Laffemas, Sublet de Noyers, Claude et Léon Bouthillier de Chavigny, Michel Moreau, Louis Testu de Frouville, Nicolas Le Jay etc. Beys, qu'on soupçonne, avec trois ou quatre autres, d'en être l'auteur, est emprisonné à la Bastille. Quelques pièces de vers qu'il y compose pour sa défense convainquent les autorités, et il est remis en liberté. L'attribution de ce libelle n'est toujours pas clairement établie.

Dans les premiers mois de 1637, Toussaint Quinet met en vente Céline ou les Frères rivaux, tragicomédie de Beys (achevée d'imprimer le 13 février), qui a dû être représentée l'année précédente.

En septembre 1638, Beys compose une « Ode pour la Naissance du Roy » et une série de « sixains sur les figures du feu d'artifice fait devant l'Hostel de Ville pour la Naissance du Roy ». Ils seront publiés en tête du recueil de ses Œuvres poétiques, en 1651, suivis d'une « Ode pour le sujet du Feu d'Artifice fait sur la Riviere devant le Louvre, pour célébrer le jour de la Naissance du Roy, en l'année 1645 ».

Le 30 juin 1643, son frère Denis, qui a abandonné le commerce de la librairie, crée, avec Madeleine Béjart, Jean-Baptiste Poquelin (futur Molière) et quelques autres, la troupe de l'Illustre Théâtre. On ignore si, au cours de sa brève existence, la troupe a représenté des œuvres de Charles.

En 1646, Beys est choisi par la reine régente Anne d'Autriche et le jeune Louis XIV pour composer les pièces en vers français des Triomphes de Louis le Juste, luxueux in-folio destiné à célébrer le règne du feu roi Louis XIII. L'ouvrage, « entrepris et fini par Jean Valdor, Liégeois, calcographe du Roy », sera imprimé en 1649 par Antoine Estienne, « premier imprimeur et libraire ordinaire du Roy ».

Au mois de novembre 1650, un carrousel est organisé à Stockholm dans le cadre des festivités du couronnement de Christine de Suède ; Beys en a composé les vers, qu'il intégrera l'année suivante à ses Œuvres poétiques. Est-ce à dire qu'il avait fait le voyage de Suède ? Rien ne permet de l'affirmer.

Le recueil des Œuvres poétiques de Beys est achevé d'imprimer le 28 septembre 1651, en pleine Fronde des Princes.

Il s'ouvre sur une dizaine de pièces liminaires signées, entre autres, de Scarron, Guillaume et François Colletet, Jean Royer de Prade, Tristan L'Hermite, Georges de Scudéry, Gabriel Gilbert, pièces que l'auteur prie son lecteur « de ne pas considérer comme des forces que je veux opposer à la critique, mais comme des présents que mes amis m'ont faits et que je n'ai pu refuser civilement ».

À l'occasion du carnaval de 1657, il se voit confier, au nom du duc Henri de Guise, grand chambellan de Louis XIV, l'écriture des vers de la mascarade des Plaisirs troublez, dont la musique est composée par Louis de Mollier. Le spectacle sera créé dans les premiers jours de février à l'hôtel de Guise, puis donné à plusieurs reprises devant la cour. Loret et la Gazette de Renaudot en rendront compte le 17.

Édition originale de toute rareté dont Brunet ne décrit aucun exemplaire.

De la bibliothèque Robert Hoe avec ex-libris. Cat 1911 n° 268.